Réécrire

8 10 2018

Reprendre une histoire longtemps mise de coté, lui donné de nouvelles couleurs, de nouveaux étages et de nouveaux personnages. Reprendre l’histoire comme si c’était hier, comme s’il fallait finir demain. Mettre des mots les uns à la suite des autres, simplement parce qu’ils décident eux-mêmes de ce bousculer au bout de mes doigts, souvent plus rapidement que j’en suis capable, ce qui fait qu’il manque des mots, une signification, un ensemble de ponctuation qui donne un tout autre sens à mon texte. C’est bien de s’y retrouver, de ne pas réfléchir où je puise l’inspiration, mais simplement laisser le flot faire le travail. Comme un robinet qui n’a plus de fin. Je vois le temps passé dans ses activités chronométrées et je ne sais pas si je dois m’arrêter, continuer, y retourner. J’ai à peine commencé que je dois m’arrêter avec tant de détail à fignoler, à terminer, à peaufiner. J’ai un retour facile à l’écriture, comme on rentre à la maison après un long voyage où notre lit, notre bouffe et notre aire nous manquent. Un retour simple, comme si je n’avais jamais arrêté, un retour ailleurs, car j’ai l’outil pour m’entrainer. Écrire, longtemps, par petite poussée, comme elle disait dans l’atelier… faire des tomates… une à la fois, des petits pas pour mener à de grande réalisation, la création, les projets, le temps qui se manipule comme on le souhaite et aucune limite, sauf celle qu’on ne veut pas franchir avec raisons, avec chacun ses raisons parce que la vie c’est un peu ça, c’est parce que les limites existent que l’on veut les dépasser, une à la fois, puis recommencer, sans fin, jusqu’à ce que l’on soit un peu satisfait, beaucoup, passionnément. Les mots en inspirent d’autres de même que les autres m’inspirent. J’ai besoin de défi, de jouer, de créer. Peu importe ce que c’est, mettons-nous au défi.

J’ai pris l’habitude d’écrire sur l’écran, délaissé la plume, le papier par moment. J’ai trouvé mon confort, ce fut long, avec un peu de pratique, même si parfois je retourne aux sources, parce que c’est simple et quoi de plus romantique qu’un petit carnet rempli de petits mots, phrases, pensées sur la vie, l’amour ou soi. S’accrocher à ce qui nous fait vivre, délaisser ce qui nous tue. Choisir parce qu’on en a la possibilité et simplement écrire jusqu’à l’éternité.

 

Exercice Noir sur blanc: 1-3 : La posture d’écriture
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La vague

6 10 2018

Bon matin,

Je t’écris parce que je t’aime, tout simplement. Je sais que tu me connais et que je ne dis pas les choses aussi simplement. J’ai vu samedi, tes yeux se remplir d’eau quand tu as vu mon tableau. Quand tu as vu « Bonne fête papa » en grosse lettre blanche sur mon tableau noir. Je voulais simplement que tu saches que lorsque je l’ai écrit, j’ai pleuré, ça m’a pris un temps fou à écrire ces treize petites lettres-là, pas par manque d’inspiration, mais parce que chaque lettre était aussi lourde que les quatorze années qui nous séparent de lui. Je sais que le temps passe et que les souvenirs semblent toujours aussi lourds pour toi. J’imagine que c’est normal à quelques parts, tu n’as pas vécu la même chose que moi, du moins pas de la même manière. Quand je te dis que la mort fait partie de la vie, simplement pour que toute cette expérience soit plus acceptable, plus douce, toi tu veux raccrocher, t’en aller, ne plus en parler. Je ne tente jamais de te retenir, je sais que ça fait mal, je ressens ce mal qui t’habite, c’est un peu pour cela que j’insiste pour alléger ta peine. Maintenant, tu essaies même de reproduire l’événement, en vrai, pas juste dans ta tête, encore et encore, tu entres dans cette croisade pour la vie en t’attachant à un autre qui disparait peu à peu. J’aimerais te prêter ma tête, simplement pour que tu puisses accepter qu’il soit parti, qu’il partira, qu’il ne s’en sortira pas, qu’il ne reviendra pas. Je vois toujours cette tristesse dans tes yeux, j’aimerais tellement la soulager, te donner un moment de répit, ne serait-ce qu’une minute. Je vois encore cette vague qui arrive, qui repartira avec celui que tu aimes, qui te laissera seule sur la rive, les yeux vers l’horizon, à chercher papa dans le creux d’une vague, en attendant qu’il refasse surface. N’oublie jamais que quand tu seras pris dans ce creux de vague, je serai là à côté de toi parce que je t’aime maman.





Tu…

6 10 2018

Salut,

Ça fait longtemps que je voulais t’écrire. Tu sais on ne prend jamais assez le temps pour les choses qui sont importantes. On fini par oublier, par s’oublier, par se laisser aller, par se rendre compte qu’on ne se connait plus vraiment. C’est pourquoi je voulais t’écrire, avant que tu deviennes un étranger, parce que même si je ne te le dis pas souvent, tu es important pour moi. Je sais que je te connais bien, peut-être autant que tu me connais, on a tellement pratiqué la procrastination ensemble, simplement parce qu’on était bien là, en silence, à réinventer le monde. Tu partais parfois dans tes idées, mais tu finissais toujours par me raconter, une fois que tu avais fait le tour de la question, des questions, car tu sais comme moi que tu en as beaucoup trop. Tu n’as jamais remarqué que c’était plus simple quand tu étais spontané? C’est comme quand tu écris, sans filtre, sans barrière, avec ton crayon, ton cahier et simplement quelques lignes où la peur et le jugement ne s’invitent jamais, où tu peux être toi-même. Je sais que tu fais ça par peur de décevoir, mais souviens-toi qu’on ne peut plaire à tout le monde. Je t’écris simplement pour te dire que je m’ennuyais de toi, du vrai toi que tu montres seulement à moi, ici sur ses lignes, celui qu’on devrait connaitre, ce lui qui se cache derrière des plumes de charbon. Je voulais juste te le dire, je m’ennuie de toi. Écris-toi!

Écrit dans le cadre de l’atelier “Noir sur Blanc » où le thème était : Écrire une lettre au “Tu”, et l’écrire comme si on écrivait une lettre d’amour à soi-même.




J’ivre

2 10 2018

Il fait frais, il fait froid, un peu comme mon verre, un peu comme moi. Le mercure doucement descend un peu comme mes verres, un peu indécents. À la recherche de chaleur, à la recherche d’un toit, de toi, de moi, je ne sais pas. Je m’assois sur un tabouret, tout bourré, sentant un peu la fumée, sans feu. Je recommence à outrance, en espérant que ça change, en espérant toi que je ne connais pas. Il est dans tes yeux le feu, sans fumée, sans moi. Il brille de mille feux, sans fumée, sans bois. Je bois, sans fumée avec ce feu à côté de moi, dans tes yeux, je le veux, je le vois, je le bois. Je me vide à verre plein et je me plains à verre vide. J’ai cette tendance et je recommence, j’ai du rythme à outrance. Je ne tente jamais ma chance. Je n’ai peut-être pas assez froid. Ou peut-être trop froid, le coeur gelé, sans haut-le-coeur, encore, mais sans être sans coeur. J’ai pris froid quelquefois, quelque part ou quelqu’un, il y a quelque temps, je ne sais plus pourquoi, mais j’ai froid. Puis je pense à toi, souvent sans vraiment prendre le temps, parce que ça arrive, sans que je sois toujours ivre. Quand mes yeux tombent dans les tiens, au lieu de t’embrasser je bois chaque fois sans fin. Mes lèvres se taisent à tort. Puis viens le temps où tout ceci prend fin, où je paie en vain et où je m’en vais. Dehors je vais, il fait toujours froid, mais beaucoup moins que moi. J’ivre au lieu de vivre sans savoir ce qui m’arrive. Quelque chose fond ou je confonds à boire tous ces fonds sans fin, toujours je me retiens.





Fantasia : Champion

3 09 2018

Du bonheur coréen, une comédie légère, mais ça devrait toujours être ainsi la comédie. Champion (Chaem-pi-eon pour la prononciation, merci à IMDB), c’est l’histoire d’un gros et grand gaillard, Mark (Dong-seok Ma), qui est un Coréen en Amérique qui décide de retourner en Corée du Sud pour un tournoi de bras de fer et par le fait même partir sur les traces de sa soeur, le tout aider par (Kwon Yul), son ami de toujours qui possède quelques dépendances au jeu et lui attirera plus de problèmes qu’autre chose.

Il était tard lors de ce film, je ne pensais pas rester, j’ai eu beaucoup de plaisir. C’est très drôle, un peu burlesque par moment, de l’humour un peu à ce feu Bud Spencer où le coté imposant du personnage de Mark apporte toujours des situations très comiques. L’histoire de Yong-wan Kim est bien ficelée et amène autant dans la comédie pure que du côté touchant et un peu cheezy, mais pas trop. C’était un très bon film que je recommande si vous avez envie de rire et d’avoir un bon moment, en espérant qu’il soit disponible près de chez vous!





Fantasia : Mon garçon

3 09 2018

Mon garçon, troisième film que j’ai vu, je m’attendais un peu à cette histoire, j’avais hâte de voir si du nouveau serait apporté. En bref, cette histoire de Christian Carion et Laure Irrmann raconte l’histoire de Julien un père absent (Guillaume Canet) qui a perdu son fils et qui part à sa recherche, le tout dans une paranoïa plutôt intense qui l’amène à faire des choses qu’il n’est même pas en mesure de regretter dû à la peine qu’il a d’avoir perdu son fils.

Le film malgré le manque d’éléments nouveaux est divertissant et réussit à maintenir notre attention. Je l’ai trouvé un peu prévisible, mais l’action qui venait restait tout de même agréable à voir. Le personnage de Julien est brillamment joué et c’est surtout lui qui mène l’histoire. Sa folie paranoïaque devient par moment un élément humoristique au film et allège le sujet un peu lourd qu’est le kidnapping.

Pour les amateurs de suspense, c’est tout de même un film intéressant, pour les amateurs de sensation un peu plus forte, je suggère plus d’aller vers Les 7 jours du talion qui est sur le même thème.





Fantasia : La nuit a dévoré le monde

22 07 2018

Quoi de mieux qu’un vendredi 13 pour aller voir un film de zombie. Parce que La nuit a dévoré le monde, c’est un peu ça. Ce film français de Dominique Rocher change un peu des films de zombie traditionnel. Sam (Anders Danielsen Lie) se réveille après un petit incident dans une fête chez son ex-copine dans un appartement où il n’y a plus trace de vie. Il découvre bien vite qui est le seul survivant dans un Paris cette fois ci sans brume. Comme dans tout bon film de zombie, on parle de survie, mais comparée à beaucoup de films du genre, Sam décide lui de s’isoler et de rester dans cet immeuble en gérant ses ressources pour vivre le plus longtemps possible.

Plus une comédie qu’un film d’horreur, ce film reste intéressant par sa différence. Les blagues tout au long du film apportent un peu de légèreté dans ce film qui traine parfois en longueur. À un moment dans le film, j’ai fait la comparaison entre ce film et Cast Away, où notre protagoniste se ramasse avec sa solitude et un équivalent de Wilson qui prénommera Alfred. Sa quête pour combler ses besoins primaires apporte à tout moment des situations plutôt comiques. Sa recherche de se divertir et de ne pas rester seul apporte un certain charme au film. Pour ceux qui s’attendent à des courses folles à se sauver des zombies sans être capables de reprendre son souffle, elles sont assez rares, mais tout de même efficaces. Si vous regardez la bande-annonce, elle est très trompeuse par rapport à l’ambiance du film, mais il en vaut quand même le détour.

Bande-Annonce