J’itinérance

20 06 2016

Je laisse trainer des mots vides, simplement pour ne pas oublier comment écrire. J’ai pensé utiliser ce livre où les idées ne manquent pas, mais je suis tombé au hasard sur un truc qui parlait de mariage, je me suis dit que c’était pas nécessairement bon pour moi de me décomposer là-dessus aujourd’hui, comme ce ne l’était pas pour moi hier et probablement demain non plus. Le plus près que je sois passé du mariage, c’était des fiançailles, peut-être beaucoup trop jeune, pour elle. Elle venait d’être libérée de son foyer parental et je lui laissais aussi sa liberté, elle c’est envolée. L’autre moment, c’était des femmes mariées, où on jouait de charme tant que la réalité ne frappait pas. Elle frappe toujours la réalité. Pour moi c’est toujours le matin, très tôt, en même temps que le soleil se lève sur une nouvelle journée. J’aime aimer, j’en suis peut-être amoureux de ce sentiment. Je choisis quand même qui j’aime, peut-être à tort, peut-être de travers. Trop de questions s’imposent à moi. Je suis maitre que de mes sentiments, me valeur, mes rêves. J’ai toujours rêvé d’enfant, de mariage, de famille. J’ai toujours rêvé, de passion, d’amour, d’amitié. Aujourd’hui seul devant moi, je me regarde, un peu triste de ce qu’il me reste, un peu nostalgique de ce qui est passé, qui ne repassera plus, des bribes de bonheur parfois plus longues les unes que les autres. Mon image se décompose dans la glace, la chaleur immense me fait perdre la tête. Je tournoie puis m’assois un instant pour penser à moi. Où me suis-je mis, dans toutes ses histoires. Je suis l’itinérant en quête d’amour et parfois, on me lance avec dégout une poignée de mécènes. J’ai la parabole agile, mais rien ne dure, tout s’envole, comme ce que je suis, j’oublie, j’oisive seul sur ma branche. La seule chose que je me souvienne, c’est que je n’arrête pas d’oublier, de m’oublier. J’hypothèque à frais virés ma conscience loin d’être tranquille, me disait que l’intérêt viendra plus tard, que j’en tirerai des bénéfices, qu’un jour je deviendrai un arbre fruitier. Tout le monde aime quand l’on fructifie. Je me réveille, souvent trop tard, au pied de l’arbre trop sec, trop vide, comme un arbre… bien trop seul.

 





Un peu de réconfort

19 06 2016

Les cloches sonnent, pour appeler les fidèles en ce dimanche où les rues sont encore vides. Je me suis levé trop tôt, trop tôt pour bouger, pour écrire, mais jamais pour penser. Dans ma tête raisonne mes idées, déraisonne le passé, le présent, l’avenir qui n’existe plus. Je tente d’entendre ta voix, elle n’est plus là, que le corbeau qui croasse depuis toujours. Les journées sont longues, interminables et lourdes. Je ne crois plus à rien. J’en ai besoin pourtant, comme jamais, comme une preuve que tout ceci existe toujours. Je ne bouge plus, où à peine de la maison, si j’y entre je n’en sors plus, simplement pour attendre que tout passe. Je cultive le silence dans un jardin démoli par le temps. Mes idées se rassemblent, une à une, simplement dans un désordre total et me font toujours aussi mal. J’ai le vide douloureux, celui qui traine en longueur, qui m’empêche d’être, qui n’a envie que de s’embrouiller quand la fatigue le gagne. Je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste. Un mantra qui ne fonctionne plus, je suis triste, je dois laisser me transpercer ce sentiment, le laisser passer à travers moi pour que demain il soit derrière moi. Je suis fâché, déçu, désillusionné, amer. Je reste seul, pour ne pas contaminer les autres autour de moi, pour ne pas a avoir à jouer la comédie du gars qui se colle un sourire de bonhomme patate dans le visage. Je ne peux plus faire semblant. J’aimerais avoir la grosse main lourde de mon père sur la tête, réconfortante. « Pleure pas mon grand » comme seule parole de réconfort. Ça serait bien assez. Juste une seconde ou deux, pour enlever une partie de la lourdeur que je traine depuis longtemps. J’ai besoin de légèreté, de faire attention à moi, de me refaire une vie.





La garde-robe – 1re Partie

24 05 2016

Je déteste vraiment les soupers de famille, mais je déteste encore plus les soupers chez les amis de la famille. J’ai pourtant été élevé dans un milieu où la maison était souvent pleine, où l’on se retrouvait souvent dans les habitats des frères ou soeurs de ma mère, des amis de mon père, des collègues de travail de l’un, de l’autre. Un milieu ouvert, tout plein de sociabilité, tout plein de gens dont je n’ai rien à faire. J’ai toujours eu l’impression que c’était des endroits où on allait pour sortir ses plumes, montrer sa queue, se pavaner pour tenter de convaincre, qui est le meilleur dans ci ou dans ça. Quand j’avais huit ans, ça passait, parce que je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais surtout que je ne m’en souviens plus trop dix ans plus tard. Aujourd’hui, c’est comme ma mort, j’y vais vraiment parce que je l’ai promis, parce que je dois prendre à coeur mon rôle de technicien en informatique et faire ce que je dois, parce que je dis rarement non, parce que pour ma mère, c’est aussi l’occasion de revoir d’anciennes collègues qu’elle n’a pas vue depuis déjà plusieurs années. J’ai demandé une chose à ma mère, de pas soulever le fait que c’était mon anniversaire, je n’avais pas en plus besoin que ça devienne un événement festif.

Claude, l’ancienne collègue de ma mère habitait dans le fin fond de nulle part, où les arbres se sont remis à pousser en même temps que les jeunes gens ont désertés. C’était la deuxième fois que je mettais les pieds dans cet endroit, la première fois datait bien d’une bonne dizaine d’années. Claude était veuve et avait pris l’opportunité sur un réseau social de me faire signe, car elle avait besoin d’aide, des problèmes de configuration d’ordinateur qu’elle était incapable de m’expliquer vu les compétences techniques absentes chez la pauvre femme. Ce manque de compréhension se faisait même voir par tous les commentaires qu’elle mettait au grand jour en public sur ma propre page. Mon manque de collaboration, d’intérêt, de réponse à fait en sorte que j’ai dû en entendre parler par ma mère qui me disait que je serais gentil de répondre, d’où ma promesse de m’en occuper sous peu, chose que je n’ai pas faite et qui m’a value l’invitation de ladite Claude interposée, ou plutôt imposer, par ma mère. J’étais donc assis, sur la banquette arrière de la vieille Chevrolet de mon père qui conduisait avec devant moi ma mère qui chantonnait, ayant cette envie soudaine d’être n’importe où sauf dans cette voiture.

Le seul avantage d’arriver à cette maison de Rawdon, était de me déplier de derrière la voiture et de sentir le grand air, le vrai, sentant le sapin, la nature comme on ne la sent plus à travers le smog qui entoure la ville. C’était le début de l’après-midi, Claude est venue nous accueillir dehors dans cette température d’automne. Ses cheveux se confondant aux feuilles colorées des arbres et ses yeux noisette, avec des pattes-d’oie qui s’en échappaient. La maison de Claude sur deux étages avait été fabriquée toute de bois par feu son mari Gilles. Ils y habitaient depuis plus de 20 ans, avec leur fille unique que j’avais connue des années plutôt lors de ma première visite. Claude vivant maintenant seule s’adonnait à la peinture et s’occupait de la maison. Elle s’occupait moins d’elle, mais le temps l’avait tout de même bien préservée. Je me souviens plus jeune, elle me captivait, tout comme sa fille. Aujourd’hui plus vieux, j’étais en mesure de voir et comprendre que cette femme était toujours aussi ravissante. Elle vient me faire la bise et accueillir le reste de ma famille.

La chaleur de sa demeure était toujours la même, chaque pas que je faisais dans la maison me rappelait un souvenir d’enfant. L’odeur, le bois qui brûle dans la grande cheminée de pierre, les tableaux, dont certains étaient toujours là, comme l’espèce de clown grisâtre, le regard noir, me semblait tout aussi horrifiant qu’à l’époque. La maison sentait aussi la nourriture et résonnait de tout bruit, car bien sûr que nous étions pas seul, Claude avait invité Maude et Pierre à ce souper de retrouvaille, retrouvaille pour eux, parce que moi je m’en foutais un peu.

Après avoir retiré mes vêtements chauds, je me suis dit que j’attaquerais tout de suite ce pourquoi j’étais venu, Claude me priant d’attendre un instant qu’elle s’occupe de ses convives, je lui demandai une bière quand elle me l’offrit. Je saluai Maude et Pierre, qui me questionnait sur ce que je devenais et sur le fait que j’avais bien grandi, bon on passe. Après que mes parents se soient assis, Claude s’excusa à ses invités pour me montrer sa bête qui se trouvait au deuxième. Je la suivis en haut, la pièce avait changé, dans mon souvenir elle était plus petite, Claude me fit remarquer qu’ils avaient fait tomber les murs après le départ de Sophie, leur fille, pour faire place à une pièce à aire ouverte, illuminant l’immense pièce. Dans un coin de la pièce, un bureau en coin où se trouvait le monstre. Elle y avait mis beaucoup d’argent et avait une certaine frustration, car cet appareil ne fonctionnait jamais. Elle me pria de m’assoir et alluma l’engin, les étoiles dans mes yeux quand j’ai vu l’appareil, je me suis dit qu’il fallait que j’aille de la chance de me retrouver ici et que probablement, si je prenais mon temps, je pourrais passer la soirée sur cette machine à « dépanner » un problème qui n’en était surement pas un et à m’amuser un peu sur internet.

Claude avait déjà fait une liste de ce qu’elle voulait, ce qui « ne marchait pas », ce qu’elle aurait aimé savoir. Donc, rapidement, je considérais que le plus long allait être un petit nettoyage, car elle avait reçu un message disant qu’elle avait un virus, ce qui était souvent une fausse alarme, mais surtout une petite formation pour qu’elle puisse se débrouiller par elle même. Sa main droite posée sur mon épaule droite me laissait sentir sa chaleur, elle dégageait une odeur qui éveillait mes sens, son sein s’appuyant à l’occasion sur mon épaule me distrayait plus qu’autre chose. La chair me donnait facilement un trouble d’attention. Ce rapprochement devant une idole d’enfance, mes sens parlaient plus fort que moi, j’ai senti mon sexe se durcir lentement, je tentais de simplement mettre mes mains pour cacher le tout, tentant de rester concentrer sur ce qu’elle me disait, tournant la tête de l’écran pour tantôt la regarder de si près et ne plus être capable de me détacher de ses lèvres. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait en moi, elle avait au moins vingt ans de plus que moi, j’étais paralysé, j’avais l’impression que mon corps allait exploser. Elle tourna son regard vers moi à un certain moment, pour tomber dans le miens, elle eut un petit sourire amusé, j’imagine que d’allumer un jeune comme moi était assez flatteur, mais je sentis un certain malaise, car elle me demanda si j’avais des questions, qu’elle retournerait avec les invités pour me laisser travailler. Je lui dis de revenir dans environ une heure, que j’aurais fait le tour de la question et que je pourrais surement lui expliquer se qu’elle voulait savoir. Elle me laissa, glissant sa main de mon épaule à mon cou, l’effleurant doucement, me laissant qu’avec son odeur et une érection qui me gênait même seul.

Voyant disparaitre son regard pointé sur moi dans l’escalier, me rappelant les commentaires qu’elle mettait sur mes photos sur le réseau social ou les « J’aime ». J’étais jeune, plein de testostérone, en manque en tout temps et probablement l’imagination plus fertile qu’un paranoïaque. J’avais maintenant que sa liste de problème à régler et la tête ailleurs, j’ai tenté de me concentrer et en fouillant un peu dans l’ordinateur, je ne suis rendu compte qu’elle avait effectivement d’antivirus. Je m’occupai de l’installer, de faire un scan, et de commencer à préparer une petite information, utilisant des captures d’écran et son traitement de texte pour lui laisser quelque chose en main, histoire de ne pas faire Montréal-Rawdon pour la même chose trop souvent. Pendant que je faisais un petit guide pour le réseau social, les courriels, l’internet en général, logiciel de photo, j’entendais rire en bas, au moins tout le monde semblait s’amuser. J’ai décidé de descendre, parce que plus rien ne me gênait, mais aussi que ma bière était vide et que de rapporter la bouteille m’en vaudrait surement une pleine. Quand mon pied s’est posé sur le bois du plancher, le silence s’est installé, ils m’ont tout regardé, j’avais peur d’avoir quelque chose, je dois être viré au rouge et j’ai dit que je rapportais simplement ma bouteille, Claude c’est empressée de m’en redonner une autre sans même me demander si j’en voulais une, on était connecté ou elle voulait simplement m’enivrer pour abuser de moi. Je crois qu’elle avait un peu d’avance côté alcool par contre, le vin semblait couler à flots. Mon père me regarda et me demanda si c’est moi qui chauffais pour le retour, je n’avais même pas de permis, il rit. Ma mère me dit qu’il y avait assez de chambres ici pour nous accueillir pour la nuit au cas où. C’était pas assez d’être loin, fallait y être longtemps. Je poussai un soupir et m’excusa que du travail m’attendait, je gravis les escaliers deux à deux.

Tout était presque terminé, l’installation, la formation, l’après-midi et ma bière. J’entendis des pas derrière moi, je n’osais pas me retourner, je les reconnaissais, mon corps aussi. La voix qui apportait une chaise me demandait où j’en étais, je dis que je terminais à l’instant. Elle déposa une nouvelle bière à côté de ma bouteille vide, s’assois dans la chaise à côté de moi, tomba dans mon regard, mais quelque chose avait changé. Sa lèvre inférieure rougie par le vin me laissait deviner pourquoi. En bas, ça s’amusait toujours, en haut, ma température globale augmentait à vue d’oeil. Sa main glissa de mon dos à mon épaule, sa voix, à mon oreille, « Montre-moi ». Rien pour m’aider, de nouveau cette envie qui se manifestait dans mon pantalon, mon bras la recouvrant pour tenter la dissimuler. Sa tête frôlait la mienne, mon corps se raidissait. Maladroitement, je commençai à lui expliquer ce que j’avais fait. Ses yeux ne regardaient plus ce que je lui montrais, son souffle sur ma joue se rapprochait. Je me retournai un peu pour la regarder, ses lèvres étaient là, je me reculai un peu, par un mélange de peur, de gêne, de mensonge à moi même. En me détournant pour continuer de lui expliquer, ses lèvres enrobèrent mon lobe délicatement, me faisant frissonner. Ses lèvres expérimentées embrassaient mes lobes, pendant qu’innocemment je tentais d’expliquer sans succès, bégayant, boufouillant, tentant de me contenir sous les caresses de sa bouche qui descendait maintenant dans mon coup. En bas ça riait toujours, en bas, mon sexe voulait simplement exploser. De sa main gauche, elle retira mon bras qui reposait sur mon pénis. J’ai tenté de ne rien faire, c’était mieux pour moi. Sa bouche s’est détachée de mon coup pour voir, voir le plaisir qu’elle me procurait, son sourire de satisfaction en disait long sur le résultat. Mon regard se tournant lentement vers elle n’a pas eu le temps de voir venir le coup de grâce, sa bouche qui se lançait à l’assaut de la mienne, sa langue cherchant doucement la mienne, ses lèvres me mordant pour que j’ouvre plus grand. Sa main empoignant mon sexe solidement pour le caresser dans un vas et vient langoureux qui ne faisait qu’augmenter mon plaisir. Je risquais une main tremblante vers sa blouse, déboutonnant habilement un bouton, puis un deuxième, me surprenant moi même. Je glissai la main vers sa poitrine, n’arrêtant pas de l’embrasser comme un gamin, ce que j’étais encore. Je découvris ses seins, d’une douceur soyeuse, d’une fermeté étonnante. En glissant ma main dans son soutien-gorge, je sentis l’excitation que le lui provoquait aussi, pinçant légèrement son mamelon, encourageant une morsure un peu plus sévère sur ma lèvre, me lassant sortir un cri qui me surprit, ainsi que toute la maisonnée, car le silence fut établi. Elle reprit ses esprits, reboutonna sa blouse rapidement, s’arrangea un peu, comme elle peut, sans lâcher mon sexe, comme fusionné, puis se dépêcha de redescendre, en me quittant elle dit que je m’étais cogné sur le meuble… raison de mon cri.

Je reste là, sans comprendre ce qui vient de se passer. Pris à nouveau avec de nouvelles images, de nouveaux désirs, cette même érection. Je regarde mes courriels, je fais un tour sur l’internet, n’importe quoi pour changer d’état. Une gorgée de bière, des vidéos de chats qui se pètent la gueule, une invitation pour venir souper. Enfin…

-À suivre

 

(l’entretien d’un blog c’est difficile, j’ai décidé de fermer l’autre blog que j’avais pour me concentrer ici)





J’écris

24 05 2016

J’écris. J’écris pour toi, j’écris pour ça, mais j’écris surtout pour moi. J’écris depuis que je peux tenir un crayon, probablement parce que j’ai peur de la solitude, parce que les mots sont toujours présents, ils sont là pour me réconforter. J’écris par ennui les jours de pluie et j’écris pareil les jours de soleil. J’écris simplement parce que je ne sais pas quoi faire d’autre, parce que le monde m’effraie toujours un peu, parce que de me lire me rassure, je suis humain. J’écris sur mes peurs, j’écris sur mes amours, j’écris sur toi, tu fais un si beau papier. J’écris par habitude, je verse mes certitudes, je suis sensible, j’aime, je vis. Tant de mots pour te dire je t’aime, tant de mots pour tenter de l’oublier. Mon crayon s’accroche, hameçonner à la réalité, ma réalité, je suis là à attendre un prochain chapitre, je suis là à pleurer mon âme pas encore morte, à ne pas vouloir la laisser partir, comme si après c’était la fin, l’ultime, la dernière fois. Je décris ce que je ressens, je me fais du mauvais sang, je fais, je vis et je ne m’apprivoise jamais assez. J’ai peur de demain, de ne plus jamais aimer après toi, simplement par manque d’envie et parce que le futur n’existe pas. J’écris pour me rassurer que je suis toujours en vie, même si des fois je n’en ai pas envie, même si des fois je devrais me taire, le silence n’a vraiment rien pour plaire. Je rêve, comme j’écris. La pluie, les draps, la nuit. Le soleil, la plage, mais toi aussi.





Couche-toi

19 05 2016

Couche-toi sur mon chest et que tes mains me caressent juste avant la sieste. Que je sente ta tête un peu lourde, remplie de toutes ses idées, que t’oses jamais me raconter, mais qui me laisse me demander. Partage avec moi ta chaleur, celle que j’aime à toute heure, quand t’es pas loin ou coller, celle dont je ne peux jamais me fatiguer. Serre-moi, contre toi, encore une fois, assez pour que mon coeur éclate que je ne sache plus ce que c’est la douleur. Brise mes os, un à un, broie-moi une dernière fois. Ma douleur ne s’effrite qu’à coup d’atome qui se meurt un par un, chaque jour. Je t’entends écrire, je crois, est-ce sur moi? Je n’ai que les souvenirs de ton visage, je m’ennuie de tes yeux qui disparaissent quand tu souris. Je m’ennuie de tes mains, sur chaque centimètre que tu connais bien. J’ai l’impression que rien ne passe, rien ne se passe. Que le temps fixe me fait quand même vieillir, comme accroché à la grande aiguille de cette horloge. Je suis fatigué, je dors mal, je dors peu, je ne dors plus. J’ai peur de rêver à toi, de me réveiller triste et seul. Couche-toi près de moi, que je dorme un peu cette fois.





Elle lui

10 05 2016

Il déposa un genou à terre, ses yeux à elle se remplirent d’eau, il attacha sa chaussure, elle essuya ses larmes et la remplaça par son éternel visage froid avant qu’il ne se relevât. Il avait toujours la même question « quoi? », elle avait toujours la même réponse « Rien! ». Cet échange de bon procédé durait depuis des années, quatre ans au total selon lui, quatre ans, deux mois et treize jours, pour elle. Ils s’étaient rencontrés avant, avant étant une contrée maintenant bien éloignée, dans le temps où on se prenait la tête avec rien, qu’on s’embrassait dans les bars simplement parce qu’on s’était vu, qu’on se trouvait beau, qu’on en avait envie. C’est elle qui avait fait le premier pas, elle qui avait toujours fait le premier pas, qui l’aimait depuis le tout début, qui l’avait vu en premier, dans son jeans, dans un t-shirt ridicule qui portait un logo que tout le monde connaissait, un jeu vidéo, ça n’avait pas d’importance. Quand elle le vit, elle sut, tout de suite, qu’il était lui, qu’il était à elle. Elle ne le quitta que de très rare fois après ce premier jour où il se rencontra. Lui, il était là, ce soir-là, à contrecœur, parce qu’on l’avait poussé, parce qu’on l’avait supplié, il n’avait pas envie de célébrer, jamais, il avait peur des gens, pas vraiment peur, mais les foules l’effrayaient, il préférait rester là, ailleurs, en petit groupe, pas dans ce capharnaüm lubrique où tous les coups était permis. Quand il l’a vue, elle qui rentrait pour déposer son manteau, il eut chaud, il pensa que s’hydrater à coup de pinte lui ferait du bien, il buvait rarement, l’alcool prenait vite le contrôle sur lui. Il ne la perdait pas des yeux, ses amis ne lui prêtant pas attention, par habitude, parce qu’on le connaissait ainsi, il n’était pas méchant, simplement difficile à saisir par moment. C’est à sa troisième pinte que ses pieds s’arrondirent, à peine pour lui faire sentir le sol, un peu de légèreté, il fut même entrainé sur la piste de danse, où il se laissa aller, enfin, un moment. Ce moment où elle le vu, son sourire, mais surtout ses yeux, son regard qui ne la quittait pas, qui maintenant la fuyait à son contact réel. La soirée continua ainsi, d’une série de regards timides, de pintes qui finirent par être insipides. Elle décida de se lancer, doucement, se tenant sur ses pieds, elle s’approcha de lui, on la connaissait pour ses lubies, elle le tira vers elle et lui dit « Ça te dirait qu’avec moi tu passes ta vie? », elle croyait qu’il n’avait pas compris, dans la cohue de cette soirée, elle l’avait simplement embrassé.

Le temps passa et il s’aima, longtemps, toujours, d’une fusion incompréhensible pour certains, moins pour d’autres. Ils se complétaient, ils se synchronisaient, ils se suivaient sans se nuire, ils s’aimaient sans se faire souffrir. Elle dans sa tête, repensant à ce premier soir où elle le voulait pour toujours, espérant le grand jour. Lui, timidement, il l’aimait éperdument, il avait la frousse, qu’on jour certain tout ça ne se fane, ne se brise, ne s’efface. Quatre ans, il faisait tout pour faire durer l’amour, il angoissait presque chaque jour. Il était convaincu que ça pourrait durer, mais jamais il ne s’était lancé.

Il tenait dans sa main la sienne. Il savait que c’est « Rien » n’était pas des rien pour de vrai. Il n’en pouvait plus et voulait y mettre fin. Cette fin qui brise tout, qui fait tant pleurer, qui donne l’envie de mourir un peu à chaque fois que cette fin arrive. Il savait qu’il ne retournerait plus jamais en arrière, il savait que ça serait le coup de grâce. Il avait fait cent fois le tour de la question, il savait qu’il n’y avait pas d’autre solution. Sur sa joue une larme coula, de sa main il se retira. « Quoi? » elle lui demanda. Et lui pour seule réponse il lui dit « Ça te dirait qu’avec moi tu passes ta vie? », elle fit comme si elle avait compris et une fois encore l’avait tendrement embrassé.

 

Défi du jour : « Les deux pieds sur terre, il profite de cette attention, c’est tout à son intérêt. Tandis qu’elle tombe dans une lubie. »





Conjuguer le silence

11 04 2016

Je conjuguerai tes silences, entre la voir et être, je préfère être. Je ne sais plus ou je n’ai jamais vraiment su comment briser ce mur qui me sépare simplement de comprendre un peu. Je tente de m’occuper, à faire n’importe quoi. Je fais n’importe quoi, comme si je me cherchais, ou te chercherais-je toi. Je n’ai plus l’énergie, mais combien la patience, d’attendre, de toujours m’attendre à rien de toi. Dans l’heure, je suis triste, perdu, en colère. Mes sentiments se succèdent sans succès de se stabiliser. Si seulement. Si seulement j’accrochais ce qui me reste d’orgueil, le petit bout donné, mal ordonné par mon père. Celui qui ferait de moi un être un peu plus rancunier, avec des airs d’indépendant obstiné prêt à t’oublier. Si je ne parlais simplement plus de toi, comme si tu n’avais jamais existé, que ma tête te traite avec cette force qu’il a de refouler ce qui ne nous plait pas, simplement pour que l’on continue notre mission bonheur. Pourquoi je ne suis pas capable de faire comme toi, te terrer dans l’oublie, aux oubliettes, avec ce qui reste d’une enfance décomposée par trop d’adulterie. Si je pouvais rembobiner, simplement pour enregistrer par dessus, pour ne plus entendre ta voix qui raisonne quand il fait trop noir autour de moi. Raconter des histoires qui ne parlent plus de toi, effacer celles qui le faisaient. Attendre que tout passe, que la maladie de ma grand-mère me rattrape et s’occupe de mes souvenirs à sa façon. Que la machine, d’Eternal sunshine of the spotless mind existe pour vraie, pour simplement oublier. Pas parce que je regrette, parce que j’ai le mal du souvenir, en voiture, Je me souviens, ça me suit partout, tout le temps, même l’alcool n’y fait plus, ça ne dure jamais assez longtemps et ça m’endommage… Dommage. Je tente de penser à autre chose, de faire autre chose pour ne pas penser, de penser à moi, quand je fais ça, je pense à toi. J’erre, je crie de guerre, je me tue à vouloir qu’un son, une note. J’écris pour rien, pour toi, pour que t’entendes. Tu restes muette.








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