Amoureux

4 06 2017

Je la regarde là, dans le métro, amoureuse, les yeux qui brillent et ça me manquent. Je ne la connais pas, je le remarque simplement. Je n’ai pas l’envie de ce qu’elle a, j’ai plutôt envie de ce que je n’ai pas. Être amoureux. Dans être amoureux, tu n’existes pas, je suis amoureux de toi, mais tu n’as rien à y voir, depuis longtemps. C’est un peu triste de le constater, avec le temps qui passe. Tu n’es pas responsable de mon état, c’est ainsi comme ça, sans force, je me laisse glisser doucement, mes yeux s’illuminent, les coins de ma bouche tentent d’aller voir ce que voient mes yeux, j’ai l’air heureux, un instant. Puis tu disparais souvent, trop vite, simplement car je ne me lasse pas, j’ai plus tendance à te fuir, tu ne me comprends pas. Tu ne comprends pas pourquoi je suis encore là, pourquoi j’ai l’air d’un lunatique devant toi? Le temps n’y changera rien, je n’y comprends rien. J’aime ta douleur, ton trouble, tes angoisses. J’aime ton sourire, tes mots, ce que tu es. Je ne me pose pas de question, c’est comme ça, tu es là et moi aussi, tu es là et je n’ai aucune raison du contraire. Tu es là, mais il y a que moi qui suis ainsi. Dans l’amour, on ne peut rien y comprendre, ça existe, ou pas. Ça existe parfois pour un, parfois pour l’autre, parfois pour les deux, mais en deux temps, un peu asynchrone, un peu similaire, jamais identique. Avant de découvrir que ce n’était pas ta faute, que c’était moi, que c’est moi qui étais amoureux, j’idéalisais l’amour. J’écrivais des fables sanglantes pour le coeur, des choses tristes qui n’existaient qu’au pays des contes de fées, qui n’existe pas aujourd’hui. J’ai vieilli depuis, je ne me bats plus, je ne me torture plus, je ne fais que remarquer que c’est là, que je n’y peux rien, que parfois ça me fait mal assez pour vouloir fuir et que lorsque j’ai entamé ma course, j’ai simplement envie de me retourner, pour être certain que je ne te perds pas de vue.





Vas t’en

27 03 2017

Va-t’en… mais pas tout de suite. Tout de suite, va-t’en, mais reste, pour que j’y croie encore un peu, à nous deux, quand on était heureux. Heureux, je ne le suis plus, quitte donc mon univers le temps que le gazon redevienne vert, dans ma cour, pas celle du voisin, je ne le regarde jamais tu le sais bien. Tu sais bien, il faut que tu disparaisses de ma vue, à tout jamais, jusqu’à ce que mon coeur se soigne par lui même, ce qu’il n’a jamais eu le temps de faire parce qu’il attendait. Il attendait ce téléphone, ce mot, ce signe qui vient toujours quand on s’y attend le moins, quand tout est oublié, quand tout est déjà perdu d’avance. Perdu d’avance, comme ce signe qui est arrivé dans le passé, qu’on aurait envie de conjuguer au futur, pour une dernière fois, au cas où. Au cas où, je me serais trompé, puis toi par la suite, pourrait-on se tromper ensemble, sans vraiment se tromper, tu sais que là non plus je n’irai pas. Je n’irais pas, j’ai toujours dit ça, sauf avec toi, une fois où tu pleurais dans mes bras. Dans mes bras, je n’ai pas dit ça, quand on s’est perdu, on était plus là, puis on est revenu sur nos pas, ton chagrin partit, je n’étais plus nécessaire. Plus nécessaire d’être avec moi, d’être près de toi, d’être ce que je suis, ce que tu es, où sommes-nous? Où sommes-nous aujourd’hui, ma tête passe à mon corps, à mon coeur, un message. Un message que je ne comprends pas encore que je n’accepte pas, dont je connais l’existence, mais je ferme les yeux, juste encore un peu. Un peu pour conserver les dernières images, les derniers silences, les touchers qui enflammaient ma peau, une odeur lointaine qui me revient sans cesse. Sans cesse je ne ferai qu’oublié, morceau par morceau ce qui s’est passé, ce qui ne s’est pas passé, ce qui est mort comme un bruit dans l’espace. Dans l’espace d’une vie où je ne vivrai plus, où tu deviendras celle qui a été là, à un certain moment, qui a disparu en silence. Silence qui voulait simplement dire: Je ne t’aime plus.





À qui tu mens?

27 03 2017

À qui tu mens? Oui c’est à toi que je parle. Toi qui es quelqu’un et personne à la fois. Toi qui es tous, mais qui ne te reconnais pas, peu ou jamais. Je te croise partout, au travail, dans la rue, dans les bars. Je te vois partout, garçon, fille, c’est vraiment sans importance. Je te vois, te rencontre depuis que j’ai l’âge de me souvenir qu’un couple existe, depuis l’âge d’être allumé par le couple, depuis l’âge que je rêve de rencontrer la femme de ma vie, juste une, une seule. Le temps avance, 25 ans depuis le début de ce que je me souviens, surement plus, mais je trouve que c’est un bon départ. Je me questionne sur ce que je fais pour ne pas que ça marche, je ne suis pas moche, je ne suis pas croche, je ne suis pas celui-là qu’elle cherche. Je suis l’autre, celui d’en attendant. Je suis brillant, allumé, peut-être un peu trop là par moment pour l’autre. Je suis un passionné, j’aime faire pour l’autre tout ce qui est en mon pouvoir pour la faire sourire. Je me suis peut-être cultivé un plant d’amertume depuis ce temps. Un plan d’amertume silencieux, qui s’accroche dans ce que je suis, qui grandit, où je ne parle jamais, comme si c’était tabou, depuis le début. Au début c’était comme ça, moi j’étais là, une troisième roue qui suivait, je ne sais même pas pourquoi je suivais. Jeune, j’ai toujours eu peur qu’on ne m’aime pas, qu’on me laisse pour contre, alors l’opportunité faisait que je suivais. J’ai suivi dans cette maison où je te perdais toi et ta copine, celle de la Rive-Sud parce qu’on sait très bien qu’il y en avait deux autres ailleurs qui t’attendais aussi. Moi j’en voulais juste une qui aurait pu m’aimer. Je n’ai peut-être rien compris. Ça, c’était juste toi, t’as grandi et tu n’as pas changé d’un poil. Je me demande même si ce n’est pas un peu la cause de ta séparation, là-bas on ne peut pas tout savoir, on a une version, la distance, le silence. Cette conversation que tu avais eu pas longtemps après ton mariage, me disant qu’il ne fallait pas que tu reviennes en ville, que tu ne serais pas capable de t’en empêcher…

Ça, c’était toi, mais vous êtes des centaines, je n’aurai jamais assez de vie pour tous vous compter. Ce qui m’impressionne le plus, c’est que vous vous croyez. Vous vous croyez quand vous mentez, « Je l’aime ma blonde! », 3 bières plus tard, la main d’une « amie » se balade partout sur le corps de l’autre. « Ma blonde je peux y faire confiance, je sais que ce n’est pas le genre qui va draguer tous ses clients », peut-on se dire que t’as manqué de faire en sorte que je te crois. Je crois que moi j’ai de la misère avec le mensonge. Dis-moi que tu es en couple ouvert, dis-moi que tu es incapable de pas tromper ta blonde, dis-moi rien. Laisse moi croire, qu’il y a une fille quelque part qui peut dormir sur ses deux oreilles parce que son copain l’aime elle. Et c’est vrai pour l’autre côté aussi, je parle des gars, mais ça vaut pour l’autre sexe. Je parle des gars parce que c’est eux qui me parlent. Je n’ai pas de problème avec la liberté, j’ai un problème avec le mensonge, celui qu’on me fait à moi, mais celui qu’on fait au reste de la planète. Des fois je me dis… et si je parlais, et si je disais juste la vérité. J’ai l’impression que je ferais juste partager ma désillusion avec le reste de l’univers, je me demande si j’irais bien après.

J’ai toujours dit à mes amis que s’ils m’impliquaient dans leur mensonge, je ne mentirais pas. J’ai toujours dit que je dirais la vérité, je n’ai jamais eu à répondre, mes amis savent que je suis honnête quand je dis ça.

Je me suis imposé une trop grande rigueur. Je déteste la phrase « Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire. », j’aime mieux parler au risque de blesser les gens un instant, puis que ça passe. Je vis mal avec le mensonge. Des fois, toutes ces histoires me font demander si je ne suis pas jaloux. Je n’ai jamais trompé une de mes blondes, je n’ai même jamais trompé mes amies de lit. C’est plus fort que moi d’être qu’à une seule femme. Aujourd’hui, je suis amer. J’ai juste envie de crier à l’injustice. Je ne suis pas un super-héros, mais je me dis que j’aimerais que les gens arrêtent simplement de se mentir. Les gens devraient allez vers un peu plus d’intégrité, ils seraient peut-être plus heureux. Je me demande ce que je peux faire, et mon impuissance me brûle énormément.





Lendemain de veille

15 02 2017

Je suis resté là, à regarder la journée passée, doucement, illuminé de rouge, illuminée de blanc. Je voyais dans les yeux des gens, le temps qui pressait, qui allumait des désirs secrets suite à leur journée, suite à ce qu’ils ont dit. Se disant qu’elle ne servait a rien cette fête, que ce n’était que commerce, commercial, achat, fleurs… chocolats… Dans les yeux de tous, on voyait un espoir tout de même de ne pas être seul, d’être attendu, d’être gâté. Le marketing fait quand même bien son travail pour nous ramener à l’ordre des priorités. Qui est-ce qui n’aime pas l’attention qu’on lui donne? Cette douce impression d’exclusivité, d’être important pour quelqu’un. Ce temps que l’on prend, pour spécialement penser à l’autre, un soir, spécial. On finit parce ne plus ce souvenir de ce qui c’est passé avant cette journée, on change de focus, on oublie tout le reste, une journée. Après, on se compare, on se souvient, on remet en doute, basé sur cette soirée.

Moi je marchais seul, sans presse, la tête dans un livre, tentant de faire abstraction du rouge et de l’odeur horrible des fleurs que l’on n’offre pas. Ce sont les pires, celle que l’on ne peut pas donner. Je me suis souvenu que je ne t’en avais jamais offert. Ni cette journée ni une autre. Qui est-ce qui se rend compte des choses trop tard? C’est probablement moi. Je reste là, à me demander, à ne pas être capable de passer simplement à un autre appel. Et ceci non sans effort. J’ai pourtant été là, j’ai pourtant tout tenté sans vraiment essayer, ton image abondait dans ma tête qui se synchronisait doucement avec mon coeur. Je sais qu’il ne s’agit pas que de fleurs. Je sais qu’il ne s’agit pas que de moi. Je n’y peux rien.

J’ai décidé de laisser aller. De faire comme si. De faire semblant. D’attendre. De changer de place. De changer de vie, de boulot, de trottoir. Entre la fatigue de fuir la douleur et la fatigue toute simple de réfléchir à ce qui a pu arriver. Un mal de tête, la tête qui tourne, sans arrêt.

Défi du jour: Qui est-ce qui





Sans raison

10 10 2016

Sans raison, parce que si la raison s’en mêlait ça ne serait pas la même chose. Je ne pense pas à ce genre de chose, je laisse aller comme c’est, tout simplement parce que ça existe, du moins en moi. Le seul moment de raison que j’ai, c’est au début, probablement que c’est parce que je me souviens de la fois d’avant, la fois qui a fait mal, la fois avant toi, ou même celle d’avant. Je le sais parce que quand je le sens, ça m’effraie terriblement, un petit moment de raison à qui je dis de la fermer, pas toujours rapidement, parce que j’aime mieux quand elle n’est pas là, c’est plus naturel, plus instinctif, ressenti, vrai. Tu sais, on ne la perd jamais vraiment la raison, elle finit toujours par raisonner quelque par dans notre tête, à tue-tête. J’aime les vraies choses, les vrais sentiments, la vraie lumière qui scintille dans le coin de ton oeil parfois. Tu ne l’as pas vu dans mon oeil, chaque fois que je te vois? C’est une peu ça, pas besoin d’être sorcier, d’être clair, d’être réfléchi, c’est là, c’est tout. Je pourrais t’en donner des raisons, plein, mais ça n’appartiendrait qu’à la raison justement, ça explique, mais ne justifie pas, ça rassure les cartésiens, les artistes eux, ils s’en foutent pas mal de déraisonner, d’être déraisonnable. Ton nez dans mon cou, ta voix dans ma voiture, qui s’époumone sur trois petits accords, ta bouche, ton côté fillette, tes peurs, tes rêves que tu ne partages que très rarement par peur d’être jugée peut-être, ou peut-être parce que ce n’est justement pas raisonnable. Ton dos nu sur lequel j’empêche mes mains de se promener pour ne pas te réveiller. Tout de toi. Alors, si tu te demandes pourquoi je t’aime encore, c’est parce que t’es toujours toi… et que moi non plus je n’ai pas changé… mais ta question en soi répond à la mienne.





Faites du bruit

18 09 2016

La solitude et le bruit me réveillent de cette nuit. Pas mon chat, qui respecte mon sommeil à la veille de cette fin si proche d’une errance totale. Cette fin où j’ai mis du bruit, simplement pour ne pas entendre mes pensées, simplement pour oublier que j’existais un moment. Le bruit, je le consomme par peur d’affronter le silence. Ce silence où seul je suis confronté à mon plus grand ennemi, moi-même. Mon plus grand adversaire, celui que je suis, celui que je voudrais être. Cette envie de tout lâcher, qui me donnerait surement d’autres problèmes à surmonter. Avoir peur d’être, de sentir, de vivre à nouveau, enfin. Je mets du bruit auquel je ne m’intéresse pas, ou si peu. Je bois du bruit pour ne plus me sentir, ou pour sentir mon esprit s’évader, encore un peu. Mille et une façons de me sauver de moi, chaque fois plus similaires que la précédente. Je n’ai plus l’imagination de la fuite, je n’ai plus d’idées inventées pour disparaitre temporairement, pour m’effacer, me faire invisible, me faire oublier le temps que je renaisse de mes cendres. Je suis brulé, fatigué, lasse de vouloir, trop épuiser pour oublier. Je ne veux pas devenir gris, je ne veux pas être fade, morne, triste. Je veux… Je veux… J’ai repris quelques mots que j’avais encore en bouche, en tête, en moi, pour te les raconter à toi. Pour me sentir autrement, pour les sortir doucement de moi, un à un enligné sur une ligne différée, où chaque mot qui précède est déjà passé et où le suivant n’existe pas encore. Le poids des mots martèle mon âme, m’assomme, m’assassine. J’accrocherai mon plus beau sourire demain, pour faire semblant que tout s’est bien passé, en fait, tout est surtout passé. Le bruit d’un sourire sur mon visage, comme un leure pour tromper, mais pour ne tromper que moi. Ça ne durera qu’un instant, l’instant d’entendre le bruit des autres, me taire. Garder le silence, espérer que tout change, rester immobile. Regarder le cadran qui sonne l’heure du départ, partir enfin. Recommencer. Encore. Parce qu’au fond on aime un peu ça, du moins on aime le bruit que l’on met dans notre vie. Qui a tué l’homme que j’étais, qui m’a laissé sans vie, sans rêve là dans ce qu’on appelle la vie? Qui est resté là à me regarder me détruire doucement, à me contempler de haute sphère, à souhaiter ma mort doucement, lente, prolongée. Je ne veux pas de ça, je ne veux pas mourir, pas maintenant, pas dans cet état, piteux comme état. C’est le temps de briser le miroir.





Quand?

14 09 2016

On me dit que demain ça ira bien mieux. C’était hier et j’ai l’impression que rien n’a changé. C’était hier chaque jour depuis quelques jours, semaines, mois même et j’ai toujours l’impression qu’on est demain, un demain statique, qui fait collé les cheveux, l’âme, le coeur. Tout semble passé, le temps, le vent, le facteur encore plus souvent. Je n’ai pas de lettres de toi, pas de mots, pas de phrases pour me faire passer à demain. Ce que tu m’as dit hier, ça avait peu de sens, on ne peut pas seulement ne pas savoir, du moins pas pour toujours. Est-ce toi, moi, quelqu’un d’autre que moi qui t’ai privé de demain ensemble? Hier je me demandais encore ce que j’ai bien pu faire pour en être là, chaque fois tu me réponds en me demandant si je vais bien. Je me dis que ça arrêtera demain, mais qu’encore hier tu me suivais dans l’ombre de ma journée. Je te demandais hier de ne plus me contacter, chose que je regrettais de lendemain, j’ai bien plus envie de ta présence comme hier que de ton absence constante, dans chaque demain qui existe. J’ai fini par tenter de me faire croire que demain n’existe pas, jamais. Donc demain ça n’ira jamais mieux puisqu’il n’existe pas. Combien de gens m’ont menti, m’ont dit ça hier? J’ai trouvé enfin la solution, il était trop tôt ce matin, je n’avais pas les idées claires pour avoir une telle idée, mais hier n’existe pas non plus, donc personne ne m’a menti, parce que personne ne le savait en fait que demain n’existe pas et je ne peux les blâmer d’un hier qui n’existe pas plus. Je suis donc pris aujourd’hui, avec la simple illusion de souvenirs qui ne s’estompe pas, avec le sentiment d’avoir envie de quelque chose, mais pas la force de le saisir maintenant. Je suis peut-être trop nouveau dans ce nouvel espace temps qu’est aujourd’hui. Ai-je tenté de vivre dans un temps qui n’existe pas, qui n’existe plus ou qui n’existe pas encore? Dois-je réapprendre à vivre là, maintenant, actuellement? Je sais ce que je suis, ce que j’aime, ce que je veux et ne peux plus attendre demain ce que j’ai voulu d’hier.