Amoureux

4 06 2017

Je la regarde là, dans le métro, amoureuse, les yeux qui brillent et ça me manquent. Je ne la connais pas, je le remarque simplement. Je n’ai pas l’envie de ce qu’elle a, j’ai plutôt envie de ce que je n’ai pas. Être amoureux. Dans être amoureux, tu n’existes pas, je suis amoureux de toi, mais tu n’as rien à y voir, depuis longtemps. C’est un peu triste de le constater, avec le temps qui passe. Tu n’es pas responsable de mon état, c’est ainsi comme ça, sans force, je me laisse glisser doucement, mes yeux s’illuminent, les coins de ma bouche tentent d’aller voir ce que voient mes yeux, j’ai l’air heureux, un instant. Puis tu disparais souvent, trop vite, simplement car je ne me lasse pas, j’ai plus tendance à te fuir, tu ne me comprends pas. Tu ne comprends pas pourquoi je suis encore là, pourquoi j’ai l’air d’un lunatique devant toi? Le temps n’y changera rien, je n’y comprends rien. J’aime ta douleur, ton trouble, tes angoisses. J’aime ton sourire, tes mots, ce que tu es. Je ne me pose pas de question, c’est comme ça, tu es là et moi aussi, tu es là et je n’ai aucune raison du contraire. Tu es là, mais il y a que moi qui suis ainsi. Dans l’amour, on ne peut rien y comprendre, ça existe, ou pas. Ça existe parfois pour un, parfois pour l’autre, parfois pour les deux, mais en deux temps, un peu asynchrone, un peu similaire, jamais identique. Avant de découvrir que ce n’était pas ta faute, que c’était moi, que c’est moi qui étais amoureux, j’idéalisais l’amour. J’écrivais des fables sanglantes pour le coeur, des choses tristes qui n’existaient qu’au pays des contes de fées, qui n’existe pas aujourd’hui. J’ai vieilli depuis, je ne me bats plus, je ne me torture plus, je ne fais que remarquer que c’est là, que je n’y peux rien, que parfois ça me fait mal assez pour vouloir fuir et que lorsque j’ai entamé ma course, j’ai simplement envie de me retourner, pour être certain que je ne te perds pas de vue.





Ce n’est pas la saison

4 04 2017

Ce n’est pas la saison, il pleut, comme si on était l’automne, avant ça me faisait sourire, là je ne sais plus. Ce n’est pas les nuits plus courtes depuis qu’on m’a volé une heure, une toute petite heure, que j’aurais dû récupérer de l’autre côté. Ce n’est pas le temps qui fait son oeuvre sur mes presque quarante années de vie. C’est juste l’espace, voir un trou noir, comme une saveur de néant depuis trop longtemps. Ce goût de vide sans que je me sois lancé de dedans. Ce goût fade, d’absence de goût, d’absence d’envie. Je traine, je traine mon cul dans mon appartement, quand je ne suis pas là, j’y rêve. La seule envie c’est de me couper du monde, attendre que ça passe, ça a toujours passé, là ça ne passe pas. Comme un os de poulet de travers dans la gorge, comme une balle de golf dans un tuyau d’arrosage, comme un jambon dans le chat d’une aiguille. Je tente de voir, de percevoir, de me changer les idées, de rencontrer. Je ne rencontre pas. Je n’ai ni l’envie ni la capacité morale d’entretenir une discussion, la base de ce que je suis. Je suis seul, je n’ai pas d’enfant, un chat, un diplôme d’études collégial, un appartement, une quarantaine d’années sans encore les dépasser, j’ai ai rien n’a foutre de la politique, parce qu’elle est trop restreinte, de même que de la religion, pour les mêmes raisons. J’ai une opinion sur un peu tout, mais je ne crois pas que personne n’ait raison, moi le premier. Je me plais à croire que si les gens s’écoutaient un peu plus, on s’entendrait bien. J’ai déjà eu des passions, je peux te citer celle que j’avais dans le temps où je trouvais ça cool d’en parler. Maintenant, je n’ai pas envie d’en parler, j’en profite juste pour les vivre. J’aime être seul, dans le noir, entouré d’inconnus, entendre la première note d’un instrument quelconque, fermer mes yeux, me laisser porter. Je ne suis plus capable de te dire ce que j’aime parce que j’ai épuisé toutes mes chances. Je ne sais pas combien j’en avais, mais je sais que je suis pas mal au bout. Je suis tombé dans l’air comateux, je fais les choses par habitude, j’en oublie certaines. Je n’ai plus le vertige, car je ne suis plus amoureux, mon souffle constant ne me manque jamais. Je respire, j’imagine que je vis. Je vis assez pour me blesser de temps en temps, me faire mal, me faire réaliser que je suis encore là quelque part. J’ai l’impression d’être celui qui se taillade la chaire à la lame de rasoir simplement pour se punir, se punir sans vraiment avoir de raison, mais je le mérite surement quelque part. Je n’en fais rien, personne ne voit les marques de mes blessures, peut-être sont-elles trop profondes? Je n’ai pas cette force de caractère de me mutiler de cette façon, je préfère la méthode douce, le verre de trop qui n’arrive jamais seul, celui traitre qui  arrive quand on s’y attend le moins, celui qui nous fait nous rappeler le lendemain que l’on ne se souvient que de peu de choses de la veille, sinon que la tête veut nous exploser que l’on regrette amèrement ce qui c’est passé, simplement parce que ce goût amer ne nous quitte plus. Puis le temps passe en se disant, plus jamais, jusqu’à la prochaine fois. La prochaine fois où je poserai mes yeux sur celle ou lorsque je ne l’aurai qu’en pensée, cette fois où la douleur sera trop grande et où je l’endormirai de vapeur éthylique, simplement pour que ça passe doucement. C’est comme le printemps, ce n’est pas la saison, mais quand même, je me remets toujours en question, parce que les cercles concentriques que l’on peut compter sur mon bras couper laissent savoir qu’une autre année vient de passer.





Friable

15 11 2016

Fragile, je suis usé par le temps, tout me fait craquer, mais pas de la bonne façon. Je ne craque plus pour le sourire, le regard, l’odeur. Je craque et me démantibule, laissant à plat les mandibules, plus de mots, plus d’idées, plus d’envie. L’impression de me décomposer, comme étaler dans ce bac à me composter. Je ne peux oublier. Les gens cherchent, moi je n’oublie pas. Les gens se trompent, moi je me trouble à rester là. J’ai envie de me sauver avant d’être réduit en poussière, l’impression que mes pas se désagrègent plus j’avais dans ce vide immense. Les matins sont lourds, les soirs si lointains. Je regarde mon lit, il est trop tôt. Je n’ai plus envie d’écrire. Je le fais que pour ne pas perdre la main, en me disant que demain tout ira bien, tout ira bien mieux, tout sera comme c’était avant. Mes mêmes mes vieux souvenirs se sont dissociés de moi, je ne suis plus ce que j’étais. J’ai un seul souvenir, celui d’être seul, comme si c’était hier, comme si c’était maintenant. J’ai perdu l’empathie envers mes amis, momentanément, surement. J’ai qu’envie de la serrer dans mes bras, juste une dernière fois, la serrer si fort et me volatiliser en poussière. Je me berce de musique triste, en espérant que seuls mes tympans survivront le choc friable de ma vie. Je ne revis que des fragments, que des segments, sans avoir envie d’autre chose, d’autre part, d’autres figures pour me dire… tout ira bien, car c’est faux. Si tout allait bien, je le saurais, je le sentirais, je le verrais au fond de mon miroir éclaté reflétant de mon image dissocié. Je me perds dans les fines fissures, les mille morceaux ne formant qu’un moi incomplet, un moi fissuré par le temps et la sécheresse de mon coeur monautomne. Le froid qui vient, l’opportunité de quitter le pays, un an ou deux, me sauver de moi et de ce foutu miroir qui me rappelle sans cesse que je suis encore là, que je n’ai pas bougé, que je n’ai jamais cesser de penser à toi. Je regarde les autres et me demande pourquoi j’en suis là. Je regarde moi dans cette glace en fracas et je ne sais pas plus pourquoi. Me suis-je abandonné quelque part sur le coin d’une rue? Me suis-je perdu dans ce que je croyais être la vie, la mienne. J’appuie sur chaque touche qui recueille entre elles des parcelles de mes doigts qui s’effritent pour moi, pour me dire encore, que mon coeur batte, que je sente, que j’aurai peut-être un long comment à traverser dans ce désert, sans boussole et sans eau.

Réf.:

friable [fʀijabl] adjectif (du latin, de friare « briser »)
Qui peut facilement se réduire en menus fragments, en poudre. Galette à pâte friable.





Sevrage

1 11 2016
Arrêter. Se séparer. Briser le lien. Se couper de quelque chose, de quelqu’un. Progressivement, lentement, sur-le-champ, drastiquement. Je ne sais pas comment faire, comme vivre ce moment. Je ne sais pas c’est dû à quoi. Est-ce que je n’ai jamais appris comment faire ou est-ce que ça ne s’apprend simplement pas. Ma mère ne m’a pas sevré, car je n’ai pas été allaité. Je n’ai jamais été toxico, sinon qu’un peu alcoolo. Se priver de quelque chose d’agréable, de quelqu’un. J’ai tout arrêté, tout en même temps et rien n’y fait. J’ai arrêté de boire, parce que je m’anesthésiais de toi, l’alcool me fait t’oublier me fait m’oublier surtout, un instant, jusqu’au réveil, à la douleur, à la perte momentanée d’une journée dans ma vie, le lendemain de veille. J’ai arrêté de boire, complètement, du jour au lendemain, simplement parce qu’il le fallait, parce que je ne me sentais plus bien à me fuir constamment, à me pousser de ton image, de ces souvenirs qui me hantent sans cesse. J’ai arrêté, cold turkey (dinde froide), l’expression ne se traduit pas, mais abruptement serait l’idéal. Je n’ai pas eu de difficulté, je n’en ai pas plus aujourd’hui, à croire que je me faisais croire que j’avais besoin de l’alcool, mais ça se passe très bien, je suis content pour moi, je sors, et bois du sucre, trop de sucre, les bars ont ces habitudes de servir peu pour les non-buveurs, j’apprends sur le sujet. Et puis il y a toi. Je suis un incapable, je t’ai dit de cesser de me parler, j’espérais le contraire, je ne commence plus les conversations, je suis pris dans une spirale qui me traine vers le fond de moi même, où je n’ai plus aucun refuge, je te vois, je t’aime encore. Je sais que ce n’est pas le souvenir de ce que c’était, je sais que ce n’est pas un rêve, une idée, une idéalisation de ce que c’est, c’est simplement difficile à comprendre. J’ai l’impression que ça passe, toujours trop lentement, peut-être la proximité, faudrait que je change cela, que je me sauve ailleurs, dans un autre endroit, dans un autre emploi, dans un autre refuge où je serais certain de ne pas te voir, en mot ou en personne, constamment. J’aimerais que tu me donnes le truc, celui que t’as utilisé pour moi, pour passer à autre chose, comment t’es-tu sevré de moi? Ça, c’est fait tout seul? J’ai essayé de passer du temps avec moi et je ne me tanne pas, j’aime ce que je suis, ce que je fais, ce que j’aime. Je ne comprends pas, je suis devenu gros, fade ou laid? J’ai perdu ma compétitivité, surement, je n’en ai jamais eu, je n’aime pas me battre pour celle que j’aime, on est libre quelque part. Ce n’est peut-être pas moi en fait. C’est peut-être toi. Ça n’empêche pas que je suis tout de même là à devoir me sevrer.
Pour référence:
sevrer [səvʀe] verbe transitif
(vient du latin, de separare → séparer)
1. Cesser progressivement d’alimenter en lait (un enfant; un jeune animal), pour donner une nourriture plus solide. — par analogie, Sevrer un toxicomane. ➙ sevrage.
2. agric. Séparer du pied mère (un greffon, une marcotte).
3. littér. Sevrer qqn de, le priver de (qqch. d’agréable). ➙ frustrer. — au p. p. Une enfant sevrée de tendresse.




Que toi

14 10 2016

« C’est juste qu’on ne se ressemble plus, depuis si longtemps, depuis si longtemps ». J’ai pleuré sur ces paroles, l’impression d’entendre mon histoire, notre histoire. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais jamais comment c’est arrivé. La distance, elle arrive quand on la laisse s’installer, quand on la laisse prendre sa place. Elle prend ses airs, le mien en même temps, elle m’étouffe complètement. Je ne l’ai jamais laissé arrivé, du moins j’ai essayé, chaque petit moment où je le pouvais, une pensée sortie de nulle part, juste parce que dans ma tête il n’y avait que toi qui prenait l’espace possible. Peut-être ne m’ai-je pas laissé assez de place, peut-être m’ai-je oublié. Peut-être ma place je la voyais près de toi. J’ai tenté d’écouter, d’écouter tes silences, ton besoin d’être seule, de plus en plus présent, de plus en plus sans moi. Je t’ai laissé partir avec la distance, je me suis trompé, de route, de chemin, d’idée ou sur tes intentions. Aujourd’hui la distance creuse de plus en plus, comme un canyon avec le temps, comme cette distance que l’on prend par rapport aux autres planètes déjà à des années-lumière de la nôtre. Pourquoi moi, tu ne m’es jamais revenue, j’ai pu attendre, j’ai cru attendre si près de toi. J’ai juste voulu être ce que tu voulais que je sois. Je suis devenu fade, insipide, sans odeur et sans histoire. J’ai cru passé un mauvais quart d’heure, à m’oublier dans l’alcool, à nous oublier, un nous qui n’existe plus, depuis si longtemps déjà. Il n’y a que toi, le reste ne m’intéresse pas, ne m’allume plus, ne me parle pas. Tous les silences rassembler faisant un grand bruit en moi, résonnant sans cesse, je n’ai même pas chercher ma méthadone, mon fix, mon envie d’être pour quelqu’un ce que j’ai peut-être déjà été pour toi. Je suis triste, pas malheureux. Je suis déçu, pas fâché. Je ne sais pas ce qui me manque le plus. Je n’ai pas de place pour l’amour anymore. Je ne cherche plus anywhere. Mes pas me rapprochant de chez moi me rappellent la solitude, le bruit de mes pas seuls dans cette rue. Les bruits dans ma tête qui m’encourage à fuir, puis à m’accrocher, puis à tout laisser tomber. Je ne sais pas par où recommencer, je ne sais plus qui je suis. Je ne me ressemble plus, depuis si longtemps…

 

Inspiré par:Louise attaque – Il n’y avait que toi





Je lis

12 10 2016

Je lis. Je ne fais que lire page après page, je me raconte des histoires. Des histoires de guerre, d’après-guerre, des histoires d’amour, des histoires de famille. Je lis des histoires d’ici, surtout, des histoires qui me ressemblent, m’ont ressemblé ou qui sont complètement différentes. Je découvre une vie qui n’est pas la mienne, une vie où je n’ai pas à me plaindre, une vie inventée, plus colorée que celle que j’ai. Je lis des histoires de papa mort et je pleure, je pense à mon père, je pense, à ma mère qui pense à mon père, je m’interroge sur la vie, sur la mienne, sur ce que j’en fais. Je lis des histoires étrangères, de gens qui sont venus habité ici, qui sont bien parce qu’où ils étaient, il ne neigeait pas, il pleuvait de bombe sur leur tête. Je suis là à me regarder me goinfrer des histoires des autres, ça me rend heureux, j’ai l’impression de partager certains moments de leur vie, ce qu’on veut bien me laisser voir. J’envie les gens qui écrivent leur histoire, ils ont le goût, le temps, la discipline pour le faire. Puis je me trouve chanceux, de pouvoir lire, de pouvoir les consommer, les uns après les autres, Marie Demers et sa fuite du deuil dans In Between, Maya Ombasic qui aime son père d’un amour inconditionnel dans Mostarghia, Guy Delisle en images et en mots dans les chroniques birmanes et j’en passe. Tant de plaisir, tant de déception de tourner cette dernière page chaque fois, c’est comme mourir un peu, le dernier souffle d’une histoire qui me manquera, car je ne relis pas mes livres, je m’en souviens, je les donne pour en faire profiter qui voudra bien les lire. J’écris et je pense à lire, m’enfuir de ma réalité, de mes mots si souvent partagés, si souvent similaires, usés par le temps, usés par ce qui a été mon passé. Je lis pour fuir moi aussi, pour laisser le temps passé sans moi, pour m’appuyer sur quelqu’un qui a quelque chose à me raconter, qui le mérite, qui provoque chez moi tant d’émotions. Je lis tout, sur tout, il me manque d’yeux, de cerveaux, de temps pour tout lire tout apprendre. Le temps file, comme dans ces livres, à plus ou moins grande vitesse. Le temps d’un livre qui devient pour moi un arrêt dans le temps, où je n’ai plus besoin de penser, ou je prends mon temps. Je vais lire.





Prisonnier

11 10 2016

On m’a enfermé. Je suis en cage, littéralement. Je n’ai rien fait, je le jure! Je faisais seulement mon boulot et tout le monde le dit, « Don’t shoot the messenger! », ne tirer pas le messager, c’est mon boulot, rien de plus. Maintenant, je les entends, de l’autre côté de la porte, parler entre eux, rire, se foutre un peu de ma gueule. Je les entends, mais je ne les comprends pas, il parle trop vite et dans une langue qui n’est pas la mienne. Je crie pour qu’on me libère. Au moins, on ne m’a pas torturé. J’ai vu beaucoup d’hommes qui ont souffert par ici. Certains actes même, je suis sûr qu’on tente de me les attribuer. Ce n’est pas ma faute, je me suis perdu, j’allais livrer le message, mais cette ville est si grande, si sale, tout se ressemble, tout sent la même chose, les ordures au soleil, la merde, j’avais raison de me dire que ça ne sentait pas bon. J’ai si faim, je ne sais pas si c’est le jour, la nuit, je perds la notion du temps dans cet enclos obscur où on me tient en détention. Je n’ai même pas eu de procès, on me garde, un point c’est tout, contre mon gré, on fait bien de moi ce que l’on veut depuis ma capture. Moi et cette idée de toujours prendre des raccourcis, pour aller plus vite, pour revenir plus vite, auprès de ma femme que j’aime tant. Je suis parti rapidement, me disant que je verrais surement nos enfants naitre, je ne sais même plus si je verrai le bout du jour, si je sortirai d’ici vivant. J’imagine que c’est ici que mon cousin s’est fait prendre, je n’ai jamais pu discuter avec lui, il m’aurait surement prévenu du danger de cette région. Il faut dire que mes patrons ne sont pas très gentils non plus. Je pars des heures pour livrer des messages, je reviens exténuer et que pour une bouchée de pain. Les dangers sont grands dans la région, soit qu’on se fait capturer, soit qu’on risque de perdre notre travail, peu de gens font encore affaire à mon service de messagerie, plus le temps passe plus les gens se privent de moi. On risque aussi la mort à tout moment, les voitures, les gens, les enfants. La vie de pigeon voyageur n’est vraiment plus ce qu’elle était.

 

 

 

 

Inspirée de : http://www.lapresse.ca/actualites/insolite/201610/03/01-5026809-inde-un-pigeon-en-detention-pour-une-lettre-de-menaces.php