On se manque

6 05 2018

On se manque toujours, par le hasard des choses, par habitude ou par conséquent. On se manque toujours, d’un poil, de cheveux, d’une seconde. Je trouvais drôle qu’on se manque tant, car quand je te manque, tu me manques terriblement. J’en finis même par mélanger les concepts qui deviennent un peu flous avec le temps. N’être pas arrivé à temps ou être parti trop tôt. Simplement éviter, connaitre, savoir pour m’assurer d’être ou ne pas être là. Toi quand tu me manques c’est pas pareil, on dirait que tout tourne autour de moi, pas par égoïsme, mais par amour.

Amoureuse… dans amoureuse, je n’existe pas, tu es amoureuse de moi, mais je n’ai rien à y voir. Sinon peut-être que le nom, l’idée que l’on se fait, mais je ne suis pas dans l’équation. C’est sans égal, sans être négatif ni positif. C’est réaliste, mais pas vraiment réel, ça existe, mais ça ne compte pas. On est l’idée projetée d’un concept un peu flou qu’on a appelé l’amour quelque part où on ne savait pas comment exprimer ce que l’on ressentait, quelque part où l’on croyait bien faire, et pas mal faire, bien… mal. Certains détruisent, d’autres s’inventent, chacun tente de faire différent, de faire vrai, de faire son possible pour être heureux. Concept que j’ai perdu un peu avec le temps, heureux… malheureux, aucun des deux. Je suis satisfait, insatisfait, je suis drôle, je suis triste, je suis seul… mais heureux qu’est-ce que c’est?

Je suis fatigué de manquer de toi, de tout, de nous. J’empile les souvenirs, les secondes qui passent à travers la poussière, le silence et la solitude. Je regarde mes projets de haut, mais c’est eux qui m’ont dépassé. Je suis dépassé, je vois tout trop grand, trop vaste, j’ai le vertige. Je perds l’équilibre, sur le fil, sur la corde raide. Au moment où je n’y crois plus, un message sur mon téléphone, rassurant quelque part, je sais que quelqu’un veut la même chose que moi même si on ne se rejoint pas. Je suis l’éternel optimiste qui s’accroche à la petite portion d’humanité qui reste tant bien chrétienne, mais qui me rappelle une chose, la valeur de mes valeurs, l’amour d’un rêve qui s’est estompé trop vite, mais qu’au fond de moi, je continue à caresser.

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Fusion

7 01 2018

Se fondre, ne faire qu’un. Renaitre par le fruit de ce que l’on n’est pas. Donner naissance à l’autre, par hasard, mais surtout par envie. Mon système s’affole simplement à l’idée de te quitter, que pour une seconde, un temps, un respire. Puis j’ouvre les yeux et tu es toujours là près de moi. Dans ce silence monastique, nos bouches ne se parlent plus, nos mains nous cherchent, nos lèvres se touchent, pour se rassurer enfin. Je peux être ce que je suis enfin, sans fin, sans jugement sans peur. Je peux dormir tranquille lors que ton respire me berce jusqu’au matin. J’ai l’impression qu’on ne fait qu’un seul être, un être qui apprend plus vite, qui s’apprend souvent, qui se découvre chaque fois. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ce que je cherchais depuis toujours. J’ai l’impression de m’être trouvé moi, de t’avoir fait une place, car tu m’as laissé la même dans ton coeur. Je n’ai peur de rien, je crois que je me suis laissé aller dans tes bras sous tes baisers. Je te désire chaque moment qui passe, le temps n’existe plus, mais la vie passe vraiment trop vite. Je mettrais tout sur pause, car je n’ai jamais assez de temps pour apprécier celui que je passe avec toi.





Sevrage

1 11 2016
Arrêter. Se séparer. Briser le lien. Se couper de quelque chose, de quelqu’un. Progressivement, lentement, sur-le-champ, drastiquement. Je ne sais pas comment faire, comme vivre ce moment. Je ne sais pas c’est dû à quoi. Est-ce que je n’ai jamais appris comment faire ou est-ce que ça ne s’apprend simplement pas. Ma mère ne m’a pas sevré, car je n’ai pas été allaité. Je n’ai jamais été toxico, sinon qu’un peu alcoolo. Se priver de quelque chose d’agréable, de quelqu’un. J’ai tout arrêté, tout en même temps et rien n’y fait. J’ai arrêté de boire, parce que je m’anesthésiais de toi, l’alcool me fait t’oublier me fait m’oublier surtout, un instant, jusqu’au réveil, à la douleur, à la perte momentanée d’une journée dans ma vie, le lendemain de veille. J’ai arrêté de boire, complètement, du jour au lendemain, simplement parce qu’il le fallait, parce que je ne me sentais plus bien à me fuir constamment, à me pousser de ton image, de ces souvenirs qui me hantent sans cesse. J’ai arrêté, cold turkey (dinde froide), l’expression ne se traduit pas, mais abruptement serait l’idéal. Je n’ai pas eu de difficulté, je n’en ai pas plus aujourd’hui, à croire que je me faisais croire que j’avais besoin de l’alcool, mais ça se passe très bien, je suis content pour moi, je sors, et bois du sucre, trop de sucre, les bars ont ces habitudes de servir peu pour les non-buveurs, j’apprends sur le sujet. Et puis il y a toi. Je suis un incapable, je t’ai dit de cesser de me parler, j’espérais le contraire, je ne commence plus les conversations, je suis pris dans une spirale qui me traine vers le fond de moi même, où je n’ai plus aucun refuge, je te vois, je t’aime encore. Je sais que ce n’est pas le souvenir de ce que c’était, je sais que ce n’est pas un rêve, une idée, une idéalisation de ce que c’est, c’est simplement difficile à comprendre. J’ai l’impression que ça passe, toujours trop lentement, peut-être la proximité, faudrait que je change cela, que je me sauve ailleurs, dans un autre endroit, dans un autre emploi, dans un autre refuge où je serais certain de ne pas te voir, en mot ou en personne, constamment. J’aimerais que tu me donnes le truc, celui que t’as utilisé pour moi, pour passer à autre chose, comment t’es-tu sevré de moi? Ça, c’est fait tout seul? J’ai essayé de passer du temps avec moi et je ne me tanne pas, j’aime ce que je suis, ce que je fais, ce que j’aime. Je ne comprends pas, je suis devenu gros, fade ou laid? J’ai perdu ma compétitivité, surement, je n’en ai jamais eu, je n’aime pas me battre pour celle que j’aime, on est libre quelque part. Ce n’est peut-être pas moi en fait. C’est peut-être toi. Ça n’empêche pas que je suis tout de même là à devoir me sevrer.
Pour référence:
sevrer [səvʀe] verbe transitif
(vient du latin, de separare → séparer)
1. Cesser progressivement d’alimenter en lait (un enfant; un jeune animal), pour donner une nourriture plus solide. — par analogie, Sevrer un toxicomane. ➙ sevrage.
2. agric. Séparer du pied mère (un greffon, une marcotte).
3. littér. Sevrer qqn de, le priver de (qqch. d’agréable). ➙ frustrer. — au p. p. Une enfant sevrée de tendresse.




Sans raison

10 10 2016

Sans raison, parce que si la raison s’en mêlait ça ne serait pas la même chose. Je ne pense pas à ce genre de chose, je laisse aller comme c’est, tout simplement parce que ça existe, du moins en moi. Le seul moment de raison que j’ai, c’est au début, probablement que c’est parce que je me souviens de la fois d’avant, la fois qui a fait mal, la fois avant toi, ou même celle d’avant. Je le sais parce que quand je le sens, ça m’effraie terriblement, un petit moment de raison à qui je dis de la fermer, pas toujours rapidement, parce que j’aime mieux quand elle n’est pas là, c’est plus naturel, plus instinctif, ressenti, vrai. Tu sais, on ne la perd jamais vraiment la raison, elle finit toujours par raisonner quelque par dans notre tête, à tue-tête. J’aime les vraies choses, les vrais sentiments, la vraie lumière qui scintille dans le coin de ton oeil parfois. Tu ne l’as pas vu dans mon oeil, chaque fois que je te vois? C’est une peu ça, pas besoin d’être sorcier, d’être clair, d’être réfléchi, c’est là, c’est tout. Je pourrais t’en donner des raisons, plein, mais ça n’appartiendrait qu’à la raison justement, ça explique, mais ne justifie pas, ça rassure les cartésiens, les artistes eux, ils s’en foutent pas mal de déraisonner, d’être déraisonnable. Ton nez dans mon cou, ta voix dans ma voiture, qui s’époumone sur trois petits accords, ta bouche, ton côté fillette, tes peurs, tes rêves que tu ne partages que très rarement par peur d’être jugée peut-être, ou peut-être parce que ce n’est justement pas raisonnable. Ton dos nu sur lequel j’empêche mes mains de se promener pour ne pas te réveiller. Tout de toi. Alors, si tu te demandes pourquoi je t’aime encore, c’est parce que t’es toujours toi… et que moi non plus je n’ai pas changé… mais ta question en soi répond à la mienne.





Quand?

14 09 2016

On me dit que demain ça ira bien mieux. C’était hier et j’ai l’impression que rien n’a changé. C’était hier chaque jour depuis quelques jours, semaines, mois même et j’ai toujours l’impression qu’on est demain, un demain statique, qui fait collé les cheveux, l’âme, le coeur. Tout semble passé, le temps, le vent, le facteur encore plus souvent. Je n’ai pas de lettres de toi, pas de mots, pas de phrases pour me faire passer à demain. Ce que tu m’as dit hier, ça avait peu de sens, on ne peut pas seulement ne pas savoir, du moins pas pour toujours. Est-ce toi, moi, quelqu’un d’autre que moi qui t’ai privé de demain ensemble? Hier je me demandais encore ce que j’ai bien pu faire pour en être là, chaque fois tu me réponds en me demandant si je vais bien. Je me dis que ça arrêtera demain, mais qu’encore hier tu me suivais dans l’ombre de ma journée. Je te demandais hier de ne plus me contacter, chose que je regrettais de lendemain, j’ai bien plus envie de ta présence comme hier que de ton absence constante, dans chaque demain qui existe. J’ai fini par tenter de me faire croire que demain n’existe pas, jamais. Donc demain ça n’ira jamais mieux puisqu’il n’existe pas. Combien de gens m’ont menti, m’ont dit ça hier? J’ai trouvé enfin la solution, il était trop tôt ce matin, je n’avais pas les idées claires pour avoir une telle idée, mais hier n’existe pas non plus, donc personne ne m’a menti, parce que personne ne le savait en fait que demain n’existe pas et je ne peux les blâmer d’un hier qui n’existe pas plus. Je suis donc pris aujourd’hui, avec la simple illusion de souvenirs qui ne s’estompe pas, avec le sentiment d’avoir envie de quelque chose, mais pas la force de le saisir maintenant. Je suis peut-être trop nouveau dans ce nouvel espace temps qu’est aujourd’hui. Ai-je tenté de vivre dans un temps qui n’existe pas, qui n’existe plus ou qui n’existe pas encore? Dois-je réapprendre à vivre là, maintenant, actuellement? Je sais ce que je suis, ce que j’aime, ce que je veux et ne peux plus attendre demain ce que j’ai voulu d’hier.





Le grand froid

12 09 2016

J’ai les mots morts en moi, comme ces morceaux de casse-tête seuls sur cette table. Comme un mobile immobile, je reste là suspendu dans l’air, au milieu de toi avec toujours cette même impression que rien a changé, tout est pareil, je suis toujours là pour toi, simplement parce que j’en ai envie. Je suis incapable de passer à autre chose, de penser à autre chose, de faire autrement. Je suis surement capable, mais je n’en ai aucune envie. Je suis comme un vieux film qu’on a mis sur pause, comme ce jouet dans le bac à sable, espérant qu’on vienne le retrouver. Le temps passe, mais jamais l’envie de te serrer, toujours et encore dans mes bras, une autre fois. Sans que les gens soient tristes, sans qu’il y ait de raison, sinon simplement que c’est bon. Je me suis tue à tue-tête, simplement parce que personne ne voulait m’entendre, simplement parce que je ne voulais pas le voir. Chaque matin est lourd, comme le précédent, rien ne grandit, rien ne diminue, tout reste immobile dans le temps. Mes sentiments restent là, ils ne savent que faire, ils ne savent comment se consoler, car ils ne savent pas pourquoi on les a abandonnés. Ils ont gelés, comme si on leur avait annoncé la mort d’un trop proche pour être vrai, ils n’ont pas compris, parce qu’il n’y avait pas de mots. Je ne parle plus de bonheur, de rêve ou de fantasme. Je ne parle plus. Ce matin, je me suis obligé ce matin à vomir des mots qui me paraissent inconnus, qui me font pleurer, car ils me semblent tout de même vrais. Tu es partie et depuis ce temps, j’ai arrêté.





Couche-toi

19 05 2016

Couche-toi sur mon chest et que tes mains me caressent juste avant la sieste. Que je sente ta tête un peu lourde, remplie de toutes ses idées, que t’oses jamais me raconter, mais qui me laisse me demander. Partage avec moi ta chaleur, celle que j’aime à toute heure, quand t’es pas loin ou coller, celle dont je ne peux jamais me fatiguer. Serre-moi, contre toi, encore une fois, assez pour que mon coeur éclate que je ne sache plus ce que c’est la douleur. Brise mes os, un à un, broie-moi une dernière fois. Ma douleur ne s’effrite qu’à coup d’atome qui se meurt un par un, chaque jour. Je t’entends écrire, je crois, est-ce sur moi? Je n’ai que les souvenirs de ton visage, je m’ennuie de tes yeux qui disparaissent quand tu souris. Je m’ennuie de tes mains, sur chaque centimètre que tu connais bien. J’ai l’impression que rien ne passe, rien ne se passe. Que le temps fixe me fait quand même vieillir, comme accroché à la grande aiguille de cette horloge. Je suis fatigué, je dors mal, je dors peu, je ne dors plus. J’ai peur de rêver à toi, de me réveiller triste et seul. Couche-toi près de moi, que je dorme un peu cette fois.