F

12 04 2020

Fragile fractal de fleurs se fracasse dans le froid. Friable, les femmes futées mais frigide feignent un frisson. Fatalement fatiguées, elles fuient le frère funambule en faisant face au fainéant full de fric. Sa féminité fait face au faible front féministe qui faibli par manque de focus. Ses formes fondent sans fin, sa faim fond informe. Femme, fait fit de foi et fonce enfin. La famine n’a fait que figée le forcené qui fracassait ta fragilité. Fais toi féline furieuse et frappe fort le phallocrate où il le faut.





Où suis-je?

24 09 2019

Je m’embrouillonne plus souvent qu’autrement. Je remplis ma tête de vide, de Netflix, de mots d’autres, parce que j’aime lire leur tournure de phrase, leur tournure de temps qui me fait rêver parce que moi aussi un jour j’ai eu des idées. Je me trouve des raisons pour expliquer pourquoi j’ai écris que 3 textes depuis le début de l’année, ma procrastination aigue fait que je n’écris plus, c’est pas la faute de mon ongle que je trouve trop long quand je tape parce que je ne sens que lui, c’est toutes ces petites raisons qui existent juste pour m’oublier. Hier en allant dormir, je me suis souvenu de moi, celui qui seul comprenait ce qui se passait, comprenait ce qu’il vivait. J’ai mis l’auto pilote sans mettre de destination. Je déraille ou dérape de toute façon. Malgré tout, j’ai les mêmes repères, ma mère, ma soeur, mon chez moi, mon gros chat qui traine un peu comme moi entre le divan et le matelas sans vraiment comprendre pourquoi. Le bruit m’énerve, le silence m’effaie, le juste milieu, je le cherche un peu. J’ai vu Netflix deux fois au complet, je n’ai rien accompli. Je me lance dans des passions qui sont bien loin de moi, pour apprendre, j’apprends. J’apprends tout sur les rudiments du crayon, qu’il soit électronique ou de carbone, de feutre ou d’encre. J’essaie de faire vivre ce que j’ai mis de coté, mes mots, les remplacer par des images. On dit qu’une image vaut mille mots, je suis rendu bien paresseux. J’ai cessé d’écrire en même temps que j’ai cessé d’aimer, je sais pas vraiment dans quel ordre ça c’est produit. Je suis pas complèment dépourvu, j’éprouve une affection profonde pour les gens qui m’entoure, mais pas l’amour, le vrai, celui qui a fait naitre ce blog et combien d’autre régurgi de matière d’âme sur des médiums parfois oublié et mort. Combien de lettre, de mot, de phrase j’ai écrit à travers le temps à ce sujet. Où on achète des « refills » pour ça? J’ai parfois une illumination, un mirage, un rêve éveillé qui fait que je sors un bout de papier, de téléphone cellulaire et j’écris une petite note pour me souvenir de l’étincelle, quand je la relis, plus tard, il n’en reste plus rien, que les mots noirs sur blanc, que les formes sans sens. Je pourrais écrire pour informer, pour communiquer mes passions devenir un influenceur, avoir des likeux, des hateux qui me suivent parce que je dis des choses ou leur contraire qui rejoint des gens parce que je parle comme eux. J’ai pas envie d’être comme eux, d’être commun, d’être critique ou simplement émotif parce que quelqu’un a parlé de moi à Thor ou à Traverse. J’ai pas envie d’être émotif sur un livre, sur un show, sur un vidéo que j’ai vu, parce que pour moi, ça fait parti des conversation que je veux avoir avec les gens que j’aime vraiment, pas a sens unique entre moi et les commentaires que je lirai ou pas. Ce que je vomis ici, c’est ma simple compréhension de ce qui m’habite, c’est brut, c’est indiscutable parce que même si j’ai l’air d’un drama king, d’un dépressif, d’un homme rose, d’un romantique fini, ça reste que des miettes de ce que je suis au moment ou je l’écris. J’aime mon petit blog tranquille un peu Emo qui me laisse le loisir d’inventer une vie qui est pas la mienne, ou de m’écrire à moi même une lettre que je me lirai demain à tête reposée, en me disant que c’est bon mais plein de faute parce que je me relis jamais, j’ai pas le temps parce que les mots arrivent bien plus vite que le dictionnaire lui même. Je n’ai pas envie de voir mourir Scarecrowworld parce que ça serait un peu d’avouer ma mort à moi, ma mort étant plus un échec sur l’amour avoué, qu’une mort physique confirmée.





Qui a tué les spaghettis

24 06 2019

J’étais là autour de la table à attendre de me faire servir, c’était la première fois que ça m’arrivait, c’est moi qui cuisine normalement. Pas parce qu’elle ne veut pas, mais parce que j’aime ça, ce n’est pas vraiment important c’est chose là, du qui fait quoi et quand, c’est plus important de comprendre pourquoi ça se passe ainsi, sans brimer la vie de personne qui participe à l’expérience. La première fois en deux ans, j’avais hâte, j’avais mis la table, ouvert la bouteille de rouge, servi les verres pendant la préparation parce qu’un verre de vin en cuisinant, ça fait aussi parti de la recette. La radio jouait ce qu’on lui avait demandé, Folk-Indie, j’ai toujours été fan de guitare-voix. L’heure filait doucement au son de Bon Iver, dans la maison flottait un arome italien bien connu. C’était la première fois, les pâtes c’est toujours un bon premier choix, surtout avec moi, pâtes, pain, patates, peu importe ce que l’on en dit. Les discussions étaient rares, efficaces, on se connaissait depuis près d’un an maintenant et j’ai toujours été un homme de peu de mot, du moins tant que le vin ne faisait pas effet, après je m’emportais dans des tirades passionnées parce que c’est un peu ça ma vie. Elle tient à peu de choses, mais elle m’impressionne toujours, ces gens, ces lieux, enfin tous ces petits riens qui en font un univers magique. On se parlait peu de boulot, peu de nos familles, peu de nos vies. On savourait le temps ensemble, parce que c’est tout ce que l’on connaissait. Deux mondes, deux réalités, deux êtres ensembles dissociés de tout. Pourquoi ce soir elle décida de faire le repas? Peut-être que tout ça avait changé, ce temps où l’on vivait bien, où l’on ne décidait de rien, où la vie nous trimbalait dans son courant. Peut-être je me faisais trop d’idées, tant d’histoire je suis capable de me raconter. On riait beaucoup semble, tous les jours, je pense à elle, simplement dans le but de la revoir, de la sentir, tout près, là. Les dernières semaines avaient été plus difficiles, d’un manque de conversation elle est passée au secret. On les a tous, mais pourquoi maintenant, elle le faisait consciemment ? Le vin avait goût un peu plus amer, la chaleur étouffante de la canicule y étant surement pour quelques choses. Le pain sorti du four, la valse de service à la table commença. Quand atterrit devant moi mon grand bol de spaghetti, je compris que tout était fini. Fourchette et cuillère à la main je me suis retrouvé impuissant devant mon assiette, rien à faire avec ces armes de guerre, sans la regarder j’ai su que c’était notre dernier repas, je déposai ma fourchette et conserva la cuillère, il n’y avait plus rien à faire, on avait tué les spaghettis.





Famine

28 04 2019

Faim. J’ai toujours faim. Toujours soif aussi. Je bois pour oublier que j’ai faim. C’est une bonne raison, parce qu’il en faut toujours une raison, on aime s’en donner. J’ai rien de quelqu’un qui mange pas, personne s’en doute, sauf quand on pose des questions, je ne mens pas. Je n’en parle pas, mais je ne m’en cache pas. Les gens ne comprennent pas, il me regarde et ne savent pas, ne peuvent pas savoir. Je ne mange pas parce que j’ai eu une indigestion, ça surprend parfois, mais c’était une grosse indigestion. J’ai un passé indigeste, qui ne se réduit qu’à des souvenirs lourds sur l’estomac. Peut-être que je mangeais trop vite, trop souvent. Que je ne mâchais pas assez, je prenais pas mon temps, des fois ça passait de travers, je m’étouffais, ça prenait toujours un temps à me remettre. Là, j’ai juste décidé d’arrêter de manger. D’un excès à l’autre si on veut, ça souvent été comme ça dans ma vie. Je sais que la famine ne me fera pas mourir, elle me rend parfois juste triste. Je pleure de faim, comme on meurt de faim. C’est pour ça aussi que je n’écris pas, parce que ça prend une raison et quoi de mieux que la faim? Je me souviens des belles années que je mangeais à pleine bouchée, l’indigestion me tenant éveiller, je pouvais écrire, jour après jour sans même fermé un oeil, sinon deux. Aujourd’hui, juste l’idée du repas me fait fuir. À pleine jambe, même si je n’ai jamais goûter, j’aime mieux ne pas prendre de chance, j’en ai assez pris déjà. Je me dis que je pourrais peut-être pas mourir comme ça, du moins je suis en train de vieillir comme ça, à chaque jour qui passe, je me souviens des ces années où je sais pas si c’était plus simple, de juste pas me poser de question, et de mordre à pleines dents. À l’aube d’un autre printemps, je me dis qu’il serait peut-être temps que je m’alimente mieux tout simplement.





Réécrire

8 10 2018

Reprendre une histoire longtemps mise de coté, lui donné de nouvelles couleurs, de nouveaux étages et de nouveaux personnages. Reprendre l’histoire comme si c’était hier, comme s’il fallait finir demain. Mettre des mots les uns à la suite des autres, simplement parce qu’ils décident eux-mêmes de ce bousculer au bout de mes doigts, souvent plus rapidement que j’en suis capable, ce qui fait qu’il manque des mots, une signification, un ensemble de ponctuation qui donne un tout autre sens à mon texte. C’est bien de s’y retrouver, de ne pas réfléchir où je puise l’inspiration, mais simplement laisser le flot faire le travail. Comme un robinet qui n’a plus de fin. Je vois le temps passé dans ses activités chronométrées et je ne sais pas si je dois m’arrêter, continuer, y retourner. J’ai à peine commencé que je dois m’arrêter avec tant de détail à fignoler, à terminer, à peaufiner. J’ai un retour facile à l’écriture, comme on rentre à la maison après un long voyage où notre lit, notre bouffe et notre aire nous manquent. Un retour simple, comme si je n’avais jamais arrêté, un retour ailleurs, car j’ai l’outil pour m’entrainer. Écrire, longtemps, par petite poussée, comme elle disait dans l’atelier… faire des tomates… une à la fois, des petits pas pour mener à de grande réalisation, la création, les projets, le temps qui se manipule comme on le souhaite et aucune limite, sauf celle qu’on ne veut pas franchir avec raisons, avec chacun ses raisons parce que la vie c’est un peu ça, c’est parce que les limites existent que l’on veut les dépasser, une à la fois, puis recommencer, sans fin, jusqu’à ce que l’on soit un peu satisfait, beaucoup, passionnément. Les mots en inspirent d’autres de même que les autres m’inspirent. J’ai besoin de défi, de jouer, de créer. Peu importe ce que c’est, mettons-nous au défi.

J’ai pris l’habitude d’écrire sur l’écran, délaissé la plume, le papier par moment. J’ai trouvé mon confort, ce fut long, avec un peu de pratique, même si parfois je retourne aux sources, parce que c’est simple et quoi de plus romantique qu’un petit carnet rempli de petits mots, phrases, pensées sur la vie, l’amour ou soi. S’accrocher à ce qui nous fait vivre, délaisser ce qui nous tue. Choisir parce qu’on en a la possibilité et simplement écrire jusqu’à l’éternité.

 

Exercice Noir sur blanc: 1-3 : La posture d’écriture




La vague

6 10 2018

Bon matin,

Je t’écris parce que je t’aime, tout simplement. Je sais que tu me connais et que je ne dis pas les choses aussi simplement. J’ai vu samedi, tes yeux se remplir d’eau quand tu as vu mon tableau. Quand tu as vu « Bonne fête papa » en grosse lettre blanche sur mon tableau noir. Je voulais simplement que tu saches que lorsque je l’ai écrit, j’ai pleuré, ça m’a pris un temps fou à écrire ces treize petites lettres-là, pas par manque d’inspiration, mais parce que chaque lettre était aussi lourde que les quatorze années qui nous séparent de lui. Je sais que le temps passe et que les souvenirs semblent toujours aussi lourds pour toi. J’imagine que c’est normal à quelques parts, tu n’as pas vécu la même chose que moi, du moins pas de la même manière. Quand je te dis que la mort fait partie de la vie, simplement pour que toute cette expérience soit plus acceptable, plus douce, toi tu veux raccrocher, t’en aller, ne plus en parler. Je ne tente jamais de te retenir, je sais que ça fait mal, je ressens ce mal qui t’habite, c’est un peu pour cela que j’insiste pour alléger ta peine. Maintenant, tu essaies même de reproduire l’événement, en vrai, pas juste dans ta tête, encore et encore, tu entres dans cette croisade pour la vie en t’attachant à un autre qui disparait peu à peu. J’aimerais te prêter ma tête, simplement pour que tu puisses accepter qu’il soit parti, qu’il partira, qu’il ne s’en sortira pas, qu’il ne reviendra pas. Je vois toujours cette tristesse dans tes yeux, j’aimerais tellement la soulager, te donner un moment de répit, ne serait-ce qu’une minute. Je vois encore cette vague qui arrive, qui repartira avec celui que tu aimes, qui te laissera seule sur la rive, les yeux vers l’horizon, à chercher papa dans le creux d’une vague, en attendant qu’il refasse surface. N’oublie jamais que quand tu seras pris dans ce creux de vague, je serai là à côté de toi parce que je t’aime maman.





Tu…

6 10 2018

Salut,

Ça fait longtemps que je voulais t’écrire. Tu sais on ne prend jamais assez le temps pour les choses qui sont importantes. On fini par oublier, par s’oublier, par se laisser aller, par se rendre compte qu’on ne se connait plus vraiment. C’est pourquoi je voulais t’écrire, avant que tu deviennes un étranger, parce que même si je ne te le dis pas souvent, tu es important pour moi. Je sais que je te connais bien, peut-être autant que tu me connais, on a tellement pratiqué la procrastination ensemble, simplement parce qu’on était bien là, en silence, à réinventer le monde. Tu partais parfois dans tes idées, mais tu finissais toujours par me raconter, une fois que tu avais fait le tour de la question, des questions, car tu sais comme moi que tu en as beaucoup trop. Tu n’as jamais remarqué que c’était plus simple quand tu étais spontané? C’est comme quand tu écris, sans filtre, sans barrière, avec ton crayon, ton cahier et simplement quelques lignes où la peur et le jugement ne s’invitent jamais, où tu peux être toi-même. Je sais que tu fais ça par peur de décevoir, mais souviens-toi qu’on ne peut plaire à tout le monde. Je t’écris simplement pour te dire que je m’ennuyais de toi, du vrai toi que tu montres seulement à moi, ici sur ses lignes, celui qu’on devrait connaitre, ce lui qui se cache derrière des plumes de charbon. Je voulais juste te le dire, je m’ennuie de toi. Écris-toi!

Écrit dans le cadre de l’atelier “Noir sur Blanc » où le thème était : Écrire une lettre au “Tu”, et l’écrire comme si on écrivait une lettre d’amour à soi-même.