Vas t’en

27 03 2017

Va-t’en… mais pas tout de suite. Tout de suite, va-t’en, mais reste, pour que j’y croie encore un peu, à nous deux, quand on était heureux. Heureux, je ne le suis plus, quitte donc mon univers le temps que le gazon redevienne vert, dans ma cour, pas celle du voisin, je ne le regarde jamais tu le sais bien. Tu sais bien, il faut que tu disparaisses de ma vue, à tout jamais, jusqu’à ce que mon coeur se soigne par lui même, ce qu’il n’a jamais eu le temps de faire parce qu’il attendait. Il attendait ce téléphone, ce mot, ce signe qui vient toujours quand on s’y attend le moins, quand tout est oublié, quand tout est déjà perdu d’avance. Perdu d’avance, comme ce signe qui est arrivé dans le passé, qu’on aurait envie de conjuguer au futur, pour une dernière fois, au cas où. Au cas où, je me serais trompé, puis toi par la suite, pourrait-on se tromper ensemble, sans vraiment se tromper, tu sais que là non plus je n’irai pas. Je n’irais pas, j’ai toujours dit ça, sauf avec toi, une fois où tu pleurais dans mes bras. Dans mes bras, je n’ai pas dit ça, quand on s’est perdu, on était plus là, puis on est revenu sur nos pas, ton chagrin partit, je n’étais plus nécessaire. Plus nécessaire d’être avec moi, d’être près de toi, d’être ce que je suis, ce que tu es, où sommes-nous? Où sommes-nous aujourd’hui, ma tête passe à mon corps, à mon coeur, un message. Un message que je ne comprends pas encore que je n’accepte pas, dont je connais l’existence, mais je ferme les yeux, juste encore un peu. Un peu pour conserver les dernières images, les derniers silences, les touchers qui enflammaient ma peau, une odeur lointaine qui me revient sans cesse. Sans cesse je ne ferai qu’oublié, morceau par morceau ce qui s’est passé, ce qui ne s’est pas passé, ce qui est mort comme un bruit dans l’espace. Dans l’espace d’une vie où je ne vivrai plus, où tu deviendras celle qui a été là, à un certain moment, qui a disparu en silence. Silence qui voulait simplement dire: Je ne t’aime plus.





Les petites maladies mentales

13 10 2016

Je suis là sur le divan, incapable de me concentrer, j’ai la tête qui déraille, à gauche, à droite. Je me sens pris au piège, obligé, je ne peux pas rester là. Je ne sais même pas pourquoi je viens écrire ici, je ne sais même pas ce que je suis censé écrire ici, j’ai joué avec mes petites maladies mentales et me voilà, encore à tapocher des mots sur un clavier qui me reconnait par mes empreintes digitales. Des petites maladies mentales, on en a tous, des petites manies obsessives qui des fois pourrissent notre vie, des fois nous font sentir bien. Par le passé j’ai eu des petits moments où ça ne servait à rien, classé des punaises par couleur sur un tableau de liège, classé tous mes achats compulsifs en ordre alphabétique, acheté compulsivement, d’abord des CDs, puis des DVDs. Aujourd’hui tout ceci est disparu, sans laisser de trace, sinon que j’ai des CDs et des DVDs bien classés et faciles à retrouver. Je ne classe plus, je n’achète plus ces trucs. Aujourd’hui ce qu’il en reste, peut-être les livres, mais les livres je passe à travers, il ne reste pas sur une tablette, je lis, puis je passe au suivant et mes livres se promènent de mains en mains. J’ai concentré ces obsessions dans mon travail, j’analyse des données, des tas de données que je classe, pour les autres, ceci me sert énormément, avec ma tête toute logique, je vois des tendances dans ce que je classe, ça sert, croyez-moi. Aujourd’hui, j’ai remarqué une autre petite maladie, un petit truc que je faisais avant au boulot et qui est rendu chez moi. C’est aussi un peu la raison pour laquelle je suis là à écrire encore ce soir, à ne pas être capable de rester devant la télé à regarder le vide, c’est pour ça aussi que j’ai marché en revenant du boulot, que j’ai lu 30 minutes à mon réveil, et que ces habitudes perdurent depuis une semaine déjà. Au boulot, quand je suis un peu trop débordé par les demandes qu’on me fait, je fais une liste, la liste me permet rapidement de gérer mon temps, de mettre les choses en place, mais surtout, de terminer la liste, parce que je déteste laisser des choses en plan sur une liste.

J’ai téléchargé une application sur mon iPhone, Habitify, qui me permet de faire des listes, des listes de choses que j’ai envie d’accomplir, apprendre, créer, écrire, lire et qui me fixent des objectifs selon ce que moi j’ai déterminé… Faire une nouvelle recette par semaine, faire 30 minutes d’exercice, lire 30 minutes. Ça peut peut-être paraitre anodin, mais depuis que j’ai fait cette liste, j’ai vraiment beaucoup de temps pour moi. Ah oui, j’oubliais, dans la liste c’est aussi écrit… Écrire un long texte le weekend (+800 mots) et un petit chaque jour (800- mots). Merci petite maladie mentale!





J’écris

24 05 2016

J’écris. J’écris pour toi, j’écris pour ça, mais j’écris surtout pour moi. J’écris depuis que je peux tenir un crayon, probablement parce que j’ai peur de la solitude, parce que les mots sont toujours présents, ils sont là pour me réconforter. J’écris par ennui les jours de pluie et j’écris pareil les jours de soleil. J’écris simplement parce que je ne sais pas quoi faire d’autre, parce que le monde m’effraie toujours un peu, parce que de me lire me rassure, je suis humain. J’écris sur mes peurs, j’écris sur mes amours, j’écris sur toi, tu fais un si beau papier. J’écris par habitude, je verse mes certitudes, je suis sensible, j’aime, je vis. Tant de mots pour te dire je t’aime, tant de mots pour tenter de l’oublier. Mon crayon s’accroche, hameçonner à la réalité, ma réalité, je suis là à attendre un prochain chapitre, je suis là à pleurer mon âme pas encore morte, à ne pas vouloir la laisser partir, comme si après c’était la fin, l’ultime, la dernière fois. Je décris ce que je ressens, je me fais du mauvais sang, je fais, je vis et je ne m’apprivoise jamais assez. J’ai peur de demain, de ne plus jamais aimer après toi, simplement par manque d’envie et parce que le futur n’existe pas. J’écris pour me rassurer que je suis toujours en vie, même si des fois je n’en ai pas envie, même si des fois je devrais me taire, le silence n’a vraiment rien pour plaire. Je rêve, comme j’écris. La pluie, les draps, la nuit. Le soleil, la plage, mais toi aussi.





Conjuguer le silence

11 04 2016

Je conjuguerai tes silences, entre la voir et être, je préfère être. Je ne sais plus ou je n’ai jamais vraiment su comment briser ce mur qui me sépare simplement de comprendre un peu. Je tente de m’occuper, à faire n’importe quoi. Je fais n’importe quoi, comme si je me cherchais, ou te chercherais-je toi. Je n’ai plus l’énergie, mais combien la patience, d’attendre, de toujours m’attendre à rien de toi. Dans l’heure, je suis triste, perdu, en colère. Mes sentiments se succèdent sans succès de se stabiliser. Si seulement. Si seulement j’accrochais ce qui me reste d’orgueil, le petit bout donné, mal ordonné par mon père. Celui qui ferait de moi un être un peu plus rancunier, avec des airs d’indépendant obstiné prêt à t’oublier. Si je ne parlais simplement plus de toi, comme si tu n’avais jamais existé, que ma tête te traite avec cette force qu’il a de refouler ce qui ne nous plait pas, simplement pour que l’on continue notre mission bonheur. Pourquoi je ne suis pas capable de faire comme toi, te terrer dans l’oublie, aux oubliettes, avec ce qui reste d’une enfance décomposée par trop d’adulterie. Si je pouvais rembobiner, simplement pour enregistrer par dessus, pour ne plus entendre ta voix qui raisonne quand il fait trop noir autour de moi. Raconter des histoires qui ne parlent plus de toi, effacer celles qui le faisaient. Attendre que tout passe, que la maladie de ma grand-mère me rattrape et s’occupe de mes souvenirs à sa façon. Que la machine, d’Eternal sunshine of the spotless mind existe pour vraie, pour simplement oublier. Pas parce que je regrette, parce que j’ai le mal du souvenir, en voiture, Je me souviens, ça me suit partout, tout le temps, même l’alcool n’y fait plus, ça ne dure jamais assez longtemps et ça m’endommage… Dommage. Je tente de penser à autre chose, de faire autre chose pour ne pas penser, de penser à moi, quand je fais ça, je pense à toi. J’erre, je crie de guerre, je me tue à vouloir qu’un son, une note. J’écris pour rien, pour toi, pour que t’entendes. Tu restes muette.





T’utiliser

21 03 2016

Pourrais-je t’utiliser? S’il te plait. Comme bon il me semble, simplement parce que l’on se ressemble. Simplement parce que me mots s’inventent sur toi. Je suis Picasso et toi la toile, ou l’idée derrière ce qui s’y retrouvera. Tristement, parce que mes mains ne peuvent toucher ta peau, que mon clavier me sépare, me garde loin, distant, seul. Parce que j’imagine avec toi, sans toi. L’un ne me plait pas plus que l’autre, mais j’aime ce qu’ils provoquent. Mes idées s’entrechoquent, se frappent, se touchent du revers de la main, me faisant frissonner, rougir. Gêner, d’être déjà en train de le faire sans y avoir été autorisé, t’utiliser. D’une main dans tes cheveux et de mes lèvres dans ton cou, je m’égare, ma demande n’a plus de sens, j’ai dépassé cette ligne, imaginaire, entre le vrai, le moins vrai, celui qu’on tait, celui qu’on dit trop haut, trop fort, trop souvent. Je tente de contrôler mes pulsions, mes pensées, mes doigts qui parlent de toi. C’est impossible, c’est plus fort que moi, c’est peut-être facile, c’est peut-être sans raison, c’est ça, je n’ai plus ma raison, ou de raison de le faire, ne pas le faire. C’est peut-être juste à cause de toi, tu existes donc je sens, je sais, je te connais, depuis un jour, depuis toujours. Reste, ce n’est quoi moi qui t’utilise, pas méchamment, simplement, parce que tu raisonnes, surement plus que moi. Parce que je déraisonne, c’est aussi simple que ça. Ça n’a rien de méchant, de déplaisant, je t’ai entendu, frémir sous mes lèvres. Je t’ai écouté frissonner sous mon baiser. Je t’ai entendu, quand dans la fermeté de ma main, tes cheveux emprisonnés te rattachaient à moi. J’ai senti ta proximité et je me suis empoisonné, à jamais d’un parfum qui n’est pas le mien. Je paralyse, à l’idée de l’avoir encore fait, sans même que tu m’autorises, de mettre, là, simplement en mot parce que c’est tout ce qui me reste, parce que c’est tout ce qui me reste. Ai-je vraiment besoin que tu me dises que je le peux, quand quelque part, rien de tout ça n’existe vraiment? Parce que, même si mes lèvres, se détachant de ton cou, glissaient à ton oreille et que d’une autre main sur ton ventre, me réchauffant l’être, que mes mots, doucement à ton oreille s’accumulent simplement pour affirmer que j’allais t’utiliser.





L’envie

12 05 2015

J’écris. J’efface. J’écris à nouveau, puis je ré efface. Je me condamne à être qu’un mouvement incomplet. Imcomplet sans ce que j’ose appeler la création de ce texte qui sommeil en moi. Je ré écris, j’efface à nouveau. Sur le papier mince se déchire ma vie, en fine lanière, en infime coupure de temps, de vent, d’entretien que je ne sais chérir. Fragile, comme le papier, comme les écrits qui composent ma vie. Un seul mouvement, un seul pas, d’avant à derrière. Je n’ai plus d’histoire pour toi, je n’ai plus d’histoire pour moi. Je n’ai qu’un rêve, qu’une porte de sortie, qu’un seul plaisir coupable que j’entretiens bien peu souvent. Ces blogues morts je ne deviendrai pas. J’ai toujours quelque chose à dire. J’ai toujours cette ligne qui vous fera vibrer parce que je ne suis peut-être pas le seul à connaitre ce qui fait vivre les gens. J’ai cette envie d’écrire cette histoire qui parle de toi, qui parle de moi, qui parle de vie, qui parle de mort. Je n’oublie jamais tous ces mots que j’ai livrés sur ce papier trop souvent inutile. J’ai la surprise de voir que je suis encore visité, après des jours, des semaines, des mois d’absence. J’aimerais offrir plus, je ne sais qu’écrire… avez-vous une idée? J’ai besoin de créer hors de mon champ d’expertise, hors de ce qu’est l’humain. J’ai envie de dire des choses. J’ai envie d’aimer, j’ai envie d’être aimé, j’ai parfois l’impression de ne plus savoir comment. Où ai-je mis la passion, l’exotisme, le cachet qui faisait que ma vie valait quelque chose. Je cherche, j’ai peu de temps, j’ai envie de ça, j’ai envie de toi. Je ne sais plus si je sais, si je suis, capable de ça, capable de toi. Je suis capable de n’importe quoi, es-tu capable de me le proposer?





Tu sais… je suis… un serviteur

19 01 2015

Tu sais, c’est comme l’autre fois, je t’attendais un peu, sur mon divan, sans vraiment savoir pourquoi je t’attendais, je sais très bien que tu ne serais pas venu. J’ai attendu juste un peu, autant que ma patience le permet, j’en suis même tombé endormi à un certain moment, pas par ennui, mais plus à cause de la fatigue. Comme si des fois j’étais trop patient, j’aime peut-être juste ça t’attendre, qui sait. J’ai toujours l’impression que tu vas revenir un jour, je ne sais pas si c’est des idées que je me fais ou quoi là, mais j’ai cette impression, peut-être juste parce que tu me gardes toujours à portée de mains. J’ai regardé plusieurs fois par la fenêtre, pensant que tu allais me faire une surprise, des fois c’est comme ça, on souhaite une surprise et on en obtient une autre, tant que ça reste une surprise. J’ai souvent l’impression que je te connais, mieux que quiconque et la seconde d’après je me dis que je me trompe, juste pour me rassurer un peu, je me dis que ça ne se peut pas, il y a des choses qui ne se peuvent pas non? Des fois, je mélange tout, comme si plus rien n’avait de sens, je garde toujours mes repères, le noir et le blanc. J’ai tendance à imiter de grandes gens trop positifs, c’est facile pour moi, je n’ai qu’à fermer les yeux un instant et ça fonctionne, tant que je les garde fermés. C’est comme si le temps s’arrêtait, un petit instant et que plus rien ne bougeait. C’est un souvenir fantastique que de figer le temps, c’est en même temps très malsain, mais je recommence quand même, je dois être un peu empoisonné, par toi, par le vin, le vent et la vie qui m’habite. Ne n’ose jamais vraiment bouger, peut-être parce que je suis bien dans une immobilité quelconque qui se dresse aléatoirement sur ma vie. J’ai encore envie de tout donner, des fois je ne sais pas si tu sais, ou simplement si tu t’en rends compte, probablement, sinon je ne serais plus d’aucune utilité, du moins pour toi, parce que j’aime servir. J’ai peut-être en moi des cellules d’ancien esclave, loin dans mon patrimoine gynécologique, à des centaines d’années-lumière d’aujourd’hui, ici. Sinon je suis peut-être seulement humain, quelque part, tu sais de ceux qui savent encore aimer leur prochain, en tendant l’autre joue, entendant ce que tous a à dire, simplement pour ouïr ou pour servir. C’est pas juste toi, toi je te réserve bien plus que les autres, mais je fais ça, être au service, simplement parce que j’en tire un certain plaisir que de voir illuminer dans un visage terne par l’espoir qu’il existe encore un peu de ça là… la servitude volontaire.