Faim

15 04 2012

Je ne vous nourris plus, car j’ai faim. J’ai faim, du lever le matin jusqu’au coucher le soir. Toujours sans discrimination, je mange, mais j’ai faim. J’ai cette faim de vie avant que le temps ne me donne cette fin de vie, j’ai envie, simplement un instant de manger à ma faim. J’enregistre mes brouillons qui restent dans le brouillard, j’accumule les rimes simples, le sourire dans le regard. J’ai envie d’autre chose, j’ai envie de toi. J’ai envie tout d’abord de moi. J’erre sans cesse dans le temps qui me bouleverse, il passe et me lasse. J’ai tenté de savoir où j’allais, je vais là où j’ai toujours voulu allez, en silence, dans un réservoir où mes mots s’entassent sans cesse et où je rêve d’allez en marchant à l’opposé. Je regarde les gens qui souffrent et me regardent, on ne peut pas comparer des différences, mais on s’y risque pourtant dans une folle cadence. Les gens seront en désaccord avec mon accord et critiqueront ce que j’aurai écrit, lapidez moi de mes propres mots, lapidez moi de vos propres mots, alimenter mes histoires, mes craintes et mon espoir, mais ne tuer jamais ce que je ne vous ai pas obligé de faire.





C’est un marteau

8 02 2012

Je l’ai suivi, tout d’abord de loin, mais toujours de plus près. Il m’avait vu en quittant l’immeuble, saluer en passant, je l’aimais bien mieux devant. C’est la première fois que je le suivais. Habituellement, il est contre moi, probablement du fait que j’ai un peu plus de trente ans, il n’a pas vu ça souvent. Il est contre moi sans raison, sinon simplement celle d’être contre moi, je ne comprends pas. Il m’a appelé, m’a demandé de l’aider, j’étais vraiment occupé. Monsieur se fait engueuler, simplement parce qu’il ne m’a pas écouté, a pris encore les devants et s’est planté royalement. J’ai cette nature coupable au travail, si je sais que je peux aider quelqu’un, je me sens dans l’éternel besoin de lui venir en aide. Je lui ai dit non, un jour seulement, je lui ai laissé un message le lendemain, pour lui signaler que j’étais maintenant disponible pour l’aider. Il ne me rappellera pas, l’orgueil bien ancré, il n’a pas besoin d’aide, surtout plus de moi, mais bon j’ai quand même tenté. Je sais très bien que son travail au noir me reviendra directement dans les dents, dans celle de tous ceux qui m’accompagnent dans cette lutte sans merci où seul lui sera perdant. Nous, on en a vu d’autres, sa douleur ne fait que commencer, mais il ne le sait pas encore. Nous on a jongler avec des couteaux, des torches, des dildos, rien ne nous fait peur. Ce soir, je l’ai suivi, j’aurais aimé qu’il soit d’accord avec moi. Je ne lui ai pas laissé de chance, au coin d’une rue sombre où seul au loin un lampadaire régnait, je l’ai interpellé, il s’est arrêté et c’est retourné pour me regarder, je n’étais qu’à quelques pieds. Je lui ai montré et il m’a demandé « Mais qu’est-ce que c’est que ça? », un sourire brillait dans mon visage, d’un calme je lui ai répondu, « C’est un marteau! » et avant de me dire qu’il était en désaccord, c’est après quelques coups que j’ai enjambé son corps, le laissant là dans la lumière, ayant la certitude qu’il ne me ferait plus de tord.





Différence

5 01 2012

À quand la nuit des temps, à quand, à quand? Où de mon corps d’épine, tu m’envoies dans les roses, tu oses? Mon corps de brique et mon coeur de marbre craquent sous tes cris, tes tremblements. Terre! Terre! Enfin sous toi je peux reposer ce que j’ai été et ce que j’aurai créé. Autant de fleurs poussées ne représenteront jamais assez cette douleur accumulée. Quand le sang nourrira les champs laissant toujours plus d’enfants avares d’avoirs et jamais repus de tout posséder encore, nos mères pleureront d’avoir tant tentées et d’avoir échouées. Cette terre souillée d’un marcher trop pauvre en idées se meurt doucement sous son peuple dépourvu de conviction. Le pays craque d’un trop-plein de direction, à force de vouloir allez partout on se rend nulle part. Les bras baissent tristement au rythme des voix qui s’affaissent, mais pourquoi? Je vais mourir et pourtant, que laisserais-je derrière moi? Des mots d’amour pour toi, des mots d’amour remplis de ce que je suis. Puis-je faire réfléchir encore, une seule personne par jour, sur la vie ou sur l’amour? Sur le fait que notre identité doit être protégée. On souhaite tous faire la différence, mais on entre dans la danse, on s’étourdit puis on meurt en silence.





Faites comme chez nous

31 10 2011

À quel moment dans l’Histoire on a oublié de changer l’expression « Faites comme chez vous » ? Dans l’Histoire où on accueillait nos voisins comme s’ils étaient vraiment chez eux on a oublié un facteur, le temps. Le temps du changement, de l’arrivée des autres, des gens d’ailleurs, des gens qui ne venaient pas d’ici, des gens qui n’ont pas toujours choisi de se retrouver dans se pays. D’un passé colonisé, on s’est infligé de s’y confiner, par habitude ou par hospitalité, on a oublié notre identité. Qui sommes-nous aujourd’hui sinon qu’un peuple en recherche d’identité, de liberté. Certains crient haut et fort que le temps est venu d’être un seul peuple, unique et uni au travers des mêmes valeurs. D’autres, par peur, ne veulent pas avancer, changer, se rallier à cette opportunité d’être enfin tous rassemblé. La peur de perdre ce que l’on a déjà, la peur de l’inconnu qui effraie chaque fois. D’autres, comme moi, critiquent plus la méthode que le geste et critiquent plus la direction que le but ou la finalisation. L’étanchéité de cette décision qu’un parti prend sans distinction. L’opposition entre l’ouverture et la fermeture, la protection et l’exploration de ses nouvelles propositions. Dans ce message de liberté que certains partis peuvent présenter, je vois l’absence de choisir. Dans ces grands discours indépendantistes, je vois une certaine absence d’explication et de raison. Comment d’un peuple déjà fragile, protégé par la charte des droits et libertés peut s’opposer à la différence qui existe dans son pays, voir pays en devenir. En se protégeant, on a protégé tout être pénétrant ici, en leur disant un peu, « Faites comme chez vous ».

Ce que j’ai envie, plus le temps avance, c’est un peu de leur dire, faites comme chez nous. Chez nous on parle le français, libre à quiconque d’apprendre ou de parler les langues qu’ils veulent, tant qu’ils savent aussi parler comme on le fait chez nous. Libre à tous ceux qui veulent célébrer les fêtes qu’ils veulent tant que je peux continuer à être chez nous. Chez nous on est libre d’être qui on veut, de faire ce qu’on veut, en se souciant que les autres ne sont pas mis en danger, mais si vous venez chez nous, ne faites pas comme si vous étiez chez vous. La couleur, la nationalité, la religion m’importent peu, je vous poserai même des questions, par intérêt de la différence, mais ne m’imposer pas qui vous êtes, ce que vous faites, car je suis ici chez moi. Je rêve qu’un jour, tous les Québécois mettront leur pied à terre, que ce soit en province ou à part entière, pour dire haut et fort qu’ils sont fiers. Fiers d’être aujourd’hui uni, frères de culture, frère de pays, frères de nos frères et frères d’autres terres. Qu’enfin le silence collectif soit brisé par une seule voix, une voix qui unira des milliers de gens, une voix que nous laisserons en héritage à toutes ces générations, qu’elles soient d’un Québec authentique ou métissé, le respect de notre terre doit être accepté. Que les mots de mes frères soient tintés de bleu, de blanc ou de vert. Que ces mots d’une langue commune seront le symbole de notre ouverture, vous êtes ici, nous vous montrerons comment. Que la musique se mélange de toutes les rythmiques, que l’on devienne en accord dans toutes les gammes de ce qui nous composes. Que toutes ces différences ne nous empêchent pas d’être ce que nous sommes de plus précieux, des francophones ouverts sur eux. J’ai cette envie de laisser derrière moi l’identité d’un peuple qui s’est simplement levé pour dire « Faites comme chez nous! » accueillant tous ceux qui toucheront notre terre de leur propre histoire, enrichissant la vie, notre vie. Nous avons tant à donner, pas nécessaire de nous voler notre identité.

Un jour peut-être j’entendrai des gens debout, où le temps n’aura pas raison de nos cris, où les cris que l’on tentera d’étouffer ressurgiront toujours en de nouvelles foulées. Quand le peuple se sera levé pour dire « C’est assez! » et que le temps ne viendra pas l’effacer par cette vieille invitation qui nous colle encore à l’identité… « Faites comme chez vous! »





Tous contre un et un contre tous

1 12 2008

Bon ce texte sera censuré parce que par choix j’ai décidé de pas voté aux élections fédérales. Mais je fais un deuxième texte sur le sujet vu les événements que je ne semble pas comprendre parce que je n’écoute pas ce qui se passe. Ce que je peux dire c’est qu’en période pré-crise, pré-récession, j’ai commencé a mangé du riz de pauvre (pour les nulles en cuisine, parce que c’est quand même plus facile que de faire un pâté chinois, c’est un mélange de riz et de boeuf haché) et j’ai compris qu’en période de crise je pourrais m’en satisfaire et qu’il m’en couterait moins de 10$ par semaine pour manger ce plat délicieux ma foi. Laissons le culinaire de coté, quoi qu’un deuxième bol serait de mise, bon disons 15$ par semaine.

Alors je regarde la télé, trois hommes y sont aligné, en train de signer un papier pour dire « Je suis d’accord avec toi! Moi aussi! ». Si je récapitule, si je me souviens bien, la journée des élections, j’ai bu de la bière, probablement la meilleure décision que j’ai pu prendre vu les résultats que l’on voit s’en venir, tout le monde aura gagné, même les non-voteurs. Je n’ai pas fait mon devoir de concitoyen et maintenant ils nous prendront tous pour des cons. Est-ce pour nous? Est-ce pour eux? Est-ce pour un pouvoir qu’ils ne peuvent pas avoir seul, alors plutôt que de ne pas en avoir ils le partagent laissant tombé leurs idéaux pour nous donner le droit de parole sur la crise? Nous exclue la personne qui parle et dans ce cas ci tant mieux. Je n’échangerais en rien mon travail pour le leur même si je ne suis pas bien dans ce que je fais. Je ne veux pas avoir leurs responsabilités. Je ne comprends en la politique, je ne suis qu’un observateur qui se rend compte qu’il y a des gens qui se démènent pour ne pas que l’on se retrouve dans la merde. Je me demande à quelque part, si tout le monde doit de l’argent à tout le monde, à qui on le doit? N’y a t’il pas de façon que l’on nivelle un peu, pour donner une chance à tous? Y a-t-il vraiment en bout de ligne quelqu’un qui attend son chèque?

Moi je me demande, y a quelqu’un chose qu’on peut faire? Dépenser plus, dépenser moins, continuer notre train-train quotidien, s’acheter des REER, des bons du trésor, des immeubles à revenus, des bagels au fromage? Ils tentent de régler toute la question financière et on est des millions de gens à regarder, à attendre… Informez-nous et cessez de jouer à la guerre!





Politiquement moi…

28 10 2008

Ce matin j’ai bu un lait au chocolat-noisette, c’était pas très bon. Ce soir j’ai vu une personne qui marchait seule sous la pluie avec le sourire, j’aime les gens qui ont l’air heureux surtout quand ils sont seul! Mais tout ça n’a rien a voir avec l’article que je vais écrire aujourd’hui.

Aux dernières élections fédérales, je n’ai pas voté, je n’ai pas voté parce que je n’en avais pas envie, sinon aucune autre raison n’a motivé ce choix qui était le mien. Une amie m’a dit que parce que je n’avais pas fait mon devoir de citoyen, je n’avais pas le droit de chialer contre la politique, voici donc un constant où je vais tenter de rester le plus objectif possible, mais ça je n’en garanti rien.

On annonce maintenant des élections provinciales potentielles. Je ne comprends pas trop le motif. Il est vrai que nous rentrons dans une crise économique qui pour certain ne veut rien dire. Dans ce monde dit démocratique ne comprend pas encore que l’on n’a pas le droit de décider quand on est plus en accord avec le chef qui représente la province. Si par sondage écouté, nos choix seraient vraiment entendus, on pourrait dire, oui ou non sur ce besoin de changement politique. Présentement, nous avons affaire à l’opportunisme d’un chef qui voit qu’il a la cote auprès des électeurs. Je ne blâme pas le parti actuel parce que n’importe quel parti profiterait de cet opportunisme qui est favorable pour eux. Ce que je déplore c’est vraiment le fait que nous n’avons pas le choix sur ce qui se passera. Comme au fédéral, c’est les chefs qui décide quand ils déclenchent les élections. On repose donc sur une fausse démocratie basée sur des valeurs qui nous sont propres car même si nous ne sommes pas d’accord avec ce que le chef du parti décide, nous ne voterons pas pour un parti qui ne nous convient pas. Si les gens répondaient en votant contre le choix du chef, on obtiendrait au pouvoir un chef qui ne nous plait pas et c’est lui qui déciderait quand bon on aurait encore le choix de changer le choix avec lequel on a tenté de faire comprendre notre désaccord.

Vivement la fausse démocratie!