Quand?

14 09 2016

On me dit que demain ça ira bien mieux. C’était hier et j’ai l’impression que rien n’a changé. C’était hier chaque jour depuis quelques jours, semaines, mois même et j’ai toujours l’impression qu’on est demain, un demain statique, qui fait collé les cheveux, l’âme, le coeur. Tout semble passé, le temps, le vent, le facteur encore plus souvent. Je n’ai pas de lettres de toi, pas de mots, pas de phrases pour me faire passer à demain. Ce que tu m’as dit hier, ça avait peu de sens, on ne peut pas seulement ne pas savoir, du moins pas pour toujours. Est-ce toi, moi, quelqu’un d’autre que moi qui t’ai privé de demain ensemble? Hier je me demandais encore ce que j’ai bien pu faire pour en être là, chaque fois tu me réponds en me demandant si je vais bien. Je me dis que ça arrêtera demain, mais qu’encore hier tu me suivais dans l’ombre de ma journée. Je te demandais hier de ne plus me contacter, chose que je regrettais de lendemain, j’ai bien plus envie de ta présence comme hier que de ton absence constante, dans chaque demain qui existe. J’ai fini par tenter de me faire croire que demain n’existe pas, jamais. Donc demain ça n’ira jamais mieux puisqu’il n’existe pas. Combien de gens m’ont menti, m’ont dit ça hier? J’ai trouvé enfin la solution, il était trop tôt ce matin, je n’avais pas les idées claires pour avoir une telle idée, mais hier n’existe pas non plus, donc personne ne m’a menti, parce que personne ne le savait en fait que demain n’existe pas et je ne peux les blâmer d’un hier qui n’existe pas plus. Je suis donc pris aujourd’hui, avec la simple illusion de souvenirs qui ne s’estompe pas, avec le sentiment d’avoir envie de quelque chose, mais pas la force de le saisir maintenant. Je suis peut-être trop nouveau dans ce nouvel espace temps qu’est aujourd’hui. Ai-je tenté de vivre dans un temps qui n’existe pas, qui n’existe plus ou qui n’existe pas encore? Dois-je réapprendre à vivre là, maintenant, actuellement? Je sais ce que je suis, ce que j’aime, ce que je veux et ne peux plus attendre demain ce que j’ai voulu d’hier.

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Un peu de réconfort

19 06 2016

Les cloches sonnent, pour appeler les fidèles en ce dimanche où les rues sont encore vides. Je me suis levé trop tôt, trop tôt pour bouger, pour écrire, mais jamais pour penser. Dans ma tête raisonne mes idées, déraisonne le passé, le présent, l’avenir qui n’existe plus. Je tente d’entendre ta voix, elle n’est plus là, que le corbeau qui croasse depuis toujours. Les journées sont longues, interminables et lourdes. Je ne crois plus à rien. J’en ai besoin pourtant, comme jamais, comme une preuve que tout ceci existe toujours. Je ne bouge plus, où à peine de la maison, si j’y entre je n’en sors plus, simplement pour attendre que tout passe. Je cultive le silence dans un jardin démoli par le temps. Mes idées se rassemblent, une à une, simplement dans un désordre total et me font toujours aussi mal. J’ai le vide douloureux, celui qui traine en longueur, qui m’empêche d’être, qui n’a envie que de s’embrouiller quand la fatigue le gagne. Je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste, je ne veux pas être triste. Un mantra qui ne fonctionne plus, je suis triste, je dois laisser me transpercer ce sentiment, le laisser passer à travers moi pour que demain il soit derrière moi. Je suis fâché, déçu, désillusionné, amer. Je reste seul, pour ne pas contaminer les autres autour de moi, pour ne pas a avoir à jouer la comédie du gars qui se colle un sourire de bonhomme patate dans le visage. Je ne peux plus faire semblant. J’aimerais avoir la grosse main lourde de mon père sur la tête, réconfortante. « Pleure pas mon grand » comme seule parole de réconfort. Ça serait bien assez. Juste une seconde ou deux, pour enlever une partie de la lourdeur que je traine depuis longtemps. J’ai besoin de légèreté, de faire attention à moi, de me refaire une vie.





J’écris

24 05 2016

J’écris. J’écris pour toi, j’écris pour ça, mais j’écris surtout pour moi. J’écris depuis que je peux tenir un crayon, probablement parce que j’ai peur de la solitude, parce que les mots sont toujours présents, ils sont là pour me réconforter. J’écris par ennui les jours de pluie et j’écris pareil les jours de soleil. J’écris simplement parce que je ne sais pas quoi faire d’autre, parce que le monde m’effraie toujours un peu, parce que de me lire me rassure, je suis humain. J’écris sur mes peurs, j’écris sur mes amours, j’écris sur toi, tu fais un si beau papier. J’écris par habitude, je verse mes certitudes, je suis sensible, j’aime, je vis. Tant de mots pour te dire je t’aime, tant de mots pour tenter de l’oublier. Mon crayon s’accroche, hameçonner à la réalité, ma réalité, je suis là à attendre un prochain chapitre, je suis là à pleurer mon âme pas encore morte, à ne pas vouloir la laisser partir, comme si après c’était la fin, l’ultime, la dernière fois. Je décris ce que je ressens, je me fais du mauvais sang, je fais, je vis et je ne m’apprivoise jamais assez. J’ai peur de demain, de ne plus jamais aimer après toi, simplement par manque d’envie et parce que le futur n’existe pas. J’écris pour me rassurer que je suis toujours en vie, même si des fois je n’en ai pas envie, même si des fois je devrais me taire, le silence n’a vraiment rien pour plaire. Je rêve, comme j’écris. La pluie, les draps, la nuit. Le soleil, la plage, mais toi aussi.





Elle lui

10 05 2016

Il déposa un genou à terre, ses yeux à elle se remplirent d’eau, il attacha sa chaussure, elle essuya ses larmes et la remplaça par son éternel visage froid avant qu’il ne se relevât. Il avait toujours la même question « quoi? », elle avait toujours la même réponse « Rien! ». Cet échange de bon procédé durait depuis des années, quatre ans au total selon lui, quatre ans, deux mois et treize jours, pour elle. Ils s’étaient rencontrés avant, avant étant une contrée maintenant bien éloignée, dans le temps où on se prenait la tête avec rien, qu’on s’embrassait dans les bars simplement parce qu’on s’était vu, qu’on se trouvait beau, qu’on en avait envie. C’est elle qui avait fait le premier pas, elle qui avait toujours fait le premier pas, qui l’aimait depuis le tout début, qui l’avait vu en premier, dans son jeans, dans un t-shirt ridicule qui portait un logo que tout le monde connaissait, un jeu vidéo, ça n’avait pas d’importance. Quand elle le vit, elle sut, tout de suite, qu’il était lui, qu’il était à elle. Elle ne le quitta que de très rare fois après ce premier jour où il se rencontra. Lui, il était là, ce soir-là, à contrecœur, parce qu’on l’avait poussé, parce qu’on l’avait supplié, il n’avait pas envie de célébrer, jamais, il avait peur des gens, pas vraiment peur, mais les foules l’effrayaient, il préférait rester là, ailleurs, en petit groupe, pas dans ce capharnaüm lubrique où tous les coups était permis. Quand il l’a vue, elle qui rentrait pour déposer son manteau, il eut chaud, il pensa que s’hydrater à coup de pinte lui ferait du bien, il buvait rarement, l’alcool prenait vite le contrôle sur lui. Il ne la perdait pas des yeux, ses amis ne lui prêtant pas attention, par habitude, parce qu’on le connaissait ainsi, il n’était pas méchant, simplement difficile à saisir par moment. C’est à sa troisième pinte que ses pieds s’arrondirent, à peine pour lui faire sentir le sol, un peu de légèreté, il fut même entrainé sur la piste de danse, où il se laissa aller, enfin, un moment. Ce moment où elle le vu, son sourire, mais surtout ses yeux, son regard qui ne la quittait pas, qui maintenant la fuyait à son contact réel. La soirée continua ainsi, d’une série de regards timides, de pintes qui finirent par être insipides. Elle décida de se lancer, doucement, se tenant sur ses pieds, elle s’approcha de lui, on la connaissait pour ses lubies, elle le tira vers elle et lui dit « Ça te dirait qu’avec moi tu passes ta vie? », elle croyait qu’il n’avait pas compris, dans la cohue de cette soirée, elle l’avait simplement embrassé.

Le temps passa et il s’aima, longtemps, toujours, d’une fusion incompréhensible pour certains, moins pour d’autres. Ils se complétaient, ils se synchronisaient, ils se suivaient sans se nuire, ils s’aimaient sans se faire souffrir. Elle dans sa tête, repensant à ce premier soir où elle le voulait pour toujours, espérant le grand jour. Lui, timidement, il l’aimait éperdument, il avait la frousse, qu’on jour certain tout ça ne se fane, ne se brise, ne s’efface. Quatre ans, il faisait tout pour faire durer l’amour, il angoissait presque chaque jour. Il était convaincu que ça pourrait durer, mais jamais il ne s’était lancé.

Il tenait dans sa main la sienne. Il savait que c’est « Rien » n’était pas des rien pour de vrai. Il n’en pouvait plus et voulait y mettre fin. Cette fin qui brise tout, qui fait tant pleurer, qui donne l’envie de mourir un peu à chaque fois que cette fin arrive. Il savait qu’il ne retournerait plus jamais en arrière, il savait que ça serait le coup de grâce. Il avait fait cent fois le tour de la question, il savait qu’il n’y avait pas d’autre solution. Sur sa joue une larme coula, de sa main il se retira. « Quoi? » elle lui demanda. Et lui pour seule réponse il lui dit « Ça te dirait qu’avec moi tu passes ta vie? », elle fit comme si elle avait compris et une fois encore l’avait tendrement embrassé.

 

Défi du jour : « Les deux pieds sur terre, il profite de cette attention, c’est tout à son intérêt. Tandis qu’elle tombe dans une lubie. »





Grief

21 07 2014

T’as vu comme il fait étroit ici? Je me sens tout pris, tout m’étourdit. J’ai tenté de faire de la place, mais j’ai envie de ne rien jeter. Tu te souviens, l’espèce de chanson que tout le monde connait et sur laquelle tu m’avais planté ta hache dans le dos? Et bien, je la joue encore à la guitare, simplement pour être sur que je ne l’oublie jamais, on dirait que pour la plaie, ça va, ça fini par guérir, mais la musique, je ne sais pas, ça me reste toujours dans la tête. Tu me connais, si je n’étais pas si timide, je répondrais à tout le monde par des paroles de chansons, je crois que j’en connais assez pour ne jamais manquer de voyelles. Je ne sais pas, j’ai beau remplir les sacs-poubelle, il y a toujours quelque chose qui reste, simplement pour que je me souvienne, peut-être parce que je n’ai pas envie en fait que ça se termine, peut-être que je ne suis pas capable de fermer la porte, fermer mes yeux complètement, en anglais, ils appellent ça « Grief » en français, ce n’est rien que je peux expliquer, c’est latent, c’est là, c’est douloureux, mais pas de la douleur, Google ne connait rien à la traduction des sentiments, j’ai essayé. Si Ricardo faisait des recettes de sentiments, il saurait lui comment l’expliquer c’est quoi « grief »… Tu sais, quelque chose du genre, 1 tasse de nostalgie, 1/2 tasse de mélancolie, 1/2 tasse d’amertume, 1/3 de tasse de malchance, 1 c. à table de pitié, 1 c. à thé de destin, 1 c. à thé d’apitoiement, une pincée de larmes, tu mets ça dans un grand verre, d’avale d’un trait et ça passe toujours de travers avec le temps. Lui il connait ça les recettes. Moi j’ai toujours les ingrédients sous la main, j’ai les ingrédients pour toutes les recettes et j’ai beaucoup trop d’ingrédients, c’est comme ça chez nous, on est inquiet de père/mère en fils/filles… on remplit de tout pour être sur qu’on ne manque de rien… mais la foutue recette… elle est où? C’est toujours la même chose, on finit par jeter parce qu’on n’a rien fait avec ce qu’on avait, on finit par ne même pas profiter de ce qu’on a. Je suis là à jeter dans un grand sac ce qui marche pu au lieu de regarder ce qu’il reste dans les armoires ce que je pourrais bien utiliser pour justement ne pas perdre. Des fois, j’ai envie de fermer les yeux, tout jeter, pis racheter en neuf, le problème là-dedans, c’est qu’on fini par acheter des affaires qu’on avait déjà. Elle est où cette foutue recette?





J’ai envie de le rêver

21 07 2014

Le soleil se levait doucement sur une journée magnifique, mes yeux remplis d’eau comme le lac qui me faisait face, un café bien chaud à la main, je te voyais avec moi, là, les pieds dans l’eau, ta tête sur mon épaule. Le vent ne soufflait même pas cette idée qui me traversait la tête, parce que j’étais simplement bien, parce que le miroir qui ondulait doucement quand mes pieds se balançaient, appelait simplement à la tranquillité. Tous ces mots dit par tous, tous ces silences dit par toi, je m’ennuie que d’un, pas de l’autre. Le temps c’est arrêté, simplement un instant, un nuage trahissant son immobilité sur l’eau et de l’autre coté, la lune croissante qui retourne à son lit. J’aime le calme, j’ai le coeur rempli de ça, de toi, de souvenirs, de chose que je n’ai pas envie de voir passer, se passer de moi doucement comme si de rien n’était. Combien de fois puis-je recommencer sans effort de t’aimer? Combien de fois, puis-je risquer cette douleur qui me scie le coeur, simplement parce que je suis parti, laissant un peu de moi, un peu de ce que je suis, dans un temps donné. Je rêve de ça, de matin frais, de ta main chaude sur la mienne, de cette lumière qui ne fait pas réelle, simplement parce que c’est toi qu’elle illumine à mes côtés. J’ai envie de ces soirs d’été, où le rouge feu fait flamboyer tes yeux, ton visage, ton être qui danse au son de musique qui ne dérange personne dans la nuit. J’ai envie de le rêver, par ce que sait que ça existe, que tu existes encore.





Ta peau, ma belle

1 06 2014

Quand ta peau m’appelle, je ne réponds plus de moi. Mon âme au diable pour une parcelle de toi. Mon être ne se pose plus de question, mon corps penche dans ta direction. Je dérive, dans ta direction pour ne pas te perdre de mon champ de vision, ton être que je dévorerais tout rond. Accrocher à ton sourire, ne penser que jamais son image ne va s’affaiblir. Hier j’ai rêvé de toi, tu revenais doucement vers moi. Je n’ai pas perdu tout ce qui était, tout ce qui sentait, tout ce que je vivais avec toi. Je me suis réveillé, les yeux mouillés, car tu n’étais plus là. J’ai rêvé, j’ai cru, j’ai souhaité encore et toujours ce mot, ce mot de toi tant de fois, ce mot dit maladroitement, parce que l’alcool t’avait fait autrement, sorti comme d’un rêve, est-ce la réalité ou mon imagination. Mais ta peau ma belle, la mienne s’ennuie de toi, son contact si soyeux, la chaleur que tu dégageais pour moi. Ta peau ma belle, l’image que j’en ai me garde avec cette sensation, de vivre encore un peu, de vivre pour de bon.