T’utiliser

21 03 2016

Pourrais-je t’utiliser? S’il te plait. Comme bon il me semble, simplement parce que l’on se ressemble. Simplement parce que me mots s’inventent sur toi. Je suis Picasso et toi la toile, ou l’idée derrière ce qui s’y retrouvera. Tristement, parce que mes mains ne peuvent toucher ta peau, que mon clavier me sépare, me garde loin, distant, seul. Parce que j’imagine avec toi, sans toi. L’un ne me plait pas plus que l’autre, mais j’aime ce qu’ils provoquent. Mes idées s’entrechoquent, se frappent, se touchent du revers de la main, me faisant frissonner, rougir. Gêner, d’être déjà en train de le faire sans y avoir été autorisé, t’utiliser. D’une main dans tes cheveux et de mes lèvres dans ton cou, je m’égare, ma demande n’a plus de sens, j’ai dépassé cette ligne, imaginaire, entre le vrai, le moins vrai, celui qu’on tait, celui qu’on dit trop haut, trop fort, trop souvent. Je tente de contrôler mes pulsions, mes pensées, mes doigts qui parlent de toi. C’est impossible, c’est plus fort que moi, c’est peut-être facile, c’est peut-être sans raison, c’est ça, je n’ai plus ma raison, ou de raison de le faire, ne pas le faire. C’est peut-être juste à cause de toi, tu existes donc je sens, je sais, je te connais, depuis un jour, depuis toujours. Reste, ce n’est quoi moi qui t’utilise, pas méchamment, simplement, parce que tu raisonnes, surement plus que moi. Parce que je déraisonne, c’est aussi simple que ça. Ça n’a rien de méchant, de déplaisant, je t’ai entendu, frémir sous mes lèvres. Je t’ai écouté frissonner sous mon baiser. Je t’ai entendu, quand dans la fermeté de ma main, tes cheveux emprisonnés te rattachaient à moi. J’ai senti ta proximité et je me suis empoisonné, à jamais d’un parfum qui n’est pas le mien. Je paralyse, à l’idée de l’avoir encore fait, sans même que tu m’autorises, de mettre, là, simplement en mot parce que c’est tout ce qui me reste, parce que c’est tout ce qui me reste. Ai-je vraiment besoin que tu me dises que je le peux, quand quelque part, rien de tout ça n’existe vraiment? Parce que, même si mes lèvres, se détachant de ton cou, glissaient à ton oreille et que d’une autre main sur ton ventre, me réchauffant l’être, que mes mots, doucement à ton oreille s’accumulent simplement pour affirmer que j’allais t’utiliser.

Publicités




Le temps file

25 02 2015

Le temps file et je m’y accroche sans grâce, les doigts dans la glace, je glisse doucement, vers un sommeil jamais assez profond. Le temps file, les mois qui défilent, me font vieillir sans cesse, sensation subite de sombrer dans un tourbillon sans vraiment de direction. Je n’accumule plus les brouillons, je n’accumule que les mots dans ma tête, ceux que je n’ose dire, ceux que je ne couche plus sur ce papier informatisé. Je ne veux pas devenir l’ombre d’un blogueur déjà actif, dans un passé composé de temps, de phrases et de sentiments. Je me suis ennuyé de moi, je me suis tait trop de fois, ligoté sur le divan, un bâillon entre les dents et la fatigue qui me lie les pieds et les mains, la fatigue comme seule excuse de remettre mes maux à demain. Je reprends un peu de moi, je me suis écouté me dire de sortir, j’ai obéi. Je suis allé me réfugier dans un bois, trappeur urbain, je me suis perdu au loin, le plus loin que je pouvais, à bout de souffle, au bout de moi. Je suis allé le voir juste avant de partir, une triste image qui me rappelle son sourire. La dernière fois que j’étais allé le vois avant de partir, c’était lui qui s’en allait, pour de bon, pour toujours. Sur la grosse roche devant l’arbre en V, je me suis échoué, autour de moi il n’y avait que des arbres, de la neige, le vent dans les arbres et sa main sur mon épaule. Sa main… et sa voix d’outre-tombe qui me disait doucement à l’oreille « N’aie pas peur! » comme pour me rassurer, comme avant. J’ai séché les larmes qui gelaient sur mes joues, j’ai mis à mes pieds des raquettes de bois métallique et de babiche plastique, puis j’ai marché, à en perdre le souffle, l’humeur et à entendre en bout de ligne que les battements de mon coeur qui voulait sortir, me dire, me laisser savoir qu’il ne s’était pas arrêté, comme si j’en avais douté. Je suis allé chercher un peu de force qui trainait par-là, un peu de force qui venait de toi, pour moi, pour eux, pour nous tous qui ne t’avons jamais oublié, la force brute que tu nous donnais simplement pour avoir la force d’avancer, de changer, de continuer. Tu sais, le temps file, mais un rien nous sépare, un souffle, un gouffre, un battement, une simple envie que tu sois là.





Je rêve parfois…

1 06 2014

Je rêve parfois de me réveiller dans tes bras. Ton coeur, ton corps ne répondant qu’à mes mouvements, lentement, doucement. Je rêve parfois que tu m’acceptes comme je suis, comme j’accepte ce que tu suis, ce que tu es, ce que tu veux que l’on soit. Je rêve parfois, que ce soit la première fois qu’à nouveau tes lèvres se déposent sur les miennes, que ton corps tu ne retiennes, de ne faire qu’un avec moi, te souviens tu de la première fois? Je rêve parfois, seulement pour un moment, que je trouve celle qui s’approche de moi, doucement, en se foutant du temps, du printemps, un doux moment, près de mon ouïe, j’entends les mots qu’elle me dit. Je rêve parfois, par moment, par étape, car tout ne peut arriver en même temps, il faut savoir se donner le temps. Je rêve parfois, d’aller chez le libraire du coin, faire le tour de tout le magasin, et de me retrouver là, sous tes yeux, simplement parce que c’est toi qui m’inspires et que j’ai eu les mots pour le dire. Je rêve depuis toujours d’avoir les enfants que j’aimerai d’amour, que je n’ai jamais eu, de tout ce temps que j’ai perdu. Je rêve d’avoir les deux pieds dans le jardin, d’avoir les rides sur le visage et les mains, de sentir la terre et sa moiteur, puis ta présence. Je rêve encore, d’avoir les pattes d’oies sur le coin des yeux, parce que tu m’auras trop faire rire, tu le sais que tu le peux. Je rêve de mourir en paix, dans l’amour de ceux qui me sont près, en sachant que lorsque je fermerai les yeux, tu me diras doucement… je t’aime mon vieux.





Tourbillon fait maison

17 05 2014

Je me souviens, lorsque j’étais petit, ma mère utilisait souvent le lavabo de la salle de bain pour y faire tremper des trucs; bas, brosse, peu importe, le souvenir que j’ai est plus lié à la fin du processus. Quand le trempage était bien terminé, que les items avaient été retirés et que ma mère tirait sur la petite chaine qui tenait le bouchon du lavabo bien au fond, c’est là que la magie se produisait. Par chance, les tuyaux où j’habitais étaient toujours un peu bouchés, ce qui retardait le vidage du lavabo, ce qui accentuait l’effet qui me gardait, les deux mains bien accrochées au lavabo pour ne pas y passer, les yeux bien rivés sur le tourbillon qui aspirait tout ce que le lavabo contenait. Le mouvement qui s’entamait était plutôt lent, au commencement, puis s’accélérait à chaque tour que les débris faisaient, qui tentait de s’accrocher à chaque tour à l’espace auxquels ils n’appartenaient même pas, n’ayant pas de port d’attache, de point d’appuis, de pied à terre. Mes yeux s’accrochaient eux, à un de ses objets flottant non identifiés, effectuant les mêmes ronds que lui, créant ce lien éphémère durant cette spirale aux enfers. Mes yeux ne lâchant pas un moment, tant qu’il ne disparaissait pas dans le grand trou noir, mes mains s’accrochant avec espoir, de le sauver, de m’en sauver. Puis déception, moi toujours accroché, lui disparaissant, me donnant autre choix que d’accrocher mon regard sur une autre parcelle d’espoir, ne comprenant jamais vraiment pourquoi je m’acharnais chaque fois à obtenir le même résultat, à recommencer, encore et encore, jusqu’à ce que le tout soit vide, que déçu, mais sans plus, je parte doucement m’occuper à autre chose que font les enfants. Aujourd’hui, avec le recul, je me dis que c’était peut-être un message, ce tourbillon fait maison.





Et ça tourne

23 10 2012

Je retourne chez moi, laissant derrière moi des vacances, des rencontres, des paysages pleins la vue, post apocalypse perpétuelle d’images, mon paradis. Je me rencontre que je suis bien, je suis loin. J’ai besoin de ces gens autour qu’en petites doses, par petites bouchées, mais c’est pareil chez moi. Je peux me lever et avoir envie de désert, je ne suis pas mangeur de dessert de toute façon. Plus d’une semaine et je revois en boucle des terrains vides, mais en même temps remplis d’histoire, de vécu, de mort. Je me retrouve chez moi, sans comprendre rien aux gens, aux mots, aux écrits partout. Le café goûte autrement, mais en rafale on s’habitue. Le temps me fait reconnaître les gens, les lieux, comme si j’y avais toujours vécu. Je suis bien, souvent seul, je me laisse vagabond dans des rues qui n’ont pour moi pas de signification, qui en prennent avec le temps, avec le vent de la mer qui me souffle à l’oreille qu’elle m’attendait enfin. Je suis dans ce café, il est précisément 12:34, la chanson qui m’avait donné le goût de l’Islande résonne dans la pièce, derrière le comptoir d’une voix magnifique, la serveuse chante avec perfection par dessus Emiliana Torrini. Je regarde l’horloge à l’extérieur et je pleure, je suis bien, j’y suis enfin. Un frisson parcourt tout mon corps, j’en veux encore, je veux de ce bonheur, de cette vie, c’est ma première journée ici. Les autres journées, j’en veux toujours plus.





Ce matin…

9 10 2012

C’est mon tour maintenant de me réveiller, de te voir dormir sur le ventre, de te caresser le dos, descendre sur tes fesses, tes cuisses… Glisser ma mains doucement entre tes cuisses, sentir la chaleur qui provient de tout ton corps, me coller à toi pour que tu sentes le plaisir que j’ai à te regarder, te toucher…

Te sentir t’ouvrir à mes caresses, lentement, comme ma main sur ton sexe qui commence à me laisser savoir qu’il apprécie ce que je lui fais. Mes doigts qui glissent doucement et fermement sur ton clitoris, un doigt qui s’insère en toi, pour te sentir encore plus chaude, excitée, excitante…

Mon bassin qui se frotte a toi, je suis excité par toi, je n’en peux plus, je me lève doucement, je me mets entre tes jambes, mets mon pénis contre ton sexe, me couche sur ton dos pour te sentir, ta chaleur et ton plaisir en même temps. Prendre le temps de t’embrasser, embrasser ton cou. Je glisse mon pénis contre ton sexe, dur d’envie de toi. Ton sexe humide ne m’invite qu’à m’insérer et je ne peux rien lui refuser. Naturellement, le bout entre doucement, facilement, tes fesses se soulève un peu pour s’assurer que je ne te quitte pas, que je m’insère bien profondément en toi, toujours collé à ta peau je m’enfonce, profondément, prennant le temps de bien te sentir, chaque millimètre de ton sexe qui accepte le miens. Quand je suis bien au fond de toi, je ne bouge plus, pour sentir le plaisir de nos corps qui ne font qu’un. Avant de me retirer complètement, et de sentir les mouvements de ton bassin qui m’invite à revenir, ce que je fais bien sûr,  avec un peu plus d’énergie, car j’ai faim de toi, je ne veux pas que ça arrête, je m’enfonce encore en toi, et encore, toujours aussi profondément, toujours plus rapidement, t’embrassant, nos bouches se cherchent, se veulent. Puis, je te colle au lit, te retenant les bras, te maîtriser, te sentir à ma merci, pendant que je te pénètre encore et encore. Il fait chaud et le plaisir ne fait qu’augmenté, ne fait que nous rapprocher de se plaisir extrême, qui il vient, je laisse tes bras pour me recoller à toi, trouver ta bouche et me laisser venir profondément en toi, sentir ton tremblement, ton plaisir.

Satisfaits, nos corps roulent sur le côté, pour apprécier la fraîcheur du matin et se rendormir en paix.