Une fin d’ours

11 01 2016

Je garde mes mots pour moi, histoire de ne pas faire d’histoire. C’est complexe, pas nécessairement compliqué, mais complexe, comme si ce que j’ai toujours voulu écrire me piégeait tout à coup dans un racoin, une forêt isolée où seul le vent chuchote encore ce qui me traverse l’esprit. Cet esprit monstre qui va dans tout les sens pendant que moi je reste en place, immobile, à regarder passer le temps. Je me surprends même à ne pas croire au 500e, comme si la faim m’assaillait, comme ça par surprise, assis devant un buffet gargantuesque, mais la bouche cousue, que le nez pour respirer. Je me suis tue, pas du verbe tuer comme le suicide, mais le verbe taire, le synonyme de terrer. L’hiver trop tard, l’absence de médication, la vie, tout me laisse dans mon monde, dans cet univers où se déroule mes rêves, où je suis condamné à simplement ne plus écrire. J’ai l’envers de la médaille effacer par le temps, il ne reste que ce que l’on voit, de toute façon l’autre coté ne plaisait pas ou peu. Était incompris ou incongru, tout dépend de qui en faisait la lecture. Je lis les mots des autres par faim de ne pas vomir les miens. Je ne sais plus comment manger, comme sans bras, sans bouche ou sans estomac. La mousse me pousse dans mon visage à force de saliver devant toute ces idées. J’ai perdu quelque chose, quelque part, à un certain moment de l’histoire. Ce plaisir à mourir de faim sans fin. À ne boire qu’au cliquetis d’un clavier délaissé. Je ne veux pas sombrer dans l’oubli, même pas l’instant d’un moment où je ferme les yeux. Je veux brûler les aliments comme avant, les consumer avant de les consommer avant que le printemps arrive, avant qu’hiberner ne se transforme à mourir de fin.

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L’homme longe les bords

5 10 2012

Je savais pas si c’était les bars ou les bords, je me suis simplement rendu compte que dans ce restaurant donnant sur la plage, les gens étaient autour, pas au centre. Le centre est fuit sans raison, il est vide, froid et inconfortable. Les gens qui rentrent, après les autres, figent de voir que les bords sont pris, que le centre est disponible, qu’ils seront le centre d’attention comme si autour on y faisait vraiment attention. Quand les bords sont remplis, le centre en devient t’il pas bien plus sécuritaire, comme dans les châteaux, les forteresses? On ne s’y réfugie pourtant rarement, je protège mon dos, je suis un d’un bord voyeur et jamais exhibitionniste. Dans un bar voyageur, en simple touriste.





Laisse croître

2 09 2012

C’est un matin lubrique, alcoolique où j’écris cette rubrique un peu plastique et de façon mécanique. Plastique de faux que l’on alimente de laisser croire, faire croire, qui se termine bien plus souvent en laisser pour contre, seul dans un coin. Sans statique, on s’adapte comme des adeptes un peu sataniques simplement parce que dans le temps, quelqu’un l’a pris un peu pour nous regarder dans les yeux. On ne fuit jamais ce que l’on devrait, ce que l’on connait, ce que l’on redoute, mais qui nous donne un peu de son attention. On reste et on se soumet, se modèle, à notre idole, on s’y colle, sans jamais bien comprendre ce que l’on a fait de nous même. On s’est oublié, négligé, abandonné, soi-même au grand manque de respect de ce que l’on était. On existe plus ou rien qu’un peu, au fond de nos propres yeux, au fond de ce que l’on est vraiment, mais que l’on tait trop souvent.





Les arbres immobiles

8 07 2012

Je me suis battu, sans être vraiment blessé, je sors un peu de ce qui a été une pause, un arrêt sur image, l’aiguille qui touche le E et je croyais qu’il restait encore au moins 20 kilomètres. J’ai fait fausse route? Non, le temps d’un simple arrêt, je me retrouve là, dans la même voie que j’ai empruntée, choisie. Les arbres ne vont plus à la même vitesse lorsque le moteur est arrêté. On regarde dehors ou on sort, le ciel si vaste n’est que prometteur, un vent frais sous un soleil chaud, de folles idées parcourent ma tête, une saine folie sur une scène statique. Je respire l’air qui transporte une odeur de bois brûlé, la réconfortante nature, je me devais d’arrêter, tout allait beaucoup trop vite, un arbre, ça ne bouge pas vraiment.





Reset

16 06 2012

J’ai changé les choses, j’ai changé mon confort, mon pied-à-terre, 11 ans de ma vie avec les mêmes gens, les mêmes intentions. Je regarde derrière et seulement que quelques personnes me manquent vraiment, peut-être dû au vide d’humanité, de proximité, de relation. On ne peut pas être vraiment soi même avec tout le monde dans un milieu où on est appelé à être professionnel, à diriger les gens, à se soumettre aux valeurs qui ne sont pas toujours les nôtres. J’étais un peu fatigué de ses valeurs qui n’étaient pas les miennes, je suis parti, sans claquer la porte, dans l’intention de ne troubler personne, je suis comme ça, je n’aime pas déranger. Ce n’est pas toujours bon de ne pas vouloir s’imposer, dans sa vie amicale, dans sa vie amoureuse, c’est pour moi souvent « as is » sinon ça ne marche pas. J’ai coupé ami, travail, pour redémarrer ailleurs, pour redémarrer dans un environnement où le moi d’il y a 11 ans n’existe pas dans la tête des autres. Sans perdre mon identité, rumeurs et ragot sont simplement disparus. « Tu sais Crow, c’est un tombeur, il en a vu des femmes ici au travail! » vrai ou pas, je n’ai jamais confirmé ou infirmer ces dires, par manque d’intérêt, mais aussi parce que je sais bien qu’un non dans la tête de bien des gens laisse simplement un doute sur la réalité, même quand elle sort de la bouche de l’être concerner. Je suis donc parti, nouveau moi, vers un nouveau défi, une passion de travail qui traînait et que je ne respectais pas depuis les 6 dernières années, par peur, mais surtout parce que je ne voulais pas faire n’importe quoi, je voulais du précis et j’ai saisi l’occasion. J’ai un nouveau chez moi de travail, devant un parc, plein coeur de Montréal, c’est déjà inspirant. J’ai de nouveaux collègues, plus que je ne suis capable d’en nommer pour le moment, cinq jours c’est quand même court pour se sentir chez soi. Je suis dans un vide de connu, la seule chose que je connais dans mon travail, c’est qu’il faut que je travaille et ça je ne m’inquiète pas trop. J’ai comme un vertige dans ce vide qui m’entoure, je ne connais personne, qui suis-je? En fait la question qui se pose maintenant à moi, c’est plutôt comment arriver à ce que je suis.





Premier

4 12 2011

Être le premier, se démarquer, sortir du lot pour se faire remarquer. Ne pas apporter de réelle différence, sinon que le silence. Être vénéré par des gens qui aimeraient être premiers, être oublié par la masse qui n’en a rien à cirer. Avoir réussi, au dessus de tous ceux qui voulaient la même chose, avoir réussi dans ce que l’on voulait aussi. Être le seul, l’unique, maintenant, pour combien de temps? Être devant, décider, contrôler la masse derrière, dernière. Être le seul, être seul. Atteindre, goûter, savourer, arriver au bout de tout. Atteindre un but, le bout. Ne pas voir autour, ne pas attendre notre tour, ne pas s’ouvrir, souffrir. Ne pas avoir la force, la masse, le groupe. Ne représenter personne, ne représenter que soi, égoïsme par choix. Ne pas s’unir, devenir, ne pas avoir le poids, finir derrière de quelques pas. S’allier à soi, ne pas comprendre pourquoi, s’isoler, devenir seul, penser que c’est bien. Arriver au bout de sa course, au bout de sa vie, être vide, mourir.





Le mouvement

16 08 2011

C’est que lorsque j’ai arrêté que je l’ai aperçu, d’une certaine lenteur, mais toujours présent, le mouvement. Un jour, il a resté que mes doigts qui pianotaient ici et là, allongeant les temps d’arrêt entre chaque répétition, mes mots se faisant plus rares, mes phrases dispersées et mes textes de plus en plus absents. J’ai arrêté ce que je connaissais le plus, tourner en rond, un instant, longtemps, souvent, sans un réel moment de recul comme maintenant qui fait que je comprends. D’un pas devant, derrière, je me suis immobilisé, essoufflé de courir, de pleurer, d’être toujours à la recherche de quelque chose, quelque part, quelqu’un. J’ai regardé de tout coté, simplement pour me rassurer, me rassurer que je recherchais toujours et j’ai continué, lentement dans le temps, comme cette horloge grand-père qui bat le temps de sa cuillère, va-et-vient incessant, derrière, devant, derrière, devant. Mon pied faiblit bien moins rapide que mon coeur qui n’en peut plus. Je ne sais pas si c’est toi qui m’as arrêté ou bien si c’est moi, amer amour et triste amant, qui me suis brûlé quand je me suis trop souvent approché. Peu importe, c’est la vie qui m’emporte, doucement, me disant simplement attend. Attends, ne t’es tu pas regardé un instant? Devant la glace mon coeur de glace prend toute la place, l’espace. La peur qui coule de mes prières bien vaines m’immobilise maintenant, mon regard n’est plus que mes yeux et cette tristesse d’avoir perdu ce que j’avais de plus cher dans tout ce mouvement. Mes mains bougent toujours, je ne suis pas mort, mes doigts toujours remplis de passion tapent doucement des mots qui me rappellent souvent, comme un vent de printemps d’un matin gris où l’on entend la pluie. Comme sur la glace, à ma fenêtre enfin je l’aperçois, lentement se dessinent les contours de la personne que j’avais depuis longtemps perdue. C’est de passion et d’hésitation que mon reflet déambulait enfin. Comme un peu vide, comme un peu clair, je me suis revu enfin, vu sans vouloir me cacher, mais avec une certaine peur d’avancer.