Je t’ai cherché

26 03 2018

Je t’ai cherché sans le savoir vraiment. Je t’ai trouvé par hasard, d’un premier regard. Tu ne me regardais pas, du moins pas en même temps, la magie de cette vitre qui nous séparait. Puis je t’ai aimé, beaucoup, tout d’un coup, au complet, en un instant, sans vraiment me demander pourquoi, seulement parce que je le savais, comme chaque fois, je me trompe rarement. Je le sais, simplement parce que je le sens, c’est comme ça. Je n’ai rien demandé, parce que je demande rien, je me satisfais, simplement parce que c’est moins difficile après, quand le temps passe, quand le temps casse. Je n’ai pas vu venir ce coup-ci, ce coup-là dans la gueule, je n’ai pas compris ce qui s’est passé, j’ai attendu, encore et encore, que tu reviennes… sans nouvelles. Je ne t’ai plus cherché, je savais que t’existais, quelque part. J’ai juste attendu, encore et encore, jusqu’à se que mon corps se détériorise, espérant que ce serait ma mémoire qui flancherait en premier, ou mes pores qui ne cessent de te réclamer, mais ça n’a rien donné. Le temps ne fait que le prendre trop souvent. Il me laisse las à chaque fois. Il me fait me questionner sans arrêt. Puis je finis toujours par y comprendre pourquoi je t’ai cherché, sans vraiment le savoir, pourquoi je t’ai laissé filer, sans que je puisse serrer les doigts assez fort pour te retenir encore.

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La garde-robe – 1re Partie

24 05 2016

Je déteste vraiment les soupers de famille, mais je déteste encore plus les soupers chez les amis de la famille. J’ai pourtant été élevé dans un milieu où la maison était souvent pleine, où l’on se retrouvait souvent dans les habitats des frères ou soeurs de ma mère, des amis de mon père, des collègues de travail de l’un, de l’autre. Un milieu ouvert, tout plein de sociabilité, tout plein de gens dont je n’ai rien à faire. J’ai toujours eu l’impression que c’était des endroits où on allait pour sortir ses plumes, montrer sa queue, se pavaner pour tenter de convaincre, qui est le meilleur dans ci ou dans ça. Quand j’avais huit ans, ça passait, parce que je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais surtout que je ne m’en souviens plus trop dix ans plus tard. Aujourd’hui, c’est comme ma mort, j’y vais vraiment parce que je l’ai promis, parce que je dois prendre à coeur mon rôle de technicien en informatique et faire ce que je dois, parce que je dis rarement non, parce que pour ma mère, c’est aussi l’occasion de revoir d’anciennes collègues qu’elle n’a pas vue depuis déjà plusieurs années. J’ai demandé une chose à ma mère, de pas soulever le fait que c’était mon anniversaire, je n’avais pas en plus besoin que ça devienne un événement festif.

Claude, l’ancienne collègue de ma mère habitait dans le fin fond de nulle part, où les arbres se sont remis à pousser en même temps que les jeunes gens ont désertés. C’était la deuxième fois que je mettais les pieds dans cet endroit, la première fois datait bien d’une bonne dizaine d’années. Claude était veuve et avait pris l’opportunité sur un réseau social de me faire signe, car elle avait besoin d’aide, des problèmes de configuration d’ordinateur qu’elle était incapable de m’expliquer vu les compétences techniques absentes chez la pauvre femme. Ce manque de compréhension se faisait même voir par tous les commentaires qu’elle mettait au grand jour en public sur ma propre page. Mon manque de collaboration, d’intérêt, de réponse à fait en sorte que j’ai dû en entendre parler par ma mère qui me disait que je serais gentil de répondre, d’où ma promesse de m’en occuper sous peu, chose que je n’ai pas faite et qui m’a value l’invitation de ladite Claude interposée, ou plutôt imposer, par ma mère. J’étais donc assis, sur la banquette arrière de la vieille Chevrolet de mon père qui conduisait avec devant moi ma mère qui chantonnait, ayant cette envie soudaine d’être n’importe où sauf dans cette voiture.

Le seul avantage d’arriver à cette maison de Rawdon, était de me déplier de derrière la voiture et de sentir le grand air, le vrai, sentant le sapin, la nature comme on ne la sent plus à travers le smog qui entoure la ville. C’était le début de l’après-midi, Claude est venue nous accueillir dehors dans cette température d’automne. Ses cheveux se confondant aux feuilles colorées des arbres et ses yeux noisette, avec des pattes-d’oie qui s’en échappaient. La maison de Claude sur deux étages avait été fabriquée toute de bois par feu son mari Gilles. Ils y habitaient depuis plus de 20 ans, avec leur fille unique que j’avais connue des années plutôt lors de ma première visite. Claude vivant maintenant seule s’adonnait à la peinture et s’occupait de la maison. Elle s’occupait moins d’elle, mais le temps l’avait tout de même bien préservée. Je me souviens plus jeune, elle me captivait, tout comme sa fille. Aujourd’hui plus vieux, j’étais en mesure de voir et comprendre que cette femme était toujours aussi ravissante. Elle vient me faire la bise et accueillir le reste de ma famille.

La chaleur de sa demeure était toujours la même, chaque pas que je faisais dans la maison me rappelait un souvenir d’enfant. L’odeur, le bois qui brûle dans la grande cheminée de pierre, les tableaux, dont certains étaient toujours là, comme l’espèce de clown grisâtre, le regard noir, me semblait tout aussi horrifiant qu’à l’époque. La maison sentait aussi la nourriture et résonnait de tout bruit, car bien sûr que nous étions pas seul, Claude avait invité Maude et Pierre à ce souper de retrouvaille, retrouvaille pour eux, parce que moi je m’en foutais un peu.

Après avoir retiré mes vêtements chauds, je me suis dit que j’attaquerais tout de suite ce pourquoi j’étais venu, Claude me priant d’attendre un instant qu’elle s’occupe de ses convives, je lui demandai une bière quand elle me l’offrit. Je saluai Maude et Pierre, qui me questionnait sur ce que je devenais et sur le fait que j’avais bien grandi, bon on passe. Après que mes parents se soient assis, Claude s’excusa à ses invités pour me montrer sa bête qui se trouvait au deuxième. Je la suivis en haut, la pièce avait changé, dans mon souvenir elle était plus petite, Claude me fit remarquer qu’ils avaient fait tomber les murs après le départ de Sophie, leur fille, pour faire place à une pièce à aire ouverte, illuminant l’immense pièce. Dans un coin de la pièce, un bureau en coin où se trouvait le monstre. Elle y avait mis beaucoup d’argent et avait une certaine frustration, car cet appareil ne fonctionnait jamais. Elle me pria de m’assoir et alluma l’engin, les étoiles dans mes yeux quand j’ai vu l’appareil, je me suis dit qu’il fallait que j’aille de la chance de me retrouver ici et que probablement, si je prenais mon temps, je pourrais passer la soirée sur cette machine à « dépanner » un problème qui n’en était surement pas un et à m’amuser un peu sur internet.

Claude avait déjà fait une liste de ce qu’elle voulait, ce qui « ne marchait pas », ce qu’elle aurait aimé savoir. Donc, rapidement, je considérais que le plus long allait être un petit nettoyage, car elle avait reçu un message disant qu’elle avait un virus, ce qui était souvent une fausse alarme, mais surtout une petite formation pour qu’elle puisse se débrouiller par elle même. Sa main droite posée sur mon épaule droite me laissait sentir sa chaleur, elle dégageait une odeur qui éveillait mes sens, son sein s’appuyant à l’occasion sur mon épaule me distrayait plus qu’autre chose. La chair me donnait facilement un trouble d’attention. Ce rapprochement devant une idole d’enfance, mes sens parlaient plus fort que moi, j’ai senti mon sexe se durcir lentement, je tentais de simplement mettre mes mains pour cacher le tout, tentant de rester concentrer sur ce qu’elle me disait, tournant la tête de l’écran pour tantôt la regarder de si près et ne plus être capable de me détacher de ses lèvres. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait en moi, elle avait au moins vingt ans de plus que moi, j’étais paralysé, j’avais l’impression que mon corps allait exploser. Elle tourna son regard vers moi à un certain moment, pour tomber dans le miens, elle eut un petit sourire amusé, j’imagine que d’allumer un jeune comme moi était assez flatteur, mais je sentis un certain malaise, car elle me demanda si j’avais des questions, qu’elle retournerait avec les invités pour me laisser travailler. Je lui dis de revenir dans environ une heure, que j’aurais fait le tour de la question et que je pourrais surement lui expliquer se qu’elle voulait savoir. Elle me laissa, glissant sa main de mon épaule à mon cou, l’effleurant doucement, me laissant qu’avec son odeur et une érection qui me gênait même seul.

Voyant disparaitre son regard pointé sur moi dans l’escalier, me rappelant les commentaires qu’elle mettait sur mes photos sur le réseau social ou les « J’aime ». J’étais jeune, plein de testostérone, en manque en tout temps et probablement l’imagination plus fertile qu’un paranoïaque. J’avais maintenant que sa liste de problème à régler et la tête ailleurs, j’ai tenté de me concentrer et en fouillant un peu dans l’ordinateur, je ne suis rendu compte qu’elle avait effectivement d’antivirus. Je m’occupai de l’installer, de faire un scan, et de commencer à préparer une petite information, utilisant des captures d’écran et son traitement de texte pour lui laisser quelque chose en main, histoire de ne pas faire Montréal-Rawdon pour la même chose trop souvent. Pendant que je faisais un petit guide pour le réseau social, les courriels, l’internet en général, logiciel de photo, j’entendais rire en bas, au moins tout le monde semblait s’amuser. J’ai décidé de descendre, parce que plus rien ne me gênait, mais aussi que ma bière était vide et que de rapporter la bouteille m’en vaudrait surement une pleine. Quand mon pied s’est posé sur le bois du plancher, le silence s’est installé, ils m’ont tout regardé, j’avais peur d’avoir quelque chose, je dois être viré au rouge et j’ai dit que je rapportais simplement ma bouteille, Claude c’est empressée de m’en redonner une autre sans même me demander si j’en voulais une, on était connecté ou elle voulait simplement m’enivrer pour abuser de moi. Je crois qu’elle avait un peu d’avance côté alcool par contre, le vin semblait couler à flots. Mon père me regarda et me demanda si c’est moi qui chauffais pour le retour, je n’avais même pas de permis, il rit. Ma mère me dit qu’il y avait assez de chambres ici pour nous accueillir pour la nuit au cas où. C’était pas assez d’être loin, fallait y être longtemps. Je poussai un soupir et m’excusa que du travail m’attendait, je gravis les escaliers deux à deux.

Tout était presque terminé, l’installation, la formation, l’après-midi et ma bière. J’entendis des pas derrière moi, je n’osais pas me retourner, je les reconnaissais, mon corps aussi. La voix qui apportait une chaise me demandait où j’en étais, je dis que je terminais à l’instant. Elle déposa une nouvelle bière à côté de ma bouteille vide, s’assois dans la chaise à côté de moi, tomba dans mon regard, mais quelque chose avait changé. Sa lèvre inférieure rougie par le vin me laissait deviner pourquoi. En bas, ça s’amusait toujours, en haut, ma température globale augmentait à vue d’oeil. Sa main glissa de mon dos à mon épaule, sa voix, à mon oreille, « Montre-moi ». Rien pour m’aider, de nouveau cette envie qui se manifestait dans mon pantalon, mon bras la recouvrant pour tenter la dissimuler. Sa tête frôlait la mienne, mon corps se raidissait. Maladroitement, je commençai à lui expliquer ce que j’avais fait. Ses yeux ne regardaient plus ce que je lui montrais, son souffle sur ma joue se rapprochait. Je me retournai un peu pour la regarder, ses lèvres étaient là, je me reculai un peu, par un mélange de peur, de gêne, de mensonge à moi même. En me détournant pour continuer de lui expliquer, ses lèvres enrobèrent mon lobe délicatement, me faisant frissonner. Ses lèvres expérimentées embrassaient mes lobes, pendant qu’innocemment je tentais d’expliquer sans succès, bégayant, boufouillant, tentant de me contenir sous les caresses de sa bouche qui descendait maintenant dans mon coup. En bas ça riait toujours, en bas, mon sexe voulait simplement exploser. De sa main gauche, elle retira mon bras qui reposait sur mon pénis. J’ai tenté de ne rien faire, c’était mieux pour moi. Sa bouche s’est détachée de mon coup pour voir, voir le plaisir qu’elle me procurait, son sourire de satisfaction en disait long sur le résultat. Mon regard se tournant lentement vers elle n’a pas eu le temps de voir venir le coup de grâce, sa bouche qui se lançait à l’assaut de la mienne, sa langue cherchant doucement la mienne, ses lèvres me mordant pour que j’ouvre plus grand. Sa main empoignant mon sexe solidement pour le caresser dans un vas et vient langoureux qui ne faisait qu’augmenter mon plaisir. Je risquais une main tremblante vers sa blouse, déboutonnant habilement un bouton, puis un deuxième, me surprenant moi même. Je glissai la main vers sa poitrine, n’arrêtant pas de l’embrasser comme un gamin, ce que j’étais encore. Je découvris ses seins, d’une douceur soyeuse, d’une fermeté étonnante. En glissant ma main dans son soutien-gorge, je sentis l’excitation que le lui provoquait aussi, pinçant légèrement son mamelon, encourageant une morsure un peu plus sévère sur ma lèvre, me lassant sortir un cri qui me surprit, ainsi que toute la maisonnée, car le silence fut établi. Elle reprit ses esprits, reboutonna sa blouse rapidement, s’arrangea un peu, comme elle peut, sans lâcher mon sexe, comme fusionné, puis se dépêcha de redescendre, en me quittant elle dit que je m’étais cogné sur le meuble… raison de mon cri.

Je reste là, sans comprendre ce qui vient de se passer. Pris à nouveau avec de nouvelles images, de nouveaux désirs, cette même érection. Je regarde mes courriels, je fais un tour sur l’internet, n’importe quoi pour changer d’état. Une gorgée de bière, des vidéos de chats qui se pètent la gueule, une invitation pour venir souper. Enfin…

-À suivre

 

(l’entretien d’un blog c’est difficile, j’ai décidé de fermer l’autre blog que j’avais pour me concentrer ici)





Bribes

16 09 2012

C’est par bribes que je me rappelle comment tu étais. Le temps surement, celui là même qui fait qu’on oublie toujours un peu. Tu te souviens toi? Sinon tu me le rappelles en me faisant signe comme ça sans prévenir, sans regarder où j’étais, sans penser à moi. Maintenant je me souviens bien, c’était un peu ton mode de fonctionnement, je n’ai vraiment jamais existé n’est-ce pas. Mais tu reviens encore parce que tu sais que je suis là, que je suis capable d’aucune malice, parce que de me voir n’est pour toi que délice. Je suis toujours l’entre-deux, l’entre-nous, l’entre coupé d’un souffle que je n’ai jamais eu dans mon cou. Tu ne dormiras pas chez moi, que tu me dis gérant toute attente, mais je ne t’ai jamais invité, t’es-tu simplement demandé ce que je vivais et qui je voyais? Ne savais-tu pas que ma loyauté dépasse ce qu’il y a de plus animal en moi? Avec le temps… tu sais que les choses changent, mais que les valeurs sont toujours les mêmes. Tu n’as pas changé, ni tes mots, ni tes regards croisés à mon égard que tu lances sur moi, qui ne me laissent pas froid, mais qui ne détruisent plus ce que je suis, moi.





Quand tu t’abandonnes

5 08 2012

Quand tu t’abandonnes, fragile, dans mes bras agiles, le monde s’arrête pour te regarder. Loin tu te gardes loin de moi, tu te joues de moi, comme on joue du violon sans en prendre de leçons. Puis tu faiblis avec le temps, tu trouves cette note qui attire mon attention et tout doucement tu glisses ta peau nue sous mes draps. Tu es belle, mes yeux se posent sur toi, douce, dépourvue de tout ce que tu t’armes contre moi. Je sens ta chaleur et ton odeur pour m’en imprégner, pour ne pas oublier. Mes yeux rivés sur toi, je vendrais mon âme pour figer cette image de ton corps encore et encore. Mais ce monde n’existe pas, j’y ai cru, un jour, mais il n’existe pas. Tu n’as pas retrouvé celui qui t’accueillait bras ouvert, yeux fermés, car le temps a passé, j’ai changé. J’étais encore bien, c’était encore beau, j’avais la tête en trop. En trop pour toi, mais pas assez pour te repousser, car tu le sais, je t’ai aimé. Ma vie vide te laisse de la place dans mon lit vide. Le reste, tu n’en as pas voulu, je suis trop souvent resté en plan sur un fil qui ne présentait que le vide où je me suis trop souvent lancé. Je choisis aujourd’hui la place que je laisse dans ma vie et le volume diminue comme une chanson qui termine. Je dois changer d’air, ça sent trop toi autour de moi, comme une vieille rengaine.





Milieu

1 04 2012

Tantôt je me demandais, l’épicentre, c’est le milieu de quoi au fait? Ça pourrait être le milieu de n’importe quoi? J’ai regardé la définition, j’ai retenu que ça se passait à la surface de la Terre et que c’était un peu là où la secousse démarrait. Ensuite, je me suis mis à penser à toi, j’imagine que tu n’étais pas si loin parce que j’ai vibré un peu, pas autant que quand tu étais à côté, pas autant que quand tu te garais illégalement simplement pour pas que l’hiver ait pas le temps de te rejoindre sous ton manteau, la nuit, quand tu te mettais à trembler et que je me collais à toi, simplement pour mieux te sentir c’était fort. On n’y pense pas des fois à ça, peut-être qu’on est trop occupé, peut-être qu’on prend juste pas le temps de s’arrêter. Quand je pense à toi, je vibre. Je vibre un peu par habitude, parce que l’hiver est terminé. Je vibre comme un vieux souvenir qui prend son temps pour avancer, qui tremble un peu sur ses jambes rendues faibles, sur ses jambes aidées par une troisième. En fait, c’est vraiment comme avant, sauf qu’aujourd’hui, je vibre de moins en moins fort, de moins en moins longtemps. Un jour, tu as été l’épicentre de mes tremblements, tu me faisais vibrer comme personne, puis tu as décidé de t’éloigner, doucement, pensant que tout ça arrêterait, tout seul, peut-être comme si ça n’avait jamais existé, mais tu t’es trompé.





Faim pour froid

1 04 2012

J’ai faim. J’ai toujours eu faim. J’ai faim autant que je peux avoir froid. J’ai toujours eu froid. J’ai froid. J’ai toujours eu autant faim que froid sans toi. J’ai encore plus faim de ne te savoir pas là et mon lit, même si j’y suis, reste froid. La faim c’est pareil comme le froid. Le froid c’est pareil comme la faim. Il parait que l’on peut mourir de froid, comme les gens crèvent de faim. Il parait qu’on peut mourir de faim, encore plus quand il fait froid. La faim comme le froid, c’est un vide en soi. J’ai le ventre vide, le lit vide, donc je suis aussi livide, peut-être parce qu’aussi j’ai un peu froid. C’est ton vide qui me rend comme ça, chaque fois. J’ai comme l’impression de toujours avoir faim, de toujours avoir froid, je suis vide de toi. Ce n’est pas comme être vide avec toi, après m’être nourri de toi, là je n’avais pas froid. Mais là, le temps tic et le froid tac, le temps tic et la faim tac. La fin… Tac…





Rude

25 03 2012

C’est un matin rude où tout sur moi à ce même effet d’abrasif sur ma peau, sur mon être tout entier. Tout m’énerve ou me rend triste, une mince ligne entre deux sentiments trop propices à la pluie et au temps gris. Je fais une indigestion par-dessus tout, maux de tête et nausée sur trop de solitude empilée. Je me l’a suis aiguisé avec le temps, histoire de bien comprendre ce qui m’arrivait, mais je savais ce que derrière moi je laissais, ça et là, histoire qu’au printemps une solitude toute neuve pousse. Elle est sortie de terre, un peu avant hier, de travers dans ma gorge, me donnant juste envie de chialer. Je ne crie pas, ça sonnerait trop écho dans cet espace trop vaste, trop vide. J’ai le coeur qui bat, qui a envie de sortir, sur lequel j’appuie sur pause, un instant, prends ton temps. J’ai le pas maladroit de cet enfant qui prend son temps à avancer, pour une première fois, un mélange de hâte et d’insécurité, qu’est-ce qui c’est passé. J’ai l’impression de ne rien comprendre, d’être là, simplement là, n’est-ce pas assez pour un dimanche ennuagé? J’ai arrêté de bouger, de sortir, de vivre un peu, car dehors certaines jouent aux quilles avec les coeurs fragiles. Elles trichent, jouant sur plusieurs parties à la fois, histoire de ne perdre rien de ce qu’elles n’ont déjà pas, on ne sait jamais. J’ai eu trop mal et je sais que les printemps me sont fragile alors je reste en exile un instant seulement. Je suis allergique au printemps tôt et à cette odeur de merde qui se dégage de ta bouche quand tu me dis doucement que tu t’ennuies du fait que je ne suis plus là au pied de ton lit. Je me suis levé, me suis lavé, je suis parti nu, simplement pour ne pas traîner ta déplaisante odeur de sorcière qui m’ensorcelle. C’est souvent l’odeur que l’on oublie en dernier, je sais que tu l’as pigé et que c’est pourquoi partout tu l’as laissé trainer. Toute trace de toi, même ton ombre qui me suivait, j’ai eu beau la piétiner, mais je n’ai pu m’en débarrasser. Le temps passe, je sais de quoi il est capable, mais je lui ai montré, je suis aussi seul que lui, je n’ai que ces deux aiguilles qui me servent à m’orienter, pour aller où je veux bien pour recommencer.