Fusion

7 01 2018

Se fondre, ne faire qu’un. Renaitre par le fruit de ce que l’on n’est pas. Donner naissance à l’autre, par hasard, mais surtout par envie. Mon système s’affole simplement à l’idée de te quitter, que pour une seconde, un temps, un respire. Puis j’ouvre les yeux et tu es toujours là près de moi. Dans ce silence monastique, nos bouches ne se parlent plus, nos mains nous cherchent, nos lèvres se touchent, pour se rassurer enfin. Je peux être ce que je suis enfin, sans fin, sans jugement sans peur. Je peux dormir tranquille lors que ton respire me berce jusqu’au matin. J’ai l’impression qu’on ne fait qu’un seul être, un être qui apprend plus vite, qui s’apprend souvent, qui se découvre chaque fois. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ce que je cherchais depuis toujours. J’ai l’impression de m’être trouvé moi, de t’avoir fait une place, car tu m’as laissé la même dans ton coeur. Je n’ai peur de rien, je crois que je me suis laissé aller dans tes bras sous tes baisers. Je te désire chaque moment qui passe, le temps n’existe plus, mais la vie passe vraiment trop vite. Je mettrais tout sur pause, car je n’ai jamais assez de temps pour apprécier celui que je passe avec toi.

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Les petites maladies mentales

13 10 2016

Je suis là sur le divan, incapable de me concentrer, j’ai la tête qui déraille, à gauche, à droite. Je me sens pris au piège, obligé, je ne peux pas rester là. Je ne sais même pas pourquoi je viens écrire ici, je ne sais même pas ce que je suis censé écrire ici, j’ai joué avec mes petites maladies mentales et me voilà, encore à tapocher des mots sur un clavier qui me reconnait par mes empreintes digitales. Des petites maladies mentales, on en a tous, des petites manies obsessives qui des fois pourrissent notre vie, des fois nous font sentir bien. Par le passé j’ai eu des petits moments où ça ne servait à rien, classé des punaises par couleur sur un tableau de liège, classé tous mes achats compulsifs en ordre alphabétique, acheté compulsivement, d’abord des CDs, puis des DVDs. Aujourd’hui tout ceci est disparu, sans laisser de trace, sinon que j’ai des CDs et des DVDs bien classés et faciles à retrouver. Je ne classe plus, je n’achète plus ces trucs. Aujourd’hui ce qu’il en reste, peut-être les livres, mais les livres je passe à travers, il ne reste pas sur une tablette, je lis, puis je passe au suivant et mes livres se promènent de mains en mains. J’ai concentré ces obsessions dans mon travail, j’analyse des données, des tas de données que je classe, pour les autres, ceci me sert énormément, avec ma tête toute logique, je vois des tendances dans ce que je classe, ça sert, croyez-moi. Aujourd’hui, j’ai remarqué une autre petite maladie, un petit truc que je faisais avant au boulot et qui est rendu chez moi. C’est aussi un peu la raison pour laquelle je suis là à écrire encore ce soir, à ne pas être capable de rester devant la télé à regarder le vide, c’est pour ça aussi que j’ai marché en revenant du boulot, que j’ai lu 30 minutes à mon réveil, et que ces habitudes perdurent depuis une semaine déjà. Au boulot, quand je suis un peu trop débordé par les demandes qu’on me fait, je fais une liste, la liste me permet rapidement de gérer mon temps, de mettre les choses en place, mais surtout, de terminer la liste, parce que je déteste laisser des choses en plan sur une liste.

J’ai téléchargé une application sur mon iPhone, Habitify, qui me permet de faire des listes, des listes de choses que j’ai envie d’accomplir, apprendre, créer, écrire, lire et qui me fixent des objectifs selon ce que moi j’ai déterminé… Faire une nouvelle recette par semaine, faire 30 minutes d’exercice, lire 30 minutes. Ça peut peut-être paraitre anodin, mais depuis que j’ai fait cette liste, j’ai vraiment beaucoup de temps pour moi. Ah oui, j’oubliais, dans la liste c’est aussi écrit… Écrire un long texte le weekend (+800 mots) et un petit chaque jour (800- mots). Merci petite maladie mentale!





Je lis

12 10 2016

Je lis. Je ne fais que lire page après page, je me raconte des histoires. Des histoires de guerre, d’après-guerre, des histoires d’amour, des histoires de famille. Je lis des histoires d’ici, surtout, des histoires qui me ressemblent, m’ont ressemblé ou qui sont complètement différentes. Je découvre une vie qui n’est pas la mienne, une vie où je n’ai pas à me plaindre, une vie inventée, plus colorée que celle que j’ai. Je lis des histoires de papa mort et je pleure, je pense à mon père, je pense, à ma mère qui pense à mon père, je m’interroge sur la vie, sur la mienne, sur ce que j’en fais. Je lis des histoires étrangères, de gens qui sont venus habité ici, qui sont bien parce qu’où ils étaient, il ne neigeait pas, il pleuvait de bombe sur leur tête. Je suis là à me regarder me goinfrer des histoires des autres, ça me rend heureux, j’ai l’impression de partager certains moments de leur vie, ce qu’on veut bien me laisser voir. J’envie les gens qui écrivent leur histoire, ils ont le goût, le temps, la discipline pour le faire. Puis je me trouve chanceux, de pouvoir lire, de pouvoir les consommer, les uns après les autres, Marie Demers et sa fuite du deuil dans In Between, Maya Ombasic qui aime son père d’un amour inconditionnel dans Mostarghia, Guy Delisle en images et en mots dans les chroniques birmanes et j’en passe. Tant de plaisir, tant de déception de tourner cette dernière page chaque fois, c’est comme mourir un peu, le dernier souffle d’une histoire qui me manquera, car je ne relis pas mes livres, je m’en souviens, je les donne pour en faire profiter qui voudra bien les lire. J’écris et je pense à lire, m’enfuir de ma réalité, de mes mots si souvent partagés, si souvent similaires, usés par le temps, usés par ce qui a été mon passé. Je lis pour fuir moi aussi, pour laisser le temps passé sans moi, pour m’appuyer sur quelqu’un qui a quelque chose à me raconter, qui le mérite, qui provoque chez moi tant d’émotions. Je lis tout, sur tout, il me manque d’yeux, de cerveaux, de temps pour tout lire tout apprendre. Le temps file, comme dans ces livres, à plus ou moins grande vitesse. Le temps d’un livre qui devient pour moi un arrêt dans le temps, où je n’ai plus besoin de penser, ou je prends mon temps. Je vais lire.





La solitude

10 10 2016

J’avais 25 ans, je revenais la tête basse à la maison, mes pas avalant le trottoir, plus j’avançais vers la maison, plus mes yeux se remplissaient d’eau. Je finissais par m’effondrer, en larme et sur mon futon, j’étais seul depuis la première fois depuis 25 ans. Je goutais pour la première fois à ça, ayant quitté le foyer parental un an plus tôt pour habiter avec ma copine de l’époque, avec qui j’étais ça faisait près de 3 ans et que je l’ai quitté par manque d’amour dû à son absence prolongée dans ce qu’on peut appelé une vie de couple.

La solitude, après 25 ans, rentrer seul, n’avoir personne qui nous attend, personne à attendre, c’est la même solitude qu’après un autre 3 ans en couple, ça écorche vif mon âme déjà solitaire. J’ai toujours été solitaire, dans ma tête, dans un univers où tout était possible. Petit je me creusais des châteaux fort dans la neige que le camion avait laissée dans la cour, plus il neigeait, plus je creusais, j’y passais des heures, ça finissait toujours par s’effondrer, souvent sur moi, je me souviens du poids de la neige sur moi, du froid, d’y penser reste réconfortant, comme la plupart de mes souvenirs d’enfant. Quand on rentre, quand on est seul depuis la première fois, on comprend ce poids sur la conscience, cet instant où on est livré à nous même, on est seul, tout est toujours possible. J’ai trainé dans cet appart longtemps ce poids sur mes épaules, chaque retour du travail était pénible, lourd, un trajet de cinq minutes interminable entre la station de métro et mon appartement, l’impression de marché pieds nus dans de la vitre cassée. Puis ça a passé, un jour, comme ça, sans que je comprenne vraiment pourquoi, je me suis retrouvé, souvent après m’être perdu dans l’alcool, dans les mensonges à moi même, dans tout ce qui n’était pas moi. Comme si pour m’en sortir, je devais toucher le fond, mon fond à moi, on en a tous un différent. Il fallait que je m’écoeure moi même, que je finisse par ne plus me croiser dans le miroir, par ne plus me regarder, par fuir mon image. L’impression d’être un vampire sans image dans la glace, l’impression de ne plus exister, de ne plus être, de ne plus savoir ce que je voulais pour moi. Puis je redécouvre doucement, qui j’étais. Je me suis simplement laissé aller à mes passions parfois étouffées, à découvrir des nouveautés, des passions différentes, à vivre quoi.

Depuis, j’ai eu deux autres relations, qui m’ont laissée dans le même état, identique, pareil, seul. Comme un vide, laissez par une pioche dans mon coeur de roche. Comme si je cédais ma place dans un bus, comme si on m’avait volé mon image dans la glace, jamais totalement, je suis quand même moi, mais pas entier, comme une partie de moi endormie, un moi latent dans un corps en vie. Je pourrais blâmer la terre entière pour ces moments d’égarement, mais je ne peux blâmer personne, même pas moi, simplement parce qu’avant je ne savais pas, je ne m’en souciais pas, j’étais inconscient de cet enlèvement. Je me cachais à moi même, sans raison valable, peut-être juste par peur de créer, d’être, d’avoir ma place. Comme une procrastination générale de moi à moi. Je me suis mis sur pause le temps d’une prose, d’un instant de poésie, d’amour, de fuite. Se sauver de soi-même, faut le faire quand même, un moment d’absence momentané qui fait qu’on s’ennuie, on s’ennuie de soi-même, parce qu’on c’est pas vu depuis longtemps. Le vide que ça crée en l’absence de bruit extérieur, de gens, d’alcool, d’habitude, c’est effrayant, je me dis qu’à 25 ans, quand je suis rentré chez moi en pleurant, j’imagine que j’avais simplement peur, peur d’être seul avec moi. On finit par oublier qui on est, on sait que le réveil ne sera pas facile, mais il est nécessaire.

Hier, j’avais une soirée dans un bar, je ne suis pas allé. Au début, je me cherchais des gens pour m’accompagner, puis personne ne pouvait, ne voulait. Tout l’après-midi, j’avais passé mon temps à me dire que ça ne me tentait pas, mais que c’était un moment spécial pour les « copains » là-bas. En début d’après-midi, j’étais allé bruncher avec moi-même, m’étant procuré « Chronique birmane » – de Guy Delisle, je me suis assis au comptoir (mon endroit de prédilection dans tout restaurant), puis j’ai lu, café au lait à portée de la main, j’ai mangé, puis je suis parti à la maison avec quelques bouquins et l’estomac bien rempli. Le soir, j’ai finalement fui la soirée, je suis resté avec moi-même et j’ai dévoré ma BD, pour m’endormir sur le divan par la suite. Une belle soirée avec moi-même. À refaire!





Un film triste, ou pas…

19 09 2016

C’est un élan mélancolique qui me traine hors de mon divan. Où les vagues musicales déferlent bien plus que les images. Les dialogues tristes ont leur effet lacrymal. C’est toujours la même chose quand ce film joue trop souvent. Je repense à tout, à toi, m’accrochant, m’acharnant à retenir le moindre souvenir. Ton odeur m’a quitté il y a déjà un moment déjà. Les images défilent comme les mots, comme notre histoire, comme si quelqu’un avait simplement vu ce que l’on était devenu. On ne garde juste que le beau. Je m’efforce de trouver ce que je n’aimais pas, ce que je pouvais détester et je le déteste encore, tout autant, avec plus de hargne encore qu’avant, parce que tu n’es plus là pour briser le silence. Il ne reste que moi, moi et ton silence, ton silence et moi. Je rêve de tes mots, de je ne t’aime plus, de j’ai rencontré quelqu’un, d’un amour mort, de fatigue, d’habitude, de certitude, mais n’obtiens toujours et sans cesse ce cauchemar sans un bruit. Le même que lorsqu’on se réveille et que l’on crie, que l’on tente du moins sans un son qui ne puisse se faire entendre. Ce n’est pas notre histoire, ce n’est pas notre musique, c’est ce qui provoque cette grisaille de nuit. J’observe le jour prochain, où je n’aurai plus de mot, où il sera trop tard, où j’aurai épuisé l’encre qui coulait dans mes veines à ton égard.

Sur un air de:(500) days of Summer… Le film, la trame sonore.





Faites du bruit

18 09 2016

La solitude et le bruit me réveillent de cette nuit. Pas mon chat, qui respecte mon sommeil à la veille de cette fin si proche d’une errance totale. Cette fin où j’ai mis du bruit, simplement pour ne pas entendre mes pensées, simplement pour oublier que j’existais un moment. Le bruit, je le consomme par peur d’affronter le silence. Ce silence où seul je suis confronté à mon plus grand ennemi, moi-même. Mon plus grand adversaire, celui que je suis, celui que je voudrais être. Cette envie de tout lâcher, qui me donnerait surement d’autres problèmes à surmonter. Avoir peur d’être, de sentir, de vivre à nouveau, enfin. Je mets du bruit auquel je ne m’intéresse pas, ou si peu. Je bois du bruit pour ne plus me sentir, ou pour sentir mon esprit s’évader, encore un peu. Mille et une façons de me sauver de moi, chaque fois plus similaires que la précédente. Je n’ai plus l’imagination de la fuite, je n’ai plus d’idées inventées pour disparaitre temporairement, pour m’effacer, me faire invisible, me faire oublier le temps que je renaisse de mes cendres. Je suis brulé, fatigué, lasse de vouloir, trop épuiser pour oublier. Je ne veux pas devenir gris, je ne veux pas être fade, morne, triste. Je veux… Je veux… J’ai repris quelques mots que j’avais encore en bouche, en tête, en moi, pour te les raconter à toi. Pour me sentir autrement, pour les sortir doucement de moi, un à un enligné sur une ligne différée, où chaque mot qui précède est déjà passé et où le suivant n’existe pas encore. Le poids des mots martèle mon âme, m’assomme, m’assassine. J’accrocherai mon plus beau sourire demain, pour faire semblant que tout s’est bien passé, en fait, tout est surtout passé. Le bruit d’un sourire sur mon visage, comme un leure pour tromper, mais pour ne tromper que moi. Ça ne durera qu’un instant, l’instant d’entendre le bruit des autres, me taire. Garder le silence, espérer que tout change, rester immobile. Regarder le cadran qui sonne l’heure du départ, partir enfin. Recommencer. Encore. Parce qu’au fond on aime un peu ça, du moins on aime le bruit que l’on met dans notre vie. Qui a tué l’homme que j’étais, qui m’a laissé sans vie, sans rêve là dans ce qu’on appelle la vie? Qui est resté là à me regarder me détruire doucement, à me contempler de haute sphère, à souhaiter ma mort doucement, lente, prolongée. Je ne veux pas de ça, je ne veux pas mourir, pas maintenant, pas dans cet état, piteux comme état. C’est le temps de briser le miroir.





J’itinérance

20 06 2016

Je laisse trainer des mots vides, simplement pour ne pas oublier comment écrire. J’ai pensé utiliser ce livre où les idées ne manquent pas, mais je suis tombé au hasard sur un truc qui parlait de mariage, je me suis dit que c’était pas nécessairement bon pour moi de me décomposer là-dessus aujourd’hui, comme ce ne l’était pas pour moi hier et probablement demain non plus. Le plus près que je sois passé du mariage, c’était des fiançailles, peut-être beaucoup trop jeune, pour elle. Elle venait d’être libérée de son foyer parental et je lui laissais aussi sa liberté, elle c’est envolée. L’autre moment, c’était des femmes mariées, où on jouait de charme tant que la réalité ne frappait pas. Elle frappe toujours la réalité. Pour moi c’est toujours le matin, très tôt, en même temps que le soleil se lève sur une nouvelle journée. J’aime aimer, j’en suis peut-être amoureux de ce sentiment. Je choisis quand même qui j’aime, peut-être à tort, peut-être de travers. Trop de questions s’imposent à moi. Je suis maitre que de mes sentiments, me valeur, mes rêves. J’ai toujours rêvé d’enfant, de mariage, de famille. J’ai toujours rêvé, de passion, d’amour, d’amitié. Aujourd’hui seul devant moi, je me regarde, un peu triste de ce qu’il me reste, un peu nostalgique de ce qui est passé, qui ne repassera plus, des bribes de bonheur parfois plus longues les unes que les autres. Mon image se décompose dans la glace, la chaleur immense me fait perdre la tête. Je tournoie puis m’assois un instant pour penser à moi. Où me suis-je mis, dans toutes ses histoires. Je suis l’itinérant en quête d’amour et parfois, on me lance avec dégout une poignée de mécènes. J’ai la parabole agile, mais rien ne dure, tout s’envole, comme ce que je suis, j’oublie, j’oisive seul sur ma branche. La seule chose que je me souvienne, c’est que je n’arrête pas d’oublier, de m’oublier. J’hypothèque à frais virés ma conscience loin d’être tranquille, me disait que l’intérêt viendra plus tard, que j’en tirerai des bénéfices, qu’un jour je deviendrai un arbre fruitier. Tout le monde aime quand l’on fructifie. Je me réveille, souvent trop tard, au pied de l’arbre trop sec, trop vide, comme un arbre… bien trop seul.