La garde-robe – 1re Partie

24 05 2016

Je déteste vraiment les soupers de famille, mais je déteste encore plus les soupers chez les amis de la famille. J’ai pourtant été élevé dans un milieu où la maison était souvent pleine, où l’on se retrouvait souvent dans les habitats des frères ou soeurs de ma mère, des amis de mon père, des collègues de travail de l’un, de l’autre. Un milieu ouvert, tout plein de sociabilité, tout plein de gens dont je n’ai rien à faire. J’ai toujours eu l’impression que c’était des endroits où on allait pour sortir ses plumes, montrer sa queue, se pavaner pour tenter de convaincre, qui est le meilleur dans ci ou dans ça. Quand j’avais huit ans, ça passait, parce que je ne comprenais pas trop ce qui se passait, mais surtout que je ne m’en souviens plus trop dix ans plus tard. Aujourd’hui, c’est comme ma mort, j’y vais vraiment parce que je l’ai promis, parce que je dois prendre à coeur mon rôle de technicien en informatique et faire ce que je dois, parce que je dis rarement non, parce que pour ma mère, c’est aussi l’occasion de revoir d’anciennes collègues qu’elle n’a pas vue depuis déjà plusieurs années. J’ai demandé une chose à ma mère, de pas soulever le fait que c’était mon anniversaire, je n’avais pas en plus besoin que ça devienne un événement festif.

Claude, l’ancienne collègue de ma mère habitait dans le fin fond de nulle part, où les arbres se sont remis à pousser en même temps que les jeunes gens ont désertés. C’était la deuxième fois que je mettais les pieds dans cet endroit, la première fois datait bien d’une bonne dizaine d’années. Claude était veuve et avait pris l’opportunité sur un réseau social de me faire signe, car elle avait besoin d’aide, des problèmes de configuration d’ordinateur qu’elle était incapable de m’expliquer vu les compétences techniques absentes chez la pauvre femme. Ce manque de compréhension se faisait même voir par tous les commentaires qu’elle mettait au grand jour en public sur ma propre page. Mon manque de collaboration, d’intérêt, de réponse à fait en sorte que j’ai dû en entendre parler par ma mère qui me disait que je serais gentil de répondre, d’où ma promesse de m’en occuper sous peu, chose que je n’ai pas faite et qui m’a value l’invitation de ladite Claude interposée, ou plutôt imposer, par ma mère. J’étais donc assis, sur la banquette arrière de la vieille Chevrolet de mon père qui conduisait avec devant moi ma mère qui chantonnait, ayant cette envie soudaine d’être n’importe où sauf dans cette voiture.

Le seul avantage d’arriver à cette maison de Rawdon, était de me déplier de derrière la voiture et de sentir le grand air, le vrai, sentant le sapin, la nature comme on ne la sent plus à travers le smog qui entoure la ville. C’était le début de l’après-midi, Claude est venue nous accueillir dehors dans cette température d’automne. Ses cheveux se confondant aux feuilles colorées des arbres et ses yeux noisette, avec des pattes-d’oie qui s’en échappaient. La maison de Claude sur deux étages avait été fabriquée toute de bois par feu son mari Gilles. Ils y habitaient depuis plus de 20 ans, avec leur fille unique que j’avais connue des années plutôt lors de ma première visite. Claude vivant maintenant seule s’adonnait à la peinture et s’occupait de la maison. Elle s’occupait moins d’elle, mais le temps l’avait tout de même bien préservée. Je me souviens plus jeune, elle me captivait, tout comme sa fille. Aujourd’hui plus vieux, j’étais en mesure de voir et comprendre que cette femme était toujours aussi ravissante. Elle vient me faire la bise et accueillir le reste de ma famille.

La chaleur de sa demeure était toujours la même, chaque pas que je faisais dans la maison me rappelait un souvenir d’enfant. L’odeur, le bois qui brûle dans la grande cheminée de pierre, les tableaux, dont certains étaient toujours là, comme l’espèce de clown grisâtre, le regard noir, me semblait tout aussi horrifiant qu’à l’époque. La maison sentait aussi la nourriture et résonnait de tout bruit, car bien sûr que nous étions pas seul, Claude avait invité Maude et Pierre à ce souper de retrouvaille, retrouvaille pour eux, parce que moi je m’en foutais un peu.

Après avoir retiré mes vêtements chauds, je me suis dit que j’attaquerais tout de suite ce pourquoi j’étais venu, Claude me priant d’attendre un instant qu’elle s’occupe de ses convives, je lui demandai une bière quand elle me l’offrit. Je saluai Maude et Pierre, qui me questionnait sur ce que je devenais et sur le fait que j’avais bien grandi, bon on passe. Après que mes parents se soient assis, Claude s’excusa à ses invités pour me montrer sa bête qui se trouvait au deuxième. Je la suivis en haut, la pièce avait changé, dans mon souvenir elle était plus petite, Claude me fit remarquer qu’ils avaient fait tomber les murs après le départ de Sophie, leur fille, pour faire place à une pièce à aire ouverte, illuminant l’immense pièce. Dans un coin de la pièce, un bureau en coin où se trouvait le monstre. Elle y avait mis beaucoup d’argent et avait une certaine frustration, car cet appareil ne fonctionnait jamais. Elle me pria de m’assoir et alluma l’engin, les étoiles dans mes yeux quand j’ai vu l’appareil, je me suis dit qu’il fallait que j’aille de la chance de me retrouver ici et que probablement, si je prenais mon temps, je pourrais passer la soirée sur cette machine à « dépanner » un problème qui n’en était surement pas un et à m’amuser un peu sur internet.

Claude avait déjà fait une liste de ce qu’elle voulait, ce qui « ne marchait pas », ce qu’elle aurait aimé savoir. Donc, rapidement, je considérais que le plus long allait être un petit nettoyage, car elle avait reçu un message disant qu’elle avait un virus, ce qui était souvent une fausse alarme, mais surtout une petite formation pour qu’elle puisse se débrouiller par elle même. Sa main droite posée sur mon épaule droite me laissait sentir sa chaleur, elle dégageait une odeur qui éveillait mes sens, son sein s’appuyant à l’occasion sur mon épaule me distrayait plus qu’autre chose. La chair me donnait facilement un trouble d’attention. Ce rapprochement devant une idole d’enfance, mes sens parlaient plus fort que moi, j’ai senti mon sexe se durcir lentement, je tentais de simplement mettre mes mains pour cacher le tout, tentant de rester concentrer sur ce qu’elle me disait, tournant la tête de l’écran pour tantôt la regarder de si près et ne plus être capable de me détacher de ses lèvres. Je ne comprenais pas trop ce qui se passait en moi, elle avait au moins vingt ans de plus que moi, j’étais paralysé, j’avais l’impression que mon corps allait exploser. Elle tourna son regard vers moi à un certain moment, pour tomber dans le miens, elle eut un petit sourire amusé, j’imagine que d’allumer un jeune comme moi était assez flatteur, mais je sentis un certain malaise, car elle me demanda si j’avais des questions, qu’elle retournerait avec les invités pour me laisser travailler. Je lui dis de revenir dans environ une heure, que j’aurais fait le tour de la question et que je pourrais surement lui expliquer se qu’elle voulait savoir. Elle me laissa, glissant sa main de mon épaule à mon cou, l’effleurant doucement, me laissant qu’avec son odeur et une érection qui me gênait même seul.

Voyant disparaitre son regard pointé sur moi dans l’escalier, me rappelant les commentaires qu’elle mettait sur mes photos sur le réseau social ou les « J’aime ». J’étais jeune, plein de testostérone, en manque en tout temps et probablement l’imagination plus fertile qu’un paranoïaque. J’avais maintenant que sa liste de problème à régler et la tête ailleurs, j’ai tenté de me concentrer et en fouillant un peu dans l’ordinateur, je ne suis rendu compte qu’elle avait effectivement d’antivirus. Je m’occupai de l’installer, de faire un scan, et de commencer à préparer une petite information, utilisant des captures d’écran et son traitement de texte pour lui laisser quelque chose en main, histoire de ne pas faire Montréal-Rawdon pour la même chose trop souvent. Pendant que je faisais un petit guide pour le réseau social, les courriels, l’internet en général, logiciel de photo, j’entendais rire en bas, au moins tout le monde semblait s’amuser. J’ai décidé de descendre, parce que plus rien ne me gênait, mais aussi que ma bière était vide et que de rapporter la bouteille m’en vaudrait surement une pleine. Quand mon pied s’est posé sur le bois du plancher, le silence s’est installé, ils m’ont tout regardé, j’avais peur d’avoir quelque chose, je dois être viré au rouge et j’ai dit que je rapportais simplement ma bouteille, Claude c’est empressée de m’en redonner une autre sans même me demander si j’en voulais une, on était connecté ou elle voulait simplement m’enivrer pour abuser de moi. Je crois qu’elle avait un peu d’avance côté alcool par contre, le vin semblait couler à flots. Mon père me regarda et me demanda si c’est moi qui chauffais pour le retour, je n’avais même pas de permis, il rit. Ma mère me dit qu’il y avait assez de chambres ici pour nous accueillir pour la nuit au cas où. C’était pas assez d’être loin, fallait y être longtemps. Je poussai un soupir et m’excusa que du travail m’attendait, je gravis les escaliers deux à deux.

Tout était presque terminé, l’installation, la formation, l’après-midi et ma bière. J’entendis des pas derrière moi, je n’osais pas me retourner, je les reconnaissais, mon corps aussi. La voix qui apportait une chaise me demandait où j’en étais, je dis que je terminais à l’instant. Elle déposa une nouvelle bière à côté de ma bouteille vide, s’assois dans la chaise à côté de moi, tomba dans mon regard, mais quelque chose avait changé. Sa lèvre inférieure rougie par le vin me laissait deviner pourquoi. En bas, ça s’amusait toujours, en haut, ma température globale augmentait à vue d’oeil. Sa main glissa de mon dos à mon épaule, sa voix, à mon oreille, « Montre-moi ». Rien pour m’aider, de nouveau cette envie qui se manifestait dans mon pantalon, mon bras la recouvrant pour tenter la dissimuler. Sa tête frôlait la mienne, mon corps se raidissait. Maladroitement, je commençai à lui expliquer ce que j’avais fait. Ses yeux ne regardaient plus ce que je lui montrais, son souffle sur ma joue se rapprochait. Je me retournai un peu pour la regarder, ses lèvres étaient là, je me reculai un peu, par un mélange de peur, de gêne, de mensonge à moi même. En me détournant pour continuer de lui expliquer, ses lèvres enrobèrent mon lobe délicatement, me faisant frissonner. Ses lèvres expérimentées embrassaient mes lobes, pendant qu’innocemment je tentais d’expliquer sans succès, bégayant, boufouillant, tentant de me contenir sous les caresses de sa bouche qui descendait maintenant dans mon coup. En bas ça riait toujours, en bas, mon sexe voulait simplement exploser. De sa main gauche, elle retira mon bras qui reposait sur mon pénis. J’ai tenté de ne rien faire, c’était mieux pour moi. Sa bouche s’est détachée de mon coup pour voir, voir le plaisir qu’elle me procurait, son sourire de satisfaction en disait long sur le résultat. Mon regard se tournant lentement vers elle n’a pas eu le temps de voir venir le coup de grâce, sa bouche qui se lançait à l’assaut de la mienne, sa langue cherchant doucement la mienne, ses lèvres me mordant pour que j’ouvre plus grand. Sa main empoignant mon sexe solidement pour le caresser dans un vas et vient langoureux qui ne faisait qu’augmenter mon plaisir. Je risquais une main tremblante vers sa blouse, déboutonnant habilement un bouton, puis un deuxième, me surprenant moi même. Je glissai la main vers sa poitrine, n’arrêtant pas de l’embrasser comme un gamin, ce que j’étais encore. Je découvris ses seins, d’une douceur soyeuse, d’une fermeté étonnante. En glissant ma main dans son soutien-gorge, je sentis l’excitation que le lui provoquait aussi, pinçant légèrement son mamelon, encourageant une morsure un peu plus sévère sur ma lèvre, me lassant sortir un cri qui me surprit, ainsi que toute la maisonnée, car le silence fut établi. Elle reprit ses esprits, reboutonna sa blouse rapidement, s’arrangea un peu, comme elle peut, sans lâcher mon sexe, comme fusionné, puis se dépêcha de redescendre, en me quittant elle dit que je m’étais cogné sur le meuble… raison de mon cri.

Je reste là, sans comprendre ce qui vient de se passer. Pris à nouveau avec de nouvelles images, de nouveaux désirs, cette même érection. Je regarde mes courriels, je fais un tour sur l’internet, n’importe quoi pour changer d’état. Une gorgée de bière, des vidéos de chats qui se pètent la gueule, une invitation pour venir souper. Enfin…

-À suivre

 

(l’entretien d’un blog c’est difficile, j’ai décidé de fermer l’autre blog que j’avais pour me concentrer ici)

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Ça goûte amer….

5 01 2013

Oui le pire repas que j’ai mangé goûtait ta mère… je suis désolé de te l’apprendre ainsi, c’était l’Action de grâce et je croyais que tout était pardonnable, pardonné… Depuis le premier jour où elle m’avait rencontré, je me disais simplement qu’elle me regardait d’un air avide, d’un air affamé, simplement pour mieux me dévorer. Au début, des yeux que je croyais inquisiteur, questionneur, approbateur. Ce soir-là je compris le contraire, comme obligé de me plier à la vie, obliger de me plier à ce que j’étais pour toi. Quelle erreur, remplacer le bonheur d’une soirée pour ta mère pour une vie avec toi! Il semble qu’on est maître de nos destins et que moi j’ai échoué, lamentablement. C’était l’Action de grâce tu étais là à mes cotés, sans un mot, ta mère me fit un signe, délicat de la tête simplement pour m’inviter à la suivre en haut. Dans mon innocence je la suivis, sans un bruit, au haut de l’escalier. C’est fou comme dans ta famille, rien ne se voit, personne ne remarque, on dirait que tout le monde s’en fou un peu, surtout ton père, les yeux rivés sur la copine de ton frère. Mes pas dans les escaliers sonnaient faux, chaque marche que je montais était une erreur de plus qui s’ajoutait à mon ardoise. L’impression de monter l’Everest sans en connaitre la satisfaction finale. J’arrivai dans cette pièce remplie de lumière, de plantes, d’un divan. La salle de lecture de ta mère. Je me demandais ce que je faisais là, sachant très bien ce qui allait se passer, ou en fin la raison, mais espérant toujours autre chose. Ta mère marchait de reculons pendant que j’avançais aussi de reculons. Elle fit tomber sa culotte le long de ses cuisses, releva sa jupe et s’effondra sur son divan de lecture, les jambes bien écartées. Je ne pouvais plus vraiment reculer, connaissant les talents manipulateur de ta mère et la situation de non-retour dans laquelle je me trouvais. Je n’avais qu’une chose à faire, m’agenouiller et prier pour que ce moment passe, le plus rapidement possible. Quitter pour un autre endroit dans ma tête, pour ce qu’on appelle notre « happy place ». C’est avec rigueur que je m’appliquai à ma tâche, en attendant de partir, attendant qu’elle vienne. Je ne peux pas vraiment dire ce qui c’est passé, comment ça c’est terminé, comment j’ai pu redescendre vous retrouvez sans me faire questionner, sans que ça ne paraisse. C’est quand même le pire repas de l’Action de grâce que j’ai eu de ma vie. Je voulais juste t’en parler, te l’écrire pour enfin m’en libérer et espérant effacer ce moment de ma vie.

Sujet : Le plus mauvais repas de l’Action de grâce





À cet instant à Montréal

30 12 2012

Il était 13 h 16 min 13 s…

Centre-Ville
Patrick était assis sur le lit, les mains apposées un peu derrière lui, les pantalons sur les chevilles. C’était la première fois qu’il atteignait l’orgasme de sa vie, en un éclair, dans cette chambre aux lumières orangées. Son plaisir venant avec un soupir de plaisir, synchroniser, les yeux fermés simplement pour mieux savourer ce moment.

Anjou
Fabienne, les yeux fermés, encaissa pour une dernière fois le prix qui lui revenait de droit. En fait, c’était les paroles de Pierre, qui s’était marié avec elle il y a 18 mois. Fabienne n’avait pas fait le dîner et les enfants criaient à tue-tête dans la cuisine quand Pierre rentra, il ne rentrait jamais à cette heure. Ce dernier rentrant de travailler d’un chantier de construction, à mettre les blocs de béton pour séparer ce qu’il y avait de si grand, simplement pour diviser selon les demandes de tout un chacun. Pierre se réfugiait souvent dans son endroit à lui, sa Côte-Nord lui manquait, le vert des arbres remplacer par le gris du béton, sa paix intérieure replacée par le bruit, les nuages de bruit et un manque de tranquillité. Ce midi-là, après avoir été remercié par son patron, il rentra chez lui furieux, se paya un certain silence en envoyant son poing droit sur la tempe de Fabienne qui s’écroulant sourdement sur le sol.

St-Léonard
Gina, les yeux en larme dans les yeux de Pietro disent simplement oui.

Montréal-Nord
Le bruit fût entendu de partout, cela ne pris qu’une seconde avant que les genoux de Ralph ne touchèrent le sol. Le regard vide, comme si cette seconde durait une heure, comme dans les mauvais films qui font les ralentis trop lents, en pensant simplement que l’on ressent plus la douleur d’une balle en plein coeur quand la personne tombe au ralenti.

Centre-Ville
Sophie, le maquillage un peu défait, à cette pensée, il ne me manque que 1000 $ pour partir d’ici en fin. Les larmes qui coulent sur ses joues sont un mélange d’espoir, de honte, de fierté, car pour ce jeune homme c’est la première fois et de maquillage bon marché, parce qu’elle ne veut pas mettre trop d’argent sur ce dernier. Le goût de la semence de ce jeune homme ne goûte pour elle plus rien, avec le temps, elle en fait abstraction, le temps ou la quantité d’hommes qu’elle a laissé faire de même. Ça et l’alcool qu’elle ingurgite à chaque fois qu’elle doit travailler.

Petite-Patrie
Un enfant dans un marché caresse la tête d’un chien avec le sourire

St-Léonard
Emmanuel, le coeur nouer de tristesse, debout devant le banc en bois regarde sa cousine s’engager. Il sait à cet instant que c’est fini pour lui et pense à la mort.

Hopital Notre-Dame
Rose tient la main de Gérald. Sa main rose et fragile, usée par le temps, par le vent, par les années qui ne les ont jamais séparées, car ils se tenu par la force de leur main. Quarante-cinq années d’amour, de vie, d’obstacles plus difficiles, mais jamais insurmontables, quarante-cinq années envolées le temps d’un dernier souffle pour un et la fin d’une histoire pour l’autre.

Montréal-Nord
Jeanine regarde son fils se vider de son âme, les larmes sur ses joues, sans voix. Il aimait tant sa mère et sa mère l’aimait temps aussi. Les années dans ce nouveau quartier étaient pour eu plus difficile, beaucoup trop difficile. Son fils n’était plus son fils, elle ne le reconnaissait plus, les actes de violence qu’il commettait n’étaient en rien ce qu’elle lui avait appris. Elle avait enfin la chance de revoir ce qu’il avait été, pour une dernière fois, malgré ce trou dans la poitrine qui laissait sortir ce qu’avait été sa vie, malgré cette fumée qui s’échappait du  pistolet qu’elle tenait.

Petite-Patrie
Woof!

Villeray
Dans un lit enrobé de drap, de bras, de chaleur, de sueur, de cette odeur qui s’était transformée de sexe en tendresse, le silence fut rompu. Ce silence qu’on conserve trop longtemps, trop souvent avant de se rendre compte qu’il est trop tard. Ce silence comme on les accumule, empile sans rien dire en pensant que leur portée ne veut rien dire ou est vouée à s’évanouir. Un silence brisé par une parole simple, avec un peu d’hésitation « Je… »

13 h 16 min 14 s
« Suis bien avec toi! » Une parole qui aurait dû se limiter à la seconde qui lui était allouée, une parole qui aurait dû être plus courte, plus efficace, plus vraie dans l’instant où elle a été lancée. Qui a été modifié par la peur de se lancer, par la peur de ce que l’autre aurait pu penser. L’instant, il faut savoir en profiter.

Sujet : Que peut-il arriver en une seconde?





Le bonheur est dans l’alcool

2 09 2012

Je te cueille, l’écume aux lèvres, sans rouge à lèvres, sans l’ombre d’un doute, sans que tu te tiennes debout. Tu sais ce que tu veux, ivre de je ne sais quoi, probablement un mélange de solitude et de mauvais whisky. Toute la soirée, tu as déambulé, d’un bar du bar à l’autre, t’enfonçant doucement, comme les doigts dans ma chaire simplement pour te retenir de tomber toujours plus profond, de te retrouver encore plus seule. Sans scrupule, tu t’es heurtée à tous ces gars qui n’ont pas voulu de toi. Ce n’est pas eux qui ne t’ont pas choisi, c’est toi qui t’es convaincue qu’il en était ainsi. Repoussant les bouches, les bras, les vides qui s’offraient à toi, tu t’es retournée vers moi qui te regardais immobile. J’appréciais ta danse, chaque mouvement complété d’un regard vers moi, tu t’attachais doucement, tu me répugnais tout autant. Qui peut croire que de tenter de pêcher avec un aussi grand filet me séduirait? Tu t’enivres, tu me délivres, je ne veux plus de ce regard que tu m’as lancé quand tu es arrivé, qui s’est transformé en fauve esseulé. De pinte en pinte, je trace mon trajet fatal vers ce nid qui semble froid. Le vide pour le vide, que le vent pour un moment, petit pivot de ma vie qui me donne envie. Je dois partir, j’attends que tu te tournes à nouveau vers un autre que moi, je me faufilerai, je l’ai déjà fait. Mes yeux dans ma bière je t’ai perdu un instant, j’ai beau cherché, mais je ne te trouve pas. C’est donc le moment, je vide mon verre et me lève sur mon banc, au quart de tour je me retourne et me heurte violemment la tête contre ton regard devant moi. Allez viens… juste cette nuit…





Tu ne m’embrasses plus

26 06 2012

Tu ne m’embrasses plus. Bien au fond de toi, nos corps ne font qu’un, liquide, limpide, nos corps s’aiment. Nos corps s’aiment, mais nos bouches ne s’unissent plus pour former un tout, un toi et moi uni en un être nu. Nos bouches ne se parlent plus de mille baisers qui expliquait simplement le désir l’on avait pour l’autre. Perdu dans un temps donné, je te cherche encore et je suis corps à corps dans ce que tu avais créé. Tu me tiens à distance, malgré cette danse où s’enlace sans cesse le désir qui nous lie. Je tente de te retrouver, tes lèvres ou cette morsure que tu m’infligeais sans même penser à la conséquence de la passion. Tu me tiens à distance, loin, comme si j’étais là pour accomplir je ne sais quoi, une mission, une tâche, ce labeur qui n’avait plus d’odeur. Je ne suis plus pour toi ce que j’ai déjà été, encore plus de danger de maintenant t’attacher. La peur de m’ouvrir ton coeur. Et nos corps ne se quittent pas, jusqu’au spasme de ton corps satisfait qui en demande encore. Blotti contre toi, je sais qu’au matin il n’y aura plus rien. Je ne reviendrai pas, car le goût de tes lèvres fait partie de ce qui me retient à toi.





C

16 06 2012

Chaque chuchotement chasse ce choix de te chérir chaleureusement. Cette classe qui casse cette couleur qui se confond sur cette chair, certainement comme un coup de cloche qui claque pour célébrer ce convoi. C’est après que je te culbute dans ce corridor que cette colère se colle à ce corps courbaturer, comme une corvée, coupable. Côte à côte nos corps couverts de chaleur et toujours cette crainte de coupure. On copule copieusement puis converse continuellement de ce que tu constates du couple. J’ai conscience que cette consolation constitue un certain compromis. Cette chance de connaitre cette contrée que tu caches continuellement. Ce confort conjugal sans égal que tu clames comme cette chouette sur ce chêne. Comment clore cette conversation? Je devrai te confronter, confus, mais certain de ce choix de couper ce que je caresse couramment. Je suis le conducteur condamné à correspondre par courrier, par carence de couilles. J’ai le coeur comprimer, plus capable de me concentrer, certain de compromettre dans ce qui constitue cette complexe chimère. Je suis le chevalier cochon qui t’a compulsivement chevauché. Cette conclusion certaine est un compromis entre ce que je cherche et celle que je charme. Chevelu charmant, je chante, j’ai de la chance, du charisme, mais je chahute comme un clown dans une chaloupe. Choisis ce que tu crois et je choisirai ce célibat. Chagrin de cercueil, ces cendres qui se consument à la clarté de ce qui commence. Coups de canon capable de couper ta colonne, je copule avec celle qui cavale comme cette chienne en chaleur. Je me commets à croire que ça changera. Cannibale candide je te consomme sans caprice. Créature captive, je clame avec certitude qu’on me confit la clé de cette cage construite par celui qui a clairement compris. Je chercherai la clameur de ta chatte sans me cacher. Ce que ça coûte de continuer? Je changerai. Je concevrai ce costume de concierge chauve que tu convoitais sans te compromettre. Sois conciliante et conçois que je suis cinglé. Chasse tes craintes et crois en ce qui me compose. Chagriner à l’idée de chasser de moi ce corps ciselé, une catastrophe, un cauchemar continuel. Trop de calvados je chahute et coupe cette corde qui me retenait captif dans cette cellule. Ne me cherche plus. Continue ce calvaire comme tu cales ces chopes de cervoise chaude, à la cadence d’un coup de cul ou de coït continu. Ton clitoris charnu connait clairement plus de chaos que de calme. Je capitule, je me casse au suivant carrefour. Chauffeur, conduisez-moi à mon prochain châtiment, car je ne suis ni chaste ni charlatan.





Petits déjeuners et distance

22 01 2012

Tu ris comme. À toutes les fois que tu le fais je me retourne, et chaque fois, ce n’est pas toi. Déçu, je reviens à moi et je pense à toi. Il y a si longtemps tu te souviens, le temps où ces rires c’est moi qui les provoquais. Quel beau chaos que l’on a vécu ensemble il me semble! Si les contraires s’attirent, on ne pouvait pas viser plus juste. Tu recommences, ce n’est toujours pas toi. Je continue de faire l’amour tendrement à mon bol de café au lait. Je me suis surpris à y éprouver un plaisir, retirer la crème doucement sur la surface du café, savourer chaque bouchée. Je t’ai déjà dit que j’étais allergique au lactose? Encore les extrêmes que je m’impose. Le plaisir que j’éprouve vaut cent fois, voir mille fois les conséquences, c’était un peu comme ça avec toi. Cette première fois où j’ai mangé mes oeufs miroirs, c’était avec toi, une impression de redécouvrir quelque chose qui avait toujours eu le même goût et cette sensation qui me rappelait quand je mangeais ton sexe, je ne les mange plus autrement. Les petits déjeuners c’est vraiment du sexe dans l’assiette, un mélange de saveur et de texture, une envie de retourner au lit aussitôt que c’est fini. J’ai faim et je pense à toi, toi où elle, va savoir. Encore ce rire qui retenti, ça me rappelle notre histoire. Pas seulement ton rire, mais la fréquence à laquelle tu le laisses retentir, parfois court, parfois long, avec une certaine distance entre chacun d’eux. C’est fou tout ça, la distance qui fini par séparer les gens, certain même appelle ça le temps, ça ne reste qu’une certaine distance. Tu ris encore, je me retourne plus, j’ai compris, j’accepte cette distance et ne garde que les souvenirs. Je sais qu’à ne plus me retourner, ce rire cessera, car je ne serai plus à proximité et les souvenirs pourront doucement s’effacer.