Je t’ai cherché

26 03 2018

Je t’ai cherché sans le savoir vraiment. Je t’ai trouvé par hasard, d’un premier regard. Tu ne me regardais pas, du moins pas en même temps, la magie de cette vitre qui nous séparait. Puis je t’ai aimé, beaucoup, tout d’un coup, au complet, en un instant, sans vraiment me demander pourquoi, seulement parce que je le savais, comme chaque fois, je me trompe rarement. Je le sais, simplement parce que je le sens, c’est comme ça. Je n’ai rien demandé, parce que je demande rien, je me satisfais, simplement parce que c’est moins difficile après, quand le temps passe, quand le temps casse. Je n’ai pas vu venir ce coup-ci, ce coup-là dans la gueule, je n’ai pas compris ce qui s’est passé, j’ai attendu, encore et encore, que tu reviennes… sans nouvelles. Je ne t’ai plus cherché, je savais que t’existais, quelque part. J’ai juste attendu, encore et encore, jusqu’à se que mon corps se détériorise, espérant que ce serait ma mémoire qui flancherait en premier, ou mes pores qui ne cessent de te réclamer, mais ça n’a rien donné. Le temps ne fait que le prendre trop souvent. Il me laisse las à chaque fois. Il me fait me questionner sans arrêt. Puis je finis toujours par y comprendre pourquoi je t’ai cherché, sans vraiment le savoir, pourquoi je t’ai laissé filer, sans que je puisse serrer les doigts assez fort pour te retenir encore.

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Fusion

7 01 2018

Se fondre, ne faire qu’un. Renaitre par le fruit de ce que l’on n’est pas. Donner naissance à l’autre, par hasard, mais surtout par envie. Mon système s’affole simplement à l’idée de te quitter, que pour une seconde, un temps, un respire. Puis j’ouvre les yeux et tu es toujours là près de moi. Dans ce silence monastique, nos bouches ne se parlent plus, nos mains nous cherchent, nos lèvres se touchent, pour se rassurer enfin. Je peux être ce que je suis enfin, sans fin, sans jugement sans peur. Je peux dormir tranquille lors que ton respire me berce jusqu’au matin. J’ai l’impression qu’on ne fait qu’un seul être, un être qui apprend plus vite, qui s’apprend souvent, qui se découvre chaque fois. J’ai l’impression d’avoir retrouvé ce que je cherchais depuis toujours. J’ai l’impression de m’être trouvé moi, de t’avoir fait une place, car tu m’as laissé la même dans ton coeur. Je n’ai peur de rien, je crois que je me suis laissé aller dans tes bras sous tes baisers. Je te désire chaque moment qui passe, le temps n’existe plus, mais la vie passe vraiment trop vite. Je mettrais tout sur pause, car je n’ai jamais assez de temps pour apprécier celui que je passe avec toi.





Un film triste, ou pas…

19 09 2016

C’est un élan mélancolique qui me traine hors de mon divan. Où les vagues musicales déferlent bien plus que les images. Les dialogues tristes ont leur effet lacrymal. C’est toujours la même chose quand ce film joue trop souvent. Je repense à tout, à toi, m’accrochant, m’acharnant à retenir le moindre souvenir. Ton odeur m’a quitté il y a déjà un moment déjà. Les images défilent comme les mots, comme notre histoire, comme si quelqu’un avait simplement vu ce que l’on était devenu. On ne garde juste que le beau. Je m’efforce de trouver ce que je n’aimais pas, ce que je pouvais détester et je le déteste encore, tout autant, avec plus de hargne encore qu’avant, parce que tu n’es plus là pour briser le silence. Il ne reste que moi, moi et ton silence, ton silence et moi. Je rêve de tes mots, de je ne t’aime plus, de j’ai rencontré quelqu’un, d’un amour mort, de fatigue, d’habitude, de certitude, mais n’obtiens toujours et sans cesse ce cauchemar sans un bruit. Le même que lorsqu’on se réveille et que l’on crie, que l’on tente du moins sans un son qui ne puisse se faire entendre. Ce n’est pas notre histoire, ce n’est pas notre musique, c’est ce qui provoque cette grisaille de nuit. J’observe le jour prochain, où je n’aurai plus de mot, où il sera trop tard, où j’aurai épuisé l’encre qui coulait dans mes veines à ton égard.

Sur un air de:(500) days of Summer… Le film, la trame sonore.





Quand?

14 09 2016

On me dit que demain ça ira bien mieux. C’était hier et j’ai l’impression que rien n’a changé. C’était hier chaque jour depuis quelques jours, semaines, mois même et j’ai toujours l’impression qu’on est demain, un demain statique, qui fait collé les cheveux, l’âme, le coeur. Tout semble passé, le temps, le vent, le facteur encore plus souvent. Je n’ai pas de lettres de toi, pas de mots, pas de phrases pour me faire passer à demain. Ce que tu m’as dit hier, ça avait peu de sens, on ne peut pas seulement ne pas savoir, du moins pas pour toujours. Est-ce toi, moi, quelqu’un d’autre que moi qui t’ai privé de demain ensemble? Hier je me demandais encore ce que j’ai bien pu faire pour en être là, chaque fois tu me réponds en me demandant si je vais bien. Je me dis que ça arrêtera demain, mais qu’encore hier tu me suivais dans l’ombre de ma journée. Je te demandais hier de ne plus me contacter, chose que je regrettais de lendemain, j’ai bien plus envie de ta présence comme hier que de ton absence constante, dans chaque demain qui existe. J’ai fini par tenter de me faire croire que demain n’existe pas, jamais. Donc demain ça n’ira jamais mieux puisqu’il n’existe pas. Combien de gens m’ont menti, m’ont dit ça hier? J’ai trouvé enfin la solution, il était trop tôt ce matin, je n’avais pas les idées claires pour avoir une telle idée, mais hier n’existe pas non plus, donc personne ne m’a menti, parce que personne ne le savait en fait que demain n’existe pas et je ne peux les blâmer d’un hier qui n’existe pas plus. Je suis donc pris aujourd’hui, avec la simple illusion de souvenirs qui ne s’estompe pas, avec le sentiment d’avoir envie de quelque chose, mais pas la force de le saisir maintenant. Je suis peut-être trop nouveau dans ce nouvel espace temps qu’est aujourd’hui. Ai-je tenté de vivre dans un temps qui n’existe pas, qui n’existe plus ou qui n’existe pas encore? Dois-je réapprendre à vivre là, maintenant, actuellement? Je sais ce que je suis, ce que j’aime, ce que je veux et ne peux plus attendre demain ce que j’ai voulu d’hier.





Le grand froid

12 09 2016

J’ai les mots morts en moi, comme ces morceaux de casse-tête seuls sur cette table. Comme un mobile immobile, je reste là suspendu dans l’air, au milieu de toi avec toujours cette même impression que rien a changé, tout est pareil, je suis toujours là pour toi, simplement parce que j’en ai envie. Je suis incapable de passer à autre chose, de penser à autre chose, de faire autrement. Je suis surement capable, mais je n’en ai aucune envie. Je suis comme un vieux film qu’on a mis sur pause, comme ce jouet dans le bac à sable, espérant qu’on vienne le retrouver. Le temps passe, mais jamais l’envie de te serrer, toujours et encore dans mes bras, une autre fois. Sans que les gens soient tristes, sans qu’il y ait de raison, sinon simplement que c’est bon. Je me suis tue à tue-tête, simplement parce que personne ne voulait m’entendre, simplement parce que je ne voulais pas le voir. Chaque matin est lourd, comme le précédent, rien ne grandit, rien ne diminue, tout reste immobile dans le temps. Mes sentiments restent là, ils ne savent que faire, ils ne savent comment se consoler, car ils ne savent pas pourquoi on les a abandonnés. Ils ont gelés, comme si on leur avait annoncé la mort d’un trop proche pour être vrai, ils n’ont pas compris, parce qu’il n’y avait pas de mots. Je ne parle plus de bonheur, de rêve ou de fantasme. Je ne parle plus. Ce matin, je me suis obligé ce matin à vomir des mots qui me paraissent inconnus, qui me font pleurer, car ils me semblent tout de même vrais. Tu es partie et depuis ce temps, j’ai arrêté.





J’itinérance

20 06 2016

Je laisse trainer des mots vides, simplement pour ne pas oublier comment écrire. J’ai pensé utiliser ce livre où les idées ne manquent pas, mais je suis tombé au hasard sur un truc qui parlait de mariage, je me suis dit que c’était pas nécessairement bon pour moi de me décomposer là-dessus aujourd’hui, comme ce ne l’était pas pour moi hier et probablement demain non plus. Le plus près que je sois passé du mariage, c’était des fiançailles, peut-être beaucoup trop jeune, pour elle. Elle venait d’être libérée de son foyer parental et je lui laissais aussi sa liberté, elle c’est envolée. L’autre moment, c’était des femmes mariées, où on jouait de charme tant que la réalité ne frappait pas. Elle frappe toujours la réalité. Pour moi c’est toujours le matin, très tôt, en même temps que le soleil se lève sur une nouvelle journée. J’aime aimer, j’en suis peut-être amoureux de ce sentiment. Je choisis quand même qui j’aime, peut-être à tort, peut-être de travers. Trop de questions s’imposent à moi. Je suis maitre que de mes sentiments, me valeur, mes rêves. J’ai toujours rêvé d’enfant, de mariage, de famille. J’ai toujours rêvé, de passion, d’amour, d’amitié. Aujourd’hui seul devant moi, je me regarde, un peu triste de ce qu’il me reste, un peu nostalgique de ce qui est passé, qui ne repassera plus, des bribes de bonheur parfois plus longues les unes que les autres. Mon image se décompose dans la glace, la chaleur immense me fait perdre la tête. Je tournoie puis m’assois un instant pour penser à moi. Où me suis-je mis, dans toutes ses histoires. Je suis l’itinérant en quête d’amour et parfois, on me lance avec dégout une poignée de mécènes. J’ai la parabole agile, mais rien ne dure, tout s’envole, comme ce que je suis, j’oublie, j’oisive seul sur ma branche. La seule chose que je me souvienne, c’est que je n’arrête pas d’oublier, de m’oublier. J’hypothèque à frais virés ma conscience loin d’être tranquille, me disait que l’intérêt viendra plus tard, que j’en tirerai des bénéfices, qu’un jour je deviendrai un arbre fruitier. Tout le monde aime quand l’on fructifie. Je me réveille, souvent trop tard, au pied de l’arbre trop sec, trop vide, comme un arbre… bien trop seul.

 





Cherche

26 03 2016

Ce matin je t’ai cherché, dans mes draps pour me coller. J’avais l’impression de tourner en rond dans un grand lit rectangle, ça ne faisait aucun sens. Je sais que tu n’étais pas là, je sais que tu es plus là, j’ai tout de même tenté ma chance. Je ne fais jamais les choses par habitude, je fais les choses parce qu’elle mérite d’être faite. Te chercher ce matin, je me suis dit … des fois que. Le chat couché en boule sur un vieux pyjama qui trainait là, il m’a regardé, j’ai compris, j’ai pleuré. J’ai pleuré pour plein de raison, tel que remplir le vide, l’eau on sait que ça remplit bien n’importe quoi d’assez étanche. J’ai pleuré pour me vider de ma peine, c’était comme des verres communiquant, avec la seule impression que ça ne fonctionnait pas, qu’il en restait toujours un peu, profondément, quelque part, quelque chose qui voulait pas partir, comme rattaché à toi, parce que je t’aime, parce que le vide se replis pendant longtemps. Je t’ai cherché toi longtemps, j’ai toujours un peu cherché en fait, même quand tu étais là, j’ai cherché à me faire aimé, à ne pas me faire oublier. C’est fou de mettre autant de temps dans un projet qui n’en est pas réellement un, dans une histoire qui se finit un jour. J’ai toujours eu de la misère à lire pour cette raison, je n’aime pas les histoires qui terminent, surtout quand je trouve qu’elles sont belles, on aurait envie d’en écrire des pages et des pages encore, pour ne pas que ça se termine, pour que ça chemine au long des chapitres. Je n’ai jamais lu en diagonale, je ne sais pas comment, je ne veux pas savoir comment, j’aime trop ces mots qui me parlent de toi, un peu dans chaque histoire. Il y a des chances que je cherche longtemps comment, pourquoi, quand, les trois mousquetaires d’une réflexion qui fait aucun sens. Je sais quand, je ne sais pas pourquoi ni comment. J’ai l’impression d’avoir tout faite pour pas que ça arrive, j’ai l’impression de n’avoir rien fait pour que ça arrive non plus. Le silence m’horripile, je sais que je dois mettre fin à ma recherche, que ça ne servira à rien, comme du temps de la ruée vers l’or, ce que l’on veut est rarement ce que l’on trouve.