C’est passé

26 05 2012

Tout roule, tout ondule, le ciel éclate, se vide, arrose les robes écarlates et ce calme. Un bain de sang transparent dans une aire ouverte qui s’est vidée comme les nuages. Je suis là fatigué sur ma chaise, je me suis battu, longtemps, pour me dégager franchement de la situation. Mort, je renais, d’un calme et d’une précision accrus, je regarde sans un mot, je dis à distance, je m’assume comme celui qui a enfin compris. J’ai eu le temps de vieillir, de décider, de changer, de m’écouter et de m’accomplir. J’ai revisité le passé, détaché parfois, triste en d’autres, c’est passé, que reste t’il aujourd’hui? J’ai l’impression que ma ville vit un dur coup et je marche à côté d’elle. Je comprends et je console. J’ai pris du temps pour moi, je ne me suis pas trop occupé de vous, je me suis rendu compte que personne ne s’occupait de moi, alors j’ai agi égoïstement, à perfection. Quelques jours encore, quelques présences ici et là, le temps fuit et je m’assois sur son dos. Je pourrais dire que demain je m’occuperai de toi, mais je n’y crois plus, je ne crois plus qu’à aujourd’hui, orchestre de demain. Le rideau est tombé, la fin d’un acte, d’une scène, d’une pièce tout entière. Demain, c’est déjà passé.





Petit animal

13 02 2012

Ce petit animal ne dort plus. Incapable de saisir ce qui se passe, il danse seul sous un soleil écarlate. Dans ses yeux secs et bleus, c’est le ciel que l’on peut voir. Encore une autre nuit où il dormira le ventre vide. Il danse pour passer le temps, pour ne pas s’enliser dans des idées plus noires encore que cette nuit dans le désert, sept nuits dans le désert. Il fait froid tout autour et jamais le sens de ce qu’il fait n’est remit en question, il est seul et le ventre vide, tout s’explique, la folie est présente, mais lui ne l’est pas complètement. Dans un mouvement soudain il se tourne vers le grand cactus qui semble imité ces moindres mouvements, le bras dans le vent et les cheveux ébouriffés, son seul point d’ombre ne cesse de se déplacer. Comme pour compter les heures, dans une lente rotation, ce n’est pas son corps qui détourne les yeux, mais ses yeux qui ne font que suivre le soleil. Le petit animal a tenté d’en faire autant, mais c’est près de ce cactus qu’il s’est retrouvé. Lui qui voulait avoir un peu de piquant dans sa vie, il fut servi. Sa danse n’a pour but que de ne pas se bruler les pieds, bien que l’instinct de survie existe, l’instant de surplace jamais ne passe, tant que le soleil haut dans le ciel reste. Son corps qui doucement se dessèche, l’effet du temps et d’un manque d’eau flagrant. Et si je m’arrêtais, un instant seulement pour voir ce qui se passait, mais jamais il ne cesse. Les pieds dans l’ombre il fait toujours un peu moins chaud que dans l’espace où le cactus ne le protège pas. Épuisé d’une fin de journée mouvementée, une partie du cactus lui est réservé. Adosser à une partie sans épine il peut se reposer, jusqu’à ce que l’air frais l’endorme et que le froid le réveil à nouveau. Il ne dort que très peu et à découvert qu’il pouvait boire à son ami. Il est un peu pris dans par cette dépendance, car l’horizon ne lui laisse que du sable comme destination. Il n’a pas cessé de rêver et crois qu’un jour il repartira, au risque de sa vie il croit bien qu’il devra partir la nuit, car s’il ne part pas la nuit, son chemin sera pour lui fatal. Il s’est rendu seul dans ce désert et c’est pris au piège. Ces rêves ne l’ont pas abandonné. Chaque jour, un peu plus, il regarde au loin, quelle direction sera la meilleure, l’horizon est si vaste et à force de tournoyer, il ne se souvient plus d’où il vient, si son chemin le ramenait à son point de départ, serait-ce une mauvaise chose?





Différence

5 01 2012

À quand la nuit des temps, à quand, à quand? Où de mon corps d’épine, tu m’envoies dans les roses, tu oses? Mon corps de brique et mon coeur de marbre craquent sous tes cris, tes tremblements. Terre! Terre! Enfin sous toi je peux reposer ce que j’ai été et ce que j’aurai créé. Autant de fleurs poussées ne représenteront jamais assez cette douleur accumulée. Quand le sang nourrira les champs laissant toujours plus d’enfants avares d’avoirs et jamais repus de tout posséder encore, nos mères pleureront d’avoir tant tentées et d’avoir échouées. Cette terre souillée d’un marcher trop pauvre en idées se meurt doucement sous son peuple dépourvu de conviction. Le pays craque d’un trop-plein de direction, à force de vouloir allez partout on se rend nulle part. Les bras baissent tristement au rythme des voix qui s’affaissent, mais pourquoi? Je vais mourir et pourtant, que laisserais-je derrière moi? Des mots d’amour pour toi, des mots d’amour remplis de ce que je suis. Puis-je faire réfléchir encore, une seule personne par jour, sur la vie ou sur l’amour? Sur le fait que notre identité doit être protégée. On souhaite tous faire la différence, mais on entre dans la danse, on s’étourdit puis on meurt en silence.





3… 2… 1… Zzzzz!

2 01 2012

Eh oui, 2012 ne m’est pas rentré dedans comme un train chaque année, où le matin mort, assassiné par l’alcool, mon coeur se levait plus que mon corps. Cette année je n’ai pas entendu crier de mille voix les dernières secondes qui restaient de la précédente et souhaiter à bout portant des veux a des gens que je connais peu. Cette année j’ai fait différent en faisant comme j’ai l’habitude. Je suis resté tranquille à la maison, écouté une saison quelconque d’une émission, pour sombrer vers les onze heures dans un sommeil bien profond. Je n’ai rien entendu des miettes de 2011, je crois que j’en avais assez de cette année, j’étais repu, satisfait, immobile. Les dernières minutes de l’année, je les ai dormi, une par une, un délice. Je me suis fait réveiller, une seule fois après un deuxième appel, de très loin dans mon sommeil et de très loin dans le monde, un appel qui a fait commencé 2012 de façon délicieuse.

J’étais donc résolu à ne pas prendre de résolution, du fait que je me suis simplement dit que je le faisais à longueur d’année. Pourquoi ne pas attendre d’être prêt plutôt que d’être prêt à attendre? Pour le reste ça m’a montré deux choses cette expérience de non-célébration.

Premièrement, les gens sont beaucoup plus mal que je peux l’être dans le fait que je reste seul un 31 décembre… et bien vous savez quoi, je vais surement recommencer! Même si l’on croit que je suis sociable et que je m’entends bien avec tout le monde, quand la foule excède huit convives, j’ai plus de difficulté à voler librement. J’ai un besoin extrême de passer du temps de qualité avec les gens, que les survols rapides me brûlent mon énergie. J’ai donc apprécié ma soirée, même si je me serais endormi dans ses bras.

Deuxièmement, la distance ne fait rien à la chose. La distance entre les gens, la distance entre les événements, la distance qui sépare mes pensées et les jours que je passe à me demander. Même si l’on veut, parfois, les choses, les gens, les événements ne sont jamais assez proches. Il y a toujours un facteur qui n’est pas négligeable et pour ce dernier, il faut s’armer de patience.

Pour le reste, je continuerai de piocher à coup de lettre mes sentiments comme ils se présentent. Si je lance un souhait à l’univers, ça serait de me donner la discipline d’écrire chaque jour afin d’aboutir sur mes projets que vous ne lisez pas, mais qui existent quand même. D’autres pages d’histoire d’un ton et d’une couleur différente. Ici, c’est un repère où doucement je me perds pour penser.





Accoster

5 12 2011

Je jette l’encre sur des maux trop souvent répétés. Je ne déserterai guère, car capitaine sur un navire en peine, je sombrerai avec ce que j’ai créé. Je coulerai comme tous ces crayons que j’ai fait pleurer sur des bouts de papier. À la fin d’un rêve, je publierai ce qu’il était devenu, une histoire parmi d’autres vécue. Pour accoster, il me suffit d’être près, je crois que je suis assez prêt de ce dont j’ai envie. Ma vie sur un navire, Novencento, une histoire qui sera maintenant mienne. J’abandonne donc la mer que j’ai tant cherchée pour m’immobiliser au quai. Je décrirai ce qu’était pour moi cette chimère que l’on appelait l’amour. Mon coeur à sec, je mouillerai de vos larmes des pages qui ont été mienne, je ferai jaillir des rires que vous ne croyez plus exister. J’attache à bon port ce qu’a été mon corps, enveloppe fine et sensible, douce et passionnée. Moussaillon n’ayant pas trouvé le navire, j’épongerai seul le pont de mes nuits. Mon navire coulera de mots imprimés, mais jamais réprimés. Avec le doux remous des vagues, je m’endormirai pour me lever au matin frais, au son du corbeau qui là toujours était. D’une nuit à l’autre, je parcourrai mes mémoires afin d’immortaliser mes souvenirs qui deviendront à jamais histoire pour s’endormir. Jaloux de mon silence, je serai probablement boudé. Mais moi, dans cette nuit enivrante je danserai en souvenir de toi, afin de mieux te haïr au matin. Méduse, sirène, ma douce colombe, peu importe le nom que je t’ai donné, je ne pourrai te renier. Ma quête se termine où une autre ne fait que commencer, celle qui dormait dans mes cales, celle qui fut toujours à côté de moi. Armé de mon perroquet, je pourrai en silence affronter ces soirées où de ma lampe s’échappera doucement lueur et odeur qui me rappelleront toi, un fragile espoir qui s’éteint doucement se balançant au vent. Mille fois encore, je me souviendrai de ton corps, de celui qui t’a précédé, de l’autre encore, car il ne restera par la suite que des mots, des mots qui me racontaient toi, qui me racontait moi. Je temps file et je le suis. Vient me retrouver un soir de mai, je te raconterai comment tout cela a pu arriver.





Faites comme chez nous

31 10 2011

À quel moment dans l’Histoire on a oublié de changer l’expression « Faites comme chez vous » ? Dans l’Histoire où on accueillait nos voisins comme s’ils étaient vraiment chez eux on a oublié un facteur, le temps. Le temps du changement, de l’arrivée des autres, des gens d’ailleurs, des gens qui ne venaient pas d’ici, des gens qui n’ont pas toujours choisi de se retrouver dans se pays. D’un passé colonisé, on s’est infligé de s’y confiner, par habitude ou par hospitalité, on a oublié notre identité. Qui sommes-nous aujourd’hui sinon qu’un peuple en recherche d’identité, de liberté. Certains crient haut et fort que le temps est venu d’être un seul peuple, unique et uni au travers des mêmes valeurs. D’autres, par peur, ne veulent pas avancer, changer, se rallier à cette opportunité d’être enfin tous rassemblé. La peur de perdre ce que l’on a déjà, la peur de l’inconnu qui effraie chaque fois. D’autres, comme moi, critiquent plus la méthode que le geste et critiquent plus la direction que le but ou la finalisation. L’étanchéité de cette décision qu’un parti prend sans distinction. L’opposition entre l’ouverture et la fermeture, la protection et l’exploration de ses nouvelles propositions. Dans ce message de liberté que certains partis peuvent présenter, je vois l’absence de choisir. Dans ces grands discours indépendantistes, je vois une certaine absence d’explication et de raison. Comment d’un peuple déjà fragile, protégé par la charte des droits et libertés peut s’opposer à la différence qui existe dans son pays, voir pays en devenir. En se protégeant, on a protégé tout être pénétrant ici, en leur disant un peu, « Faites comme chez vous ».

Ce que j’ai envie, plus le temps avance, c’est un peu de leur dire, faites comme chez nous. Chez nous on parle le français, libre à quiconque d’apprendre ou de parler les langues qu’ils veulent, tant qu’ils savent aussi parler comme on le fait chez nous. Libre à tous ceux qui veulent célébrer les fêtes qu’ils veulent tant que je peux continuer à être chez nous. Chez nous on est libre d’être qui on veut, de faire ce qu’on veut, en se souciant que les autres ne sont pas mis en danger, mais si vous venez chez nous, ne faites pas comme si vous étiez chez vous. La couleur, la nationalité, la religion m’importent peu, je vous poserai même des questions, par intérêt de la différence, mais ne m’imposer pas qui vous êtes, ce que vous faites, car je suis ici chez moi. Je rêve qu’un jour, tous les Québécois mettront leur pied à terre, que ce soit en province ou à part entière, pour dire haut et fort qu’ils sont fiers. Fiers d’être aujourd’hui uni, frères de culture, frère de pays, frères de nos frères et frères d’autres terres. Qu’enfin le silence collectif soit brisé par une seule voix, une voix qui unira des milliers de gens, une voix que nous laisserons en héritage à toutes ces générations, qu’elles soient d’un Québec authentique ou métissé, le respect de notre terre doit être accepté. Que les mots de mes frères soient tintés de bleu, de blanc ou de vert. Que ces mots d’une langue commune seront le symbole de notre ouverture, vous êtes ici, nous vous montrerons comment. Que la musique se mélange de toutes les rythmiques, que l’on devienne en accord dans toutes les gammes de ce qui nous composes. Que toutes ces différences ne nous empêchent pas d’être ce que nous sommes de plus précieux, des francophones ouverts sur eux. J’ai cette envie de laisser derrière moi l’identité d’un peuple qui s’est simplement levé pour dire « Faites comme chez nous! » accueillant tous ceux qui toucheront notre terre de leur propre histoire, enrichissant la vie, notre vie. Nous avons tant à donner, pas nécessaire de nous voler notre identité.

Un jour peut-être j’entendrai des gens debout, où le temps n’aura pas raison de nos cris, où les cris que l’on tentera d’étouffer ressurgiront toujours en de nouvelles foulées. Quand le peuple se sera levé pour dire « C’est assez! » et que le temps ne viendra pas l’effacer par cette vieille invitation qui nous colle encore à l’identité… « Faites comme chez vous! »





Statue

3 07 2011

D’un soubresaut, mon être divague dans une solitude perdue entre deux eaux. Le froid pénètre mes os et je cherche le chaud dans les yeux, dans tes yeux. Les vents divers repeignent le vert en blanc soyeux, le paysage et mes cheveux. Le silence persiste dans mon être tout entier et mon coeur subsiste de peine à continuer. J’ai arrêté de vivre, assis sur la rive, à regarder le niveau de l’eau monté, sans bouger. J’attendais, patiemment simplement pour faire changement, pour ne pas agir, pour ne pas m’embourber dans ces mêmes idées. J’ai arrêté simplement pour regarder, pour comprendre, pour réaliser qu’il ne se passe rien. Tout s’use, tout s’estompe, mon coeur bât à tout rompre : NON! Je ne veux pas me retrouver seul, triste, plat dans un désert sans sourire. J’ai pris les mois pour couper ce que j’avais comme lien créer bien souvent autour d’une humeur, d’un amour ou d’une histoire de cul. J’ai trop oublié ce que moi je voulais, j’ai trop souvent laissé parler la bête en moi. Comme le sable entre mes doigts, mes amours sont partis, je les ai laissés s’enfuir ou le vent les a soufflés. Maintenant mon corps ne répond plus, mon coeur non plus, je me donne du mal à rester immobile, pensant que c’est plus facile. J’étouffe doucement mes passions pour me réduire, me taire et m’endormir. Je vis, mais n’existe plus, en silence je ne pense plus, je ne bouge plus, il n’y a le temps qui passe et moi qui le regarde. Je brûle les moindres parcelles de ma vie devant l’écran. J’en suis triste aujourd’hui, enfin, maintenant, où conscient je confirme mon état atteint de stoïcisme intense. Immobilisé par la frayeur de vivre, de changer cette routine qui s’est installée, je me suis permis d’imaginer qu’il n’était quand même pas trop tard, car il n’est jamais trop tard. J’ai l’impression d’être statue et de voir simplement ce qui tournoie autour de moi, en silence. Il est pourtant temps de briser ce plâtre, ce marbre, ce verre dont je suis fait. Première étape, écrire…





Réveil de mort

9 01 2011

Et si c’était que ça. J’ai simplement arrêté. Tout. Vraiment tout. Des jours sont passés et je suis resté là, sans bouger. Ça commencer malgré moi, mon corps me parle parfois. Tout tournait, tout m’étourdissait et je perdais pied chaque fois que je voulais recommencer. Là tout est arrêté. Comme si j’avais fait pause sur ma vie. Comme si je l’avais arrêté, pour une période indéterminée. Cloitré dans un coin du salon, me nourrissant que d’histoires tristes, de musique, d’histoires trop parfaites ou surfaites simplement pour me provoquer! J’ai comme l’impression que ça a un peu fonctionné. J’ai reculé devant tout, devant moi, devant ce que je ne voulais pas. J’ai regardé attentivement le temps, doucement. L’ermite que je suis devenu est bien. Dans un coin assis, il caresse les cheveux de son ami. Il dort encore, depuis près d’un an, épuiser d’avoir tant cherché, épuisé de ne pas s’être reposé avant, bien avant que vienne le temps où par manque de force il sombrerait dans un sommeil si lourd que sa tête se fracasserait sur les pierres en plein jour. La bête dort, d’un moins profond sommeil, commençant à s’activer enfin. Le soleil se lève caressé par le vent. Je suis mort, tu sais, lui dis-je dans l’oreille. Je suis mort enfin. Enfin une partie de moi, décédée comme ça, de faim, de ne pas l’avoir nourrit comme je le faisais si bien. Je ne l’ai pas fait simplement pour te redonner des forces mon ami, simplement pour que tu comprennes aussi. Je t’ai tant cherché sans même bouger, chaque jour où immobile, la vie ne me laissait plus son mobile. Vais-je vers un jour nouveau ou recommencerais-je encore une fois ce manège. Je n’en suis pas encore là, car je sais que je dois simplement doucement m’éveiller.





Je baisse les bras

10 03 2010

Je suis là devant toi et je baisse les bras. Je suis là devant toi et je baisse les bras, mais je reste droit. Droit comme celui qui se tient fier, haut et fort comme cet arbre centenaire. Je suis là devant toi et je baisse les bras, doucement, lentement, je prends mon temps. Toutes ces nuits que j’ai passées à pouvoir t’aimer, toutes ces nuits où je n’ai pu te garder. Près de moi, un instant encore, comme je savoure ton corps! Je suis là devant toi et je baisse les bras, mes sentiments eux ne changent pas. Si fort, si présent, comme moi près de toi. Tous ces rêves générés sont lentement dissipés, je sais que je ne peux rien y changer. J’ai construit cet empire et c’est ce qui est le pire, maintenant je dois y vivre même si armé d’une masse, de ces murs je me débarrasse. J’ai voulu monter sur les toits et crier haut et fort que je n’aimais que toi, mais tu ne voulais pas, je me suis fourré dans un sale guêpier et ces sentiments partagés restaient cachés. J’ai bâti de mes peurs et de mes angoisses cette distance, cette distance qui n’a aucun sens. J’ai voulu corriger le tir, mais je crois qu’il est trop tard. J’ai chassé devant moi toutes ces peurs futiles, j’ai dansé dans mes bras, de me retrouver enfin. Je suis là devant toi et je baisse les bras, je suis plus grand que jamais, car j’ai pris le temps, tu sais. J’ai pris le temps de m’écouter, de me parler, de comprendre mes pensées, de guérir cette frayeur qui émanait de ce que je me cachais. Je suis là devant toi, bien seul, bien triste et bien, est-ce que cela changera demain? Je suis là devant toi et je baisse les bras, mais souviens toi de l’amour que j’ai pour toi.





À bien y penser

15 01 2010

Ce matin, je me suis levé, lourd et calme devant le passé. Devant ce qui s’était passé. Devant ce qui demain sera passé. Des mots, tant de mots effacés, un à un sur mon clavier. Tant de maux ressentis, un à un oublié sans oublier qui je suis. Des maux qui m’ont appris, m’ont formés, m’ont montrés qui je suis. Prendre conscience de ce que je suis c’est une chose, l’accepté sans baisser la tête, sans me sentir bête en est une autre. Mais je dois l’accepter, je suis une bête, sensible, fragile qui oublie souvent sa tête. À bien y penser, je suis plus bête que je crois de croire que je ne suis pas si bête. Je suis un passionné, rempli d’idée, ces idées passées, que j’ai déjà partagé, je les revisiterai. Il est important d’avancer dans la vie, mais il ne faut pas avoir peur de reculer, changer d’idée, se raviser, simplement si ça reste en ligne avec mes pensées, mes choix, mes actions. La vie m’appartient, la mienne du moins, si je décide de livrer dans un élan émotionnel les mots de mes relations passionnelles, si j’ai envie de dire que je suis triste aujourd’hui, à cette heure et que la suivante le vent change, si je comprends pourquoi c’est simplement bien pour moi. J’ai envie de crier « Je t’aime! », mais l’écho de mes pensées reste silencieux dans le vide qui m’habite. Ce vide je le laisse m’habiter pour mieux le remplir de ce que j’ai envie, de ce que je souhaite de plus cher. Aujourd’hui, le temps passe lentement, aujourd’hui le temps je le prends, je le manipule, simplement pour m’y sentir bien. Entre le temps et le vide, il n’y a qu’une chose qui est vraie… c’est qu’ils n’existent pas.








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