Et si la vie était musique…

4 06 2017

La musique, c’est précieux, ça garde en vie. Que l’on soit exhibitionniste (Musicien) ou voyeur (Mélomane à plusieurs niveaux), la musique fait vivre. Elle fait vivre des émotions, de toutes sortes, un peu comme le cinéma, en plus intense, car l’ouïe est encore plus forte quand on ne lui bloque pas la vue. Le matin, je me branche, je marche pour le boulot, je me laisse porter par les notes toutes différentes. Des notes qui n’agissent pas sur moi chaque fois de la même façon. Des chansons que je passe simplement parce que mon être n’a pas envie d’entendre ça, maintenant. Simplement parce que ça me rappelle des choses, j’ai l’oreille mécaniquement liée à la case souvenir dans mon cerveau. Que j’écoute Mùm, Eagles ou Vincent Vallière, l’effet est sensiblement le même, la tête se met en branle et je revis, le passé dans le présent. Le présent avec une certaine distance de ce qui c’est passé, ce qui m’aide à comprendre mieux ce qui c’était passé dans le passé. Je vibre à chaque note, ça réagit dans mon épiderme, j’ai la chair de poule, je pleure sous les notes et la voix de Klo Pelgag, chaque fois c’est pareil, je ne sais même pas pourquoi, c’est plus fort que moi. J’irai tout de même la revoir en spectacle, seul, dans l’ombre où je passerai inaperçu.

Je suis un mélomane paresseux. J’écoute énormément de musique, je ne connais pas le nom des chansons, le nom des membres d’un groupe, les années où ils ont enregistré. Je ne sais qu’une chose, c’est l’effet que la musique me fait, me transporte, me rend complètement en transe, meilleure que n’importe laquelle des drogues, que le plus fort des alcools. Et en plus, l’effet est permanent, le coût en est moindre, le souvenir plus vif. J’aime dans un spectacle, regarder le même effet sur les gens. On est là… 200, 300, 1000, 15000 dans la même salle, en même temps, a chanté les meilleurs succès de nos groupes préférés. Tous pareils, tous différents. Tous là pour sensiblement la même raison, vivre un moment, le partager. On est tous là, et on ne pense plus, ni à la couleur des gens qui nous entoure, ni à leur religion, ni à leur identité sexuelle, ni à leur appartenance politique. Pour deux heures, on fait abstraction de nos différences pour se retrouver dans le même univers et on le répète, encore et encore, simplement parce que ça fait partie de l’expérience. On cherche régulièrement à se rassembler pour la musique oui, mais aussi pour ce lien qui nous unit au reste du monde. On est tous là, ensemble, pour de bon, pareil, jusqu’à la prochaine fois.

Quand je sors d’un spectacle, j’en sors optimiste, je sais que le monde est capable d’oublier la différence, est capable de battre le rythme au même diapason. Je me demande comment les gens font pour se taper dessus sans arrêt pour leur différence quand il existe un terrain d’entente qui nous fait oublier la superficialité de nos différences et nous fait simplement respecter ce que les autres sont, car quelque part, on vibre dans les mêmes cordes. On trouvera toujours une chanson pour nous unir au reste du monde, pour oublier notre orgueil mal placé.

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Amoureux

4 06 2017

Je la regarde là, dans le métro, amoureuse, les yeux qui brillent et ça me manquent. Je ne la connais pas, je le remarque simplement. Je n’ai pas l’envie de ce qu’elle a, j’ai plutôt envie de ce que je n’ai pas. Être amoureux. Dans être amoureux, tu n’existes pas, je suis amoureux de toi, mais tu n’as rien à y voir, depuis longtemps. C’est un peu triste de le constater, avec le temps qui passe. Tu n’es pas responsable de mon état, c’est ainsi comme ça, sans force, je me laisse glisser doucement, mes yeux s’illuminent, les coins de ma bouche tentent d’aller voir ce que voient mes yeux, j’ai l’air heureux, un instant. Puis tu disparais souvent, trop vite, simplement car je ne me lasse pas, j’ai plus tendance à te fuir, tu ne me comprends pas. Tu ne comprends pas pourquoi je suis encore là, pourquoi j’ai l’air d’un lunatique devant toi? Le temps n’y changera rien, je n’y comprends rien. J’aime ta douleur, ton trouble, tes angoisses. J’aime ton sourire, tes mots, ce que tu es. Je ne me pose pas de question, c’est comme ça, tu es là et moi aussi, tu es là et je n’ai aucune raison du contraire. Tu es là, mais il y a que moi qui suis ainsi. Dans l’amour, on ne peut rien y comprendre, ça existe, ou pas. Ça existe parfois pour un, parfois pour l’autre, parfois pour les deux, mais en deux temps, un peu asynchrone, un peu similaire, jamais identique. Avant de découvrir que ce n’était pas ta faute, que c’était moi, que c’est moi qui étais amoureux, j’idéalisais l’amour. J’écrivais des fables sanglantes pour le coeur, des choses tristes qui n’existaient qu’au pays des contes de fées, qui n’existe pas aujourd’hui. J’ai vieilli depuis, je ne me bats plus, je ne me torture plus, je ne fais que remarquer que c’est là, que je n’y peux rien, que parfois ça me fait mal assez pour vouloir fuir et que lorsque j’ai entamé ma course, j’ai simplement envie de me retourner, pour être certain que je ne te perds pas de vue.