Vas t’en

27 03 2017

Va-t’en… mais pas tout de suite. Tout de suite, va-t’en, mais reste, pour que j’y croie encore un peu, à nous deux, quand on était heureux. Heureux, je ne suis plus, quitte donc mon univers le temps que je le gazon redevienne vert, dans ma cour, pas celle du voisin, je ne le regarde jamais tu le sais bien. Tu sais bien, il fait que tu disparaisses de ma vue, à tout jamais, jusqu’à ce que mon coeur se soigne par lui même, ce qu’il n’a jamais eu le temps de faire parce qu’il attendait. Il attendait ce téléphone, ce mot, ce signe qui vient toujours quand on s’y attend le moins, quand tout est oublié, quand tout est déjà perdu d’avance. Perdu d’avance, comme ce signe qui est arrivé dans le passé, qu’on aurait envie de conjuguer au futur, pour une dernière fois, au cas où. Au cas où, je me serais trompé, puis toi par la suite, pourrait-on se tromper ensemble, sans vraiment se tromper, tu sais que là non plus je n’irai pas. Je n’irais pas, j’ai toujours dit ça, sauf avec toi, une fois où tu pleurais dans mes bras. Dans mes bras, je n’ai pas dit ça, quand on s’est perdu, on était plus là, puis on est revenu sur nos pas, ton chagrin partit, je n’étais plus nécessaire. Plus nécessaire d’être avec moi, d’être près de toi, d’être ce que je suis, ce que tu es, où sommes-nous? Où sommes-nous aujourd’hui, ma tête passe à mon corps, à mon coeur un message. Un message que je ne comprends pas encore que je n’accepte pas, dont je connais l’existence, mais je ferme les yeux, juste encore un peu. Un peu pour conserver les dernières images, les derniers silences, les touchers qui enflammaient ma peau, une odeur lointaine qui me revient sans cesse. Sans cesse je ne ferai qu’oublié, morceau par morceau ce qui s’est passé, ce qui ne s’est pas passé, ce qui est mort comme un bruit dans l’espace. Dans l’espace d’une vie où je ne vivrai plus, où tu deviendras celle qui a été là, à un certain moment, qui a disparu en silence. Silence qui voulait simplement dire: Je ne t’aime plus.





À qui tu mens?

27 03 2017

À qui tu mens? Oui c’est à toi que je parle. Toi qui es quelqu’un et personne à la fois. Toi qui es tous, mais qui ne te reconnais pas, peu ou jamais. Je te croise partout, au travail, dans la rue, dans les bars. Je te vois partout, garçon, fille, c’est vraiment sans importance. Je te vois, te rencontre depuis que j’ai l’âge de me souvenir qu’un couple existe, depuis l’âge d’être allumé par le couple, depuis l’âge que je rêve de rencontrer la femme de ma vie, juste une, une seule. Le temps avance, 25 ans depuis le début de ce que je me souviens, surement plus, mais je trouve que c’est un bon départ. Je me questionne sur ce que je fais pour ne pas que ça marche, je ne suis pas moche, je ne suis pas croche, je ne suis pas celui-là qu’elle cherche. Je suis l’autre, celui d’en attendant. Je suis brillant, allumé, peut-être un peu trop là par moment pour l’autre. Je suis un passionné, j’aime faire pour l’autre tout ce qui est en mon pouvoir pour la faire sourire. Je me suis peut-être cultivé un plant d’amertume depuis ce temps. Un plan d’amertume silencieux, qui s’accroche dans ce que je suis, qui grandit, où je ne parle jamais, comme si c’était tabou, depuis le début. Au début c’était comme ça, moi j’étais là, une troisième roue qui suivait, je ne sais même pas pourquoi je suivais. Jeune, j’ai toujours eu peur qu’on ne m’aime pas, qu’on me laisse pour contre, alors l’opportunité faisait que je suivais. J’ai suivi dans cette maison où je te perdais toi et ta copine, celle de la Rive-Sud parce qu’on sait très bien qu’il y en avait deux autres ailleurs qui t’attendais aussi. Moi j’en voulais juste une qui aurait pu m’aimer. Je n’ai peut-être rien compris. Ça, c’était juste toi, t’as grandi et tu n’as pas changé d’un poil. Je me demande même si ce n’est pas un peu la cause de ta séparation, là-bas on ne peut pas tout savoir, on a une version, la distance, le silence. Cette conversation que tu avais eu pas longtemps après ton mariage, me disant qu’il ne fallait pas que tu reviennes en ville, que tu ne serais pas capable de t’en empêcher…

Ça, c’était toi, mais vous êtes des centaines, je n’aurai jamais assez de vie pour tous vous compter. Ce qui m’impressionne le plus, c’est que vous vous croyez. Vous vous croyez quand vous mentez, « Je l’aime ma blonde! », 3 bières plus tard, la main d’une « amie » se balade partout sur le corps de l’autre. « Ma blonde je peux y faire confiance, je sais que ce n’est pas le genre qui va draguer tous ses clients », peut-on se dire que t’as manqué de faire en sorte que je te crois. Je crois que moi j’ai de la misère avec le mensonge. Dis-moi que tu es en couple ouvert, dis-moi que tu es incapable de pas tromper ta blonde, dis-moi rien. Laisse moi croire, qu’il y a une fille quelque part qui peut dormir sur ses deux oreilles parce que son copain l’aime elle. Et c’est vrai pour l’autre côté aussi, je parle des gars, mais ça vaut pour l’autre sexe. Je parle des gars parce que c’est eux qui me parlent. Je n’ai pas de problème avec la liberté, j’ai un problème avec le mensonge, celui qu’on me fait à moi, mais celui qu’on fait au reste de la planète. Des fois je me dis… et si je parlais, et si je disais juste la vérité. J’ai l’impression que je ferais juste partager ma désillusion avec le reste de l’univers, je me demande si j’irais bien après.

J’ai toujours dit à mes amis que s’ils m’impliquaient dans leur mensonge, je ne mentirais pas. J’ai toujours dit que je dirais la vérité, je n’ai jamais eu à répondre, mes amis savent que je suis honnête quand je dis ça.

Je me suis imposé une trop grande rigueur. Je déteste la phrase « Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire. », j’aime mieux parler au risque de blesser les gens un instant, puis que ça passe. Je vis mal avec le mensonge. Des fois, toutes ces histoires me font demander si je ne suis pas jaloux. Je n’ai jamais trompé une de mes blondes, je n’ai même jamais trompé mes amies de lit. C’est plus fort que moi d’être qu’à une seule femme. Aujourd’hui, je suis amer. J’ai juste envie de crier à l’injustice. Je ne suis pas un super-héros, mais je me dis que j’aimerais que les gens arrêtent simplement de se mentir. Les gens devraient allez vers un peu plus d’intégrité, ils seraient peut-être plus heureux. Je me demande ce que je peux faire, et mon impuissance me brûle énormément.





Lendemain de veille

15 02 2017

Je suis resté là, à regarder la journée passée, doucement, illuminé de rouge, illuminée de blanc. Je voyais dans les yeux des gens, le temps qui pressait, qui allumait des désirs secrets suite à leur journée, suite à ce qu’ils ont dit. Se disant qu’elle ne servait a rien cette fête, que ce n’était que commerce, commercial, achat, fleurs… chocolats… Dans les yeux de tous, on voyait un espoir tout de même de ne pas être seul, d’être attendu, d’être gâté. Le marketing fait quand même bien son travail pour nous ramener à l’ordre des priorités. Qui est-ce qui n’aime pas l’attention qu’on lui donne? Cette douce impression d’exclusivité, d’être important pour quelqu’un. Ce temps que l’on prend, pour spécialement penser à l’autre, un soir, spécial. On finit parce ne plus ce souvenir de ce qui c’est passé avant cette journée, on change de focus, on oublie tout le reste, une journée. Après, on se compare, on se souvient, on remet en doute, basé sur cette soirée.

Moi je marchais seul, sans presse, la tête dans un livre, tentant de faire abstraction du rouge et de l’odeur horrible des fleurs que l’on n’offre pas. Ce sont les pires, celle que l’on ne peut pas donner. Je me suis souvenu que je ne t’en avais jamais offert. Ni cette journée ni une autre. Qui est-ce qui se rend compte des choses trop tard? C’est probablement moi. Je reste là, à me demander, à ne pas être capable de passer simplement à un autre appel. Et ceci non sans effort. J’ai pourtant été là, j’ai pourtant tout tenté sans vraiment essayer, ton image abondait dans ma tête qui se synchronisait doucement avec mon coeur. Je sais qu’il ne s’agit pas que de fleurs. Je sais qu’il ne s’agit pas que de moi. Je n’y peux rien.

J’ai décidé de laisser aller. De faire comme si. De faire semblant. D’attendre. De changer de place. De changer de vie, de boulot, de trottoir. Entre la fatigue de fuir la douleur et la fatigue toute simple de réfléchir à ce qui a pu arriver. Un mal de tête, la tête qui tourne, sans arrêt.

Défi du jour: Qui est-ce qui





Anxieux

22 01 2017

Avant, quand je ne dormais pas, c’était pour me faire des idées. Je me faisais des idées à ton sujet, parce que dans le silence on pense. Quand je ne dors pas, c’est que je réfléchis à des choses inutiles, des choses futiles qui n’ont aucun sens. Quand la fatigue m’atteint, mais pas le sommeil, mon cerveau surveille les moindres faits et gestes des gens qui m’entourent où j’analyse l’incongruité du moment. Je me dis que SI tel truc s’est dit, ALORS il arrivera cela. J’établis des corrélations sans fond, sans fondement véritable qui termine en queue de poisson. Ce qui est drôle, c’est que je ne me suis que très peu souvent trompé dans mes analyses très peu scientifiques. Le « y va arriver quelque chose » se produit bien souvent et bien souvent comme je le pensais. Des fois, ça m’empêchait de dormir, rarement, mais quand même. Cette idée que je me faisais avait l’allure d’une boule de neige qui descend la montagne, grossissant au fur et à la mesure de sa descente. Le poids de cette neige s’appuyait sur ma poitrine, m’empêchant de vivre, de respirer, de dormir, de tout quoi! Jusqu’à ce que cette boule de neige percute un arbre et que son intérieur soit révélé. De la neige, oui oui, ça n’a été toujours que de la neige. C’était la même idée qu’au début, mais avec de l’enrobage, de l’acharnement, un peu trop du mien.

Ça, c’était avant, aujourd’hui, j’ai perdu cette sensibilité accrue, qui se transformait en anxiété, en histoire sans fin, en horribles cauchemars éveillés. Aujourd’hui je dors, paisiblement, sans que personne ne trouble ce sommeil. Des fois, ça me manque, ce sentiment qui a toujours été en moi. C’était vraiment négatif, mais aujourd’hui ça n’existe plus. J’en remercie EMDR de m’avoir aidé à tuer ces démons.

Défi du jour : Les démons de mes nuits blanches





Une chance

22 01 2017

Tu sais ce que t’as, mais sais-tu ce que tu pourrais avoir? Si tu te donnais la peine, si tu prenais la chance d’aller voir. C’est peut-être différent de ce que l’on pourrait imaginer, là tu sais ce que t’as, tu ne sais pas ce que tu pourrais avoir, ça reste tout flou. C’est comme un brouillard épais. Comme la petite dame qui ne sait pas si elle doit prendre le dix-sept mille dollars de son enveloppe choisie, son choix à elle qui n’avait que rien a se mettre sous la dent, et quand je dis sous la dent, je n’exagère que très peu, car je suis à une ou deux de ce qui compose sa dentition. L’histoire n’est pas là, elle, elle n’a rien avant d’y aller, elle arrive là, les poches presque aussi vides que ça bouche. Peu importe, le montant, elle peut flancher, rien ou quelque chose. Quelque part, elle repart plus riche, plus d’argent pour elle, pour passer un mois ou deux de plus, dépendant comment elle s’investit à le dépenser, simplement un choix différent d’investissement. Je sais, c’est une question de feeling, faut le sentir pour y aller, si tu le sens pas, tu n’y vas pas. Je suis comme ça aussi, j’ai de la misère à avancer quand je ne le sens pas. De toutes mes histoires, c’est arrivé qu’une fois que je suis retourné voir en arrière, que j’ai « essayé », parce que pour moi c’était pas juste un essai, j’avais envie de ça, même si ma tête me disait de faire le contraire, j’ai juste écouté mon coeur. Et bien, j’ai compris que les deux discutent ensemble, c’est comme un complot entre les deux, que je choisisse la tête ou le coeur, je me fais avoir, y sont jamais de concert, jamais de duo, à part quand c’est un non total, mais même là, le non total c’est le coeur qui a parti le bal pendant que la tête avait déjà décroché. Des fois, je prends des chances de me faire confiance, la tête ou le coeur, c’est peut-être juste une impression qui fait que je sais ce que j’ai, mais j’oublie ce que je pourrais avoir.

Défi du jour: L’oeuf ou l’enveloppe





Elle me dit

22 01 2017

Elle a commencé par me dire mange. Je n’ai pas écouté, par affront ou parce que je n’avais pas faim, avec le temps je me dis que c’est parce que je n’avais pas faim. Je ne mange pas trois fois par jour, même si c’est recommandé. Ensuite, elle me dit parle, dis tout ce que tu penses, ne garde pas ça en dedans de toi. C’est là que j’ai commencé à écrire. Je crois que c’est parce que les gens m’énervent à parler pour ne rien dire, toujours, pour combler le silence qui entoure délicatement mon être. Je mets en mots ce que je ressens, pas ce qu’il fait comme température dehors ni mon désaccord pour un politicien plus véreux qu’un autre. Même si parfois je rage, je tente d’éviter de faire parler les autres, sauf un peu cette année, où je vois les réseaux sociaux se remplir de plus en plus d’idioties par le plus commun des mortels, simplement parce qu’il croit. Les gens s’attachent à leurs croyances aujourd’hui biaisées par toute la désinformation qui nous est donnée.

Pendant que sa mère disait que j’allais en briser des coeurs, elle me disait simplement d’aimer. Simplement. Je l’ai écouté, je ne sais pas si j’ai procédé de la bonne manière, mais j’ai aimé, comme j’ai pu, comme bon me semblait et mon coeur a été brisé. Mainte fois, assez pour que je n’en aie plus envie. Peut-être parce que ma main accrochée à ma dernière relation me laisse les doigts tout blancs à force de m’agripper, je ne veux pas lâcher, tout pour moi est encore bien là, j’ai fait plus d’un test.

Puis maintenant elle me parle, elle me dit des choses pour me protéger, comme lorsque je n’avais pas l’âge de réfléchir. Moi je réponds souvent comme un adolescent devant elle, puis quand elle se détourne je l’écoute bien souvent. Je sais qu’elle fait ça par amour, je sais qu’elle fait ça pour moi, je sais que je l’aime aussi, alors je l’écoute, je suis comme ça. Et que dans bien des cas, c’est bien elle qui a raison.

Défi du jour : Ma mère me l’avait dit.





Présent… Passé…

7 01 2017

Je suis tout ce que j’ai pu devenir jusqu’à maintenant et travaille pour devenir ce que je ne suis pas.
Tu es ce dont j’ai toujours rêvé, désiré, perdu
Il est parti, il y a bien des années déjà et me manque
Elle est toujours là, qui s’inquiète, m’écoute, me conseille
Nous sommes rendus tellement pathétiques que l’ennui s’installe autour de nous trop rapidement
Vous êtes ce que nous avons été
Ils sont endormis, castrés, si loin de la réalité
Elles sont en colère, nos mères, nos soeurs

J’ai été  vraiment beaucoup trop triste au courant de cette vie
Tu as été un soleil, un sourire, la femme de ma vie
Il a été malhonnête, chanceux, heureux
Elle a été présente, tolérante et grandissante
Nous avons été une génération innocente, insouciante, différente
Vous avez été ce que nous serons
Ils ont été plusieurs à tenter de s’expliquer sans vraiment être pardonnés
Elles ont été beaucoup trop patientes

Défi du jour : Être